samedi 16 avril 2016

Jacques Halbronn Réflexions sur la généaogie du langage

Réflexions sur la naissance, la généalogie du langage
par  Jacques Halbronn
Nous avons exposé dans de précédents articles que selon nous le langage était né
d'un besoin de communication entre deux mondes, deux humanités n'ayant pas évolué
pareillement mais parallèlement. Le langage serait en quelque sorte une interface comportantau
départ deux expressions qui finiront par s'amalgamer ; le passage du visuel vers l'oral
et celui de l'oral vers le visuel.
Imaginons donc un monde vivant dans des cavernes (cf le Mythe de Platon) - ce que l'on pourrait identifier avec l'Enfer (le monde inférieur), l'Hadès- et un autre vivant à l'air libre, en plein jour,  avec un rapport très  différent à l'espace. Dans un cas, c'est le son  émis par les membres du groupe qui permet de manifester sa présence dans la pénombre et dans l'autre, c'est non pas ce qui est émis mais ce qui est observé.
Comme on l'a dit, à un certain stade, ces deux mondes vont s'efforcer d'entrer en contact, de
communiquer et comment y parvenir alors que les uns sont plus ou moins aveugles et les
autres plus ou moins sourds-muets? C'est là que, selon nous, serait intervenue l'invention
du langage.
On a dit que cela avait pu prendre deux formes au départ bien distinctes, l'une consistant
à rendre en sons ce qui était visible et donc perçu en dehors de la caverne. Comment procéder
à une telle traduction? Nous pensons qu'il fallut instaurer une sorte de code qui n'existait
pas jusqu'alors dans aucun des deux mondes. Entendons par là que les hommes du
monde extérieur n'avaient pas besoin de décrire ce qu'ils faisaient et voyaient puisque cela
était perceptible par les membres du groupe et que les gens du monde intérieur (celui de la
caverne) n'avaient pas non plus grand chose à exprimer si ce n'est des sortes de grognements
permettant d'identifier chaque membre et de s'assurer de sa présence.
C'est dire que les interface allaient contraindre à passer à une forme plus sophistiquée de
communication, ce que l'on appellera ici le langage, même si l'on peut toujours qualifier de
langage des modes plus primitifs tels que nous les avons décrits plus haut. Ceux qui étaient en charge de ces interfaces devaient participer peu ou prou des deux mondes dont il est ici
question. A un certain stade, ces deux modes d"expression ont du fusionner mais il reste des traces des états antérieurs. On peut lire un texte sans produire des sons comme on peut
produire des sons sans recourir à un texte.De nos jours, on considére toujours que l'on peut
avoir accés à un texte sans le lire à voix haute  tout comme on peut produire du son  à partir
d'un texte, "à  haute voix", par exemple.
Mais en dépit de l'existence du langage, les deux mondes peuvent fort bien s'en passer et n'y
recourir que ponctuellement, en cas de nécessité, avec parcimonie.  C'est ainsi que dans
les groupes de femmes, quand elles se retrouvent entre elles,  ce qui est dit n'a pas
grande importance- c'est du "tchat"- ce qui compte étant de se sentir bien ensemble, en
ponctuant la relation par des rires sonores par exemple, comme on peut le voir dans certaines
cultures notamment en Afrique. Quant aux groupes d'hommes,  on dira que le plus souvent
les faits parlent d'eux-mêmes et n'exigent pas de longues explications ou commentaires,
comme lorsqu'un but est marqué au cours d'un match de foot.
Autrement dit,  passer par le biais du langage peut être ressenti comme contraignant, comme une corvée nécessaire pour se faire comprendre par ceux qui n'ont pas le même mode de
perception. D'ailleurs, le langage a tendance à devenir pléthorique et multiplier les synonymes.
le nombre de signifiés étant sensiblement plus faible que celui des signifiants.










JHB
15 04 16

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