lundi 2 mars 2026

Bernard Dantier “Ferdinand de Saussure, Synchronie, diachronie, structuralisme et histoire autour de la langue”.

Bernard Dantier “Ferdinand de Saussure, Synchronie, diachronie, structuralisme et histoire autour de la langue”. L’œuvre du linguiste suisse Ferdinand de Saussure constitue la référence centrale des « structuralistes » (parmi lesquels nous pouvons citer Claude Lévi-Strauss et Michel Foucault auxquels des textes sont consacrés dans cette collection). Ce « structuralisme », rappelons-le, repose d’abord sur un choix méthodologique dont l’extrait ci-joint condense la théorie initiale. Avec cet extrait nous insistons sur la nécessité, dans toute recherche en sciences sociales, de mesurer la présence et l’influence du facteur « temps » sur le mode d’étude autant que sur le fait étudié. Il s’agit de repérer puis de distinguer foncièrement l’étude des « évolutions », la « diachronie » d’une part, et d’autre part la « synchronie », l’étude des « états ». Ces deux axes d’approche doivent en effet être séparés radicalement, car chacun projette (« le point de vue créant l’objet ») un cadre phénoménal spécifique qui, s’il est mêlé à celui de l’autre, s’expose à la dénaturation. Ferdinand de Saussure s’oppose de la sorte aux méfaits d’une confusion qui a souvent faussé autant la définition des problèmes que leur traitement. Certes, tout objet étudiable provient d’une origine, d’un « avant », mais étudier sa formation n’est pas pour autant saisir sa forme, celle-là devenant la déformation de celle-ci si l’une se superpose à l’autre. C’est « l’étant », ici et maintenant, qui doit être d’abord identifié à l’objet. De même convient-il de s’abstenir de toute prospective s’aidant de la prise en compte de « tendances ». Le savant se doit d’être « descriptif » face à ce qui se présente, puis « explicatif » (souvent le premier verbe valant le suivant ou du moins le conditionnant) en s’abstenant d’être normatif et d’induire les observations vers des « devant-être ». En effet, en ce qui concerne la science sociale que constitue la linguistique, c’est « l’état », immédiatement présent, qui donne d’abord son existence et son efficience à l’objet « langue ». La langue, n’existant que synchroniquement pour les sujets parlants, hors de tout passé, de toute évolutivité, constitue un système, une « structure », dont tous les éléments sont des valeurs relatives et interdépendantes les unes des autres. Dans un « état » envisagé « synchroniquement », nous n’avons affaire essentiellement qu’à des rapports, des oppositions et des différences dans un ensemble qui, par ailleurs, est identique à lui-même en tous ses points. D’une certaine façon le « tout » est dans la partie autant que celle-ci se loge dans celui-là. Dans la langue tout se vit si simultanément et immédiatement (synchroniquement) que n’existe aucune antériorité (diachronique) d’une quelconque intention de l’esprit. En effet, il n’y a pas d’abord des concepts et des liaisons entre concepts (des composantes et un fonctionnement de l’esprit) qui ensuite produiraient des mots et des syntaxes pour leur faire exprimer après-coup ce qui leur aurait préexisté. Au contraire, la langue opère la coproduction et la rencontre entre un « esprit » et une « matière phonique » qui se structurent mutuellement dans l’instant. Parce que tout est immédiatement et totalement donné dans la langue, la synchronie linguistique est le champ de la conscience des sujets, tandis que les domaines explorés par la diachronie semblent davantage avoir trait à leur inconscient si tant est qu’ils exercent une influence effective sur leur esprit parlant (aussi certaines références à l’inconscient, de la part de certains « structuralistes », n’apparaissent pas vraiment conformes à l’approche synchronique). Tandis donc que la langue, le système collectif, réside dans la synchronie, c’est la « parole », ce passage à l’acte de la langue par chaque individu, qui surtout impulse les changements diachroniques. Avec la parole, nous entrons dans l’histoire. Ces changements sont d’abord des incidents propres à tel ou tel usager de la langue (qui en elle-même est un système en équilibre s’autoconservant); ces incidents, répétés, imités, acceptés finalement par la collectivité, finissent comme faits de langue et deviennent partie intégrante d’un système pérenne jusque à ce que d’autres incidents, etc. Mais toujours n’est modifié qu’un élément : les faits diachroniques, successifs, sont isolables en chacune de leurs discontinuités. Ainsi, des transformations dans la prononciation atteignent isolément une syllabe ou un mot, pendant que, au contraire, les faits synchroniques intéressent toujours une ou des relations entre des éléments qui ne sont jamais séparables l’un de l’autre. Aussi, dans l’approche synchronique, la nécessité s’avère-t-elle absolue d’étudier l’intégralité de cet ensemble et non pas ses parties, même par addition successive (démarche qui serait plutôt celle de la diachronie): il convient de partir du « tout » pour aller ensuite à l’élément qui reçoit toujours son unité, sa forme et son sens de l’influence de tous les autres éléments en interaction. La langue se présente ainsi comme un système totalement autonome et arbitraire, sans autre assise que lui-même, dans son pur présent. Autrement dit, c’est dans un moment actuel, séparé de toute conscience rétrospective (ou même prospective), que le système linguistique fonctionne. Sur le cours de l’histoire, la diachronie, quant à elle, perçoit et retient des « événements » toujours particuliers : or l’événement est une notion sans rapport avec l’étude synchronique d’une situation où se trouvent les permanences des simultanéités. Pour ceux qui utilisent la langue, rien ne survient, rien ne change si ce n’est des modulations dont les virtualités sont toujours présentes, depuis toujours. Les « nouvelles » formes lexicales qui « apparaissent » étaient déjà potentiellement contenues dans les ressources matricielles du système linguistique. Autrement dit, rien n’est créé dans la langue et il n’est question que de modifications de forme sur un fond continu. Si la langue est donnée telle quelle, c’est parce qu’elle fait partie des institutions sociales ; plus précisément elle est « fait social » ainsi que l’entend à la même époque Émile Durkheim, fait qui, en tant que tel, ne dépend pas des individus et s’impose à chacun par l’intermédiaire de la pression collective qui correspond à une organisation sociale préétablie. C’est par cela que l’étude de la langue offre une entrée à l’étude de la société. Toutefois, se préoccupant de l’étant tel qu’il est donné, l’étude synchronique ne récupère néanmoins pas tout ce qui se rend présent dans la simultanéité : La synchronie choisit et découpe son objet dans l’espace, objet qui existe en soi et qui l’intéresse, tandis que la diachronie élargie son étude temporelle à un comparatisme spatial qui peut devenir très rassembleur. Mais qu’on ne s’y trompe pas. Il n’y a de système que particulier. La recherche « structuraliste » ne peut ambitionner la découverte d’une « loi », loi entendue comme rapport nécessaire effectif en tout temps et tout lieu. En effet, la langue se trouve toujours limitée à un temps et un espace donnés. Au point de vue synchronique la langue fonctionne non pas en raison de « loi », car en fait elle évolue dans son organisation, mais plutôt selon des accords conventionnels et des correspondances logiques toujours circonstancielles. Ainsi, en dernière analyse, toute langue pourrait être organisée autrement qu’elle n’est, et ainsi ne peut-on déceler aucune loi impérative dans son principe. Quant aux changements perçus diachroniquement, eux aussi échappent à toute loi en étant plutôt des incidents particuliers qui tout au plus se répètent plus ou moins similairement dans leur forme sans jamais se reproduire invariablement et universellement. Malgré les démarcations tracées, la distinction méthodologique entre diachronie et synchronie n’implique pas, tant s'en faut, un ostracisme de l’une par l’autre. Il n’est question que de délimiter les champs d’étude qui peuvent cependant servir de complément l’un à l’autre. L’étude diachronique complète l’appréhension synchronique en permettant de mieux comprendre (par l’enchaînement des successions) la construction du système ainsi que son fonctionnement (en montrant par exemple la permanence de ses relations internes fondamentales et les réadaptations opérées pour rendre plus efficaces ces relations). Le lien qu’il convient de conserver entre les deux modes d’étude s’avère d’autant plus important que la distinction saussurienne entre synchronie et diachronie a influencé chez certains théoriciens une profonde séparation des rôles entre par exemple histoire, affectée aux changements d’un état, et sociologie, attribuée à l’organisation factuelle de cet état. Mais, selon nous, cette distinction « structuraliste » comporte ses limites quand elle prétend s’appliquer à autre chose qu’à la langue. Si, en effet, les sujets parlant ne font référence, synchroniquement, qu’à l’état présent de la langue, les êtres humains vivant la société et y agissant l’appréhendent eux systématiquement à travers le temps, dans la temporalité, entre un passé, un présent et un avenir. N’oublions pas que ce qui fait l’une des principales qualités du social est aussi le changement, l’évolution, les ruptures affectant son état. Il peut sembler donc réducteur d’appliquer le modèle structuraliste saussurien à n’importe quel domaine de l’humain, ainsi que Ferdinand de Saussure lui-même s’en est bien abstenu en ne se faisant que « linguiste ». (Avant de lire l’extrait suivant, rappelons-nous que ce texte n’est pas directement de la main de Ferdinand de Saussure, mais de celles de ses élèves lors de son enseignement oral, le « maître » n’ayant pas eu le temps avant sa mort de rédiger le grand ouvrage que ses cours préparaient). Bernard Dantier, sociologue 31 décembre 2008.

Jean Perrot La linguistique descriptive

La linguistique descriptive Par Jean Perrot I. Les caractéristiques d’une langue 1. Caractères externes 2. Caractères internes II. Les techniques de description La linguistique descriptive a pour but la description de tous les langages que la recherche peut atteindre. Il ne suffit pas d’accumuler des matériaux informes. Une langue est un système dont il faut saisir l’économie et une institution dont il faut définir le cadre. Ni l’étude historique, ni l’étude typologique d’une langue ne sont sérieusement réalisables sans une description exacte et précise. Les bonnes descriptions ne sont possibles que si la linguistique descriptive prend conscience de tous les aspects de son objet et se donne, pour l’approcher, une méthode rigoureuse. Il a existé une tradition descriptive liée à l’état pré­scientifique de l’étude des langues. C’est sur des bases logiques que les grammairiens de l’Antiquité gréco-romaine ont analysé le grec et le latin. La langue est apparue comme un instrument logique se modelant sur des catégories universelles de la pensée ; il en résultait que toutes les langues pouvaient être décrites selon le même schéma. La continuité de l’enseignement du latin en Occident et la persistance de la grammaire générale jusqu’à l’époque moderne ont maintenu une méthode descriptive fausse, qui a défiguré la réalité de langues comme le français. L’enseignement de la grammaire française reste profondément marqué, malgré les progrès de la linguistique, par cet état d’esprit. Un Français pourvu d’une bonne instruction est généralement incapable de dire combien sa langue compte de voyelles et de consonnes, ou comment elle marque l’opposition des genres et des nombres ; il répond par des considérations orthographiques à des questions qui portent sur des faits de structure ; et il ne peut concevoir qu’il existe des langues qui ne fassent pas la distinction du nom et du verbe. Quand il s’agit de décrire les langues non indo-européennes de types très divers dont on peut maintenant avoir une bonne connaissance, le choix s’impose d’une méthode descriptive fondée uniquement sur des bases linguistiques. Certaines langues non indo-européennes ont bénéficié d’une tradition grammaticale indigène qui s’appuyait sur le sentiment de la langue chez les sujets parlants. Mais, en présence de langues nouvellement découvertes, ou qui n’ont fait l’objet d’aucune description valable, l’analyse n’est guidée par aucune connaissance préalable. La linguistique descriptive poursuit en permanence la discussion de ses méthodes. Du moins peut-on formuler quelques principes, en fonction des caractéristiques générales des langues. I. Les caractéristiques d’une langue Une description est une étude synchronique portant sur un état de langue donné à un moment donné, état défini par des caractères externes et internes. 1. Caractères externes Les langues se définissent d’abord par certains caractères externes, en fonction des groupes sociaux qui les parlent, et qui déterminent l’extension de leur domaine, la nature des fonctions de relation qu’elles assument, leur fractionnement en un plus ou moins grand nombre de variétés internes, leur lien avec certaines formes de civilisation matérielle et morale. Il y a des langues nationales, les seules dont on puisse délimiter l’extension avec précision, parce que leurs limites correspondent à des limites politiques. En tant que langue nationale, le français a pour limites celles du territoire occupé par la nation française ; encore la situation est-elle compliquée par la présence de Français hors du territoire français proprement dit. Une même langue peut être commune à plusieurs nations : l’anglais est la langue nationale de la Grande-Bretagne et des États-Unis. Une même nation peut avoir plusieurs langues : ainsi la Belgique et la Suisse. Mais l’existence d’une langue nationale n’exclut pas la présence de variétés régionales plus ou moins divergentes. On a vu l’importance et la complexité des notions de dialecte, de patois, de parler. Quelquefois une partie de la nation parle une langue totalement distincte des variétés de la langue nationale : ainsi, en France, la Bretagne possède l’ensemble de parlers dénommé breton, langue celtique qui se parle encore à côté de la langue nationale. Il est donc très difficile de délimiter le domaine géographique d’un langage ; il faut également tenir compte de l’existence de sujets bilingues. Le dénombrement des sujets parlant une langue n’est pas moins difficile. Les divisions religieuses peuvent se manifester sur le plan linguistique ; le judéo-allemand ou yidich, parler germanique qui a été d’abord celui des Juifs d’Allemagne, est devenu le langage commun aux communautés juives disséminées de la Baltique à la mer Noire et s’est même trouvé transporté aux États-Unis. Dans les cas où les communications s’établissent entre des groupes linguistiquement très divers, on assiste au développement de langues de relation dites aussi langues de communication, ou langues véhiculaires. Il peut y avoir adoption de la langue ordinaire d’un des groupes en relation, ou bien utilisation de langages plus ou moins rudimentaires. Même dans le premier cas, il y a généralement simplification de la langue dans l’usage parlé commercial : ainsi pour le malais qui sert de langue commerciale dans le Sud-Est asiatique. C’est un anglais à grammaire simplifiée et à vocabulaire phonétiquement déformé qui a fourni la base du pidgin-english (pidgin = business déformé : « anglais des affaires ») constitué en Extrême-Orient et où se mêlent des éléments divers, chinois notamment. Il s’est formé des « pidgins » dans diverses régions du monde : ainsi le beach-la-mar (ou biche-lamar, bêche-de-mer, terme d’origine obscure) du Pacifique, mélange d’anglais, de malais, etc. La colonisation européenne, quand elle s’est accompagnée d’une importation de nègres d’Afrique dans les pays colonisés, a entraîné la constitution de langues créoles à base de français, d’espagnol, etc., déformés, langues parlées à la fois par les colons et par leurs esclaves noirs. On donne le nom de sabir ou de lingua franca (termes qui à l’origine s’appliquaient à des langages à base d’éléments romans, surtout italiens, utilisés jadis sur les côtes méditerra-néennes) à des langages de relation qui n’ont qu’un vocabulaire réduit et une grammaire très rudimentaire. On parle aussi de jargons commerciaux, notamment dans certaines régions d’Amérique : mobilien ou chinook de l’Amérique du Nord, dont le vocabulaire de base est fait d’éléments indiens. Il faut encore distinguer les langages particuliers des différentes catégories sociales, plus ou moins différenciés selon les sociétés (éventuellement langages de castes, de sociétés secrètes, langages distincts des hommes et des femmes). Certains groupes se différencient en utilisant des argots à vocabulaire particulier, qui ont été définis (M. Cohen) comme des « langages parasites » ; il existe aussi des « prolongements du langage normal » nécessités par des besoins particuliers : ainsi les langues techniques. Les caractères particuliers des langues littéraires ont été déjà signalés. M. Cohen a proposé d’employer le terme de langues « en conserve » dans des cas comme celui du latin, maintenu dans des emplois importants à l’état figé après sa disparition comme langue vivante. Enfin, un cas particulier est celui des langues fabriquées pour un usage international, comme l’espéranto ; leur condition de langues artificielles et auxiliaires leur donne une place spéciale. 2. Caractères internes Toute langue se compose d’éléments qui se répartissent sur plusieurs plans. A) Sons et phonèmes L’aspect matériel d’une langue se présente comme une combinaison de sons qui résultent, en général, de la vibration de l’air venant des poumons dans la respiration. Certaines langues utilisent aussi des clics, produits sans participation de la respiration, par une sorte de succion. L’émission d’une grande variété de sons est rendue possible par le jeu combiné et très complexe des cordes vocales, du voile du palais, de la luette, de la langue, de la mâchoire inférieure, des lèvres. Les cordes vocales, sortes de lèvres à tissu élastique, prennent dans le larynx des positions variables ; elles peuvent s’appliquer contre les parois, ou se rapprocher, diminuant le passage de l’air, ou entrer en vibration et agir par là sur la colonne d’air, y déterminant des vibrations périodiques d’où résulte un son musical, le ton laryngien. L’appareil vocal comporte, outre ce renforçateur, des résonateurs constitués par des cavités dont le volume et la forme varient en fonction de la position des organes qui entrent en jeu : principalement la cavité pharyngobuccale, compartimentée en chambres variables, et la cavité nasale, obstruée si le voile du palais se relève. La phonation ou émission des sons est donc réglée par des facteurs nombreux qui déterminent pour les sons certains traits distinctifs. Dans le cadre de la syllabe se définissent des éléments dont les fonctions sont complémentaires, les voyelles et les consonnes. Il y a ouverture, plus ou moins grande, du canal par où passe l’air dans la production des voyelles et divers modes de fermeture plus ou moins poussée dans la production des consonnes. Il y a une zone frontière qui explique qu’on parle de semi-voyelles : une légère modification de l’articulation entraîne, pour les voyelles les plus fermées, une réalisation consonantique : ainsi la lettre i note-t-elle une voyelle (i) dans cil, mais une consonne (y) dans aïeux (ayö) ou bien (by?). Les voyelles et généralement les semi-voyelles sont sonores, c’est-à-dire que leur émission comporte une vibration des cordes vocales. Les consonnes peuvent être sonores ou sourdes (pas de vibrations des cordes vocales) : t est sourd, d est son correspondant sonore. Les sons des voyelles ont des qualités spécifiques ou timbres, en fonction des modifications qui affectent l’appareil vocal : positions combinées de la langue (qui reste à plat ou se relève plus ou moins vers l’avant ou vers l’arrière du palais) et des lèvres (position neutre, rétractée, avancée). On distingue notamment des degrés d’aperture, c’est-à-dire d’ouverture (du canal laissé libre), et des régions d’articulation (suivant la région du palais vers laquelle la langue s’élève plus ou moins). On parle de voyelles ouvertes ou fermées(e est ouvert dans père, fermé dans dé), de voyelles d’avant ou antérieures, prépalatales (ou, à tort, palatales), et de voyelles d’arrière, ou postérieures ou postpalatales ou vélaires ; i est une voyelle antérieure, u, c’est-à-dire la voyelle notée en français ou, est une voyelle postérieure, articulée avec avancement et arrondissement des lèvres : on parle en ce cas de voyelles arrondies. Il faut tenir compte de la hauteur musicale, dont les variations, appelées tons, peuvent affecter l’émission d’un même timbre vocalique et jouer un rôle très important (voir p. 106). Pour les consonnes, le classement tient compte des régions ou des points d’articulation avec plus de précision : si le canal est fermé plus ou moins complètement par rapprochement des lèvres, l’articulation est labiale (p, b, m) ; s’il l’est par application de la pointe de la langue contre les dents supérieures, les gencives, ou le sommet du palais dur, on distingue, suivant le point d’articulation, des dentales (t, d), des alvéolaires, des cérébrales ou cacuminales (de cacumen, en latin « sommet » du palais dur) ; s’il y a rapprochement d’une partie plus ou moins centrale ou postérieure de la langue vers une partie variable du palais, l’articulation est palatale, soit prépalatale (à l’avant), soit médiopalatale (au milieu), soit postpalatale ou vélaire (à l’arrière – on dit à tort gutturale) ; les laryngales sont articulées dans le gosier. Les consonnes ont des modes d’articulation variés : fermeture momentanément complète ou occlusion et bruit à l’explosion brusque qui libère le souffle : occlusives (p, t) ; fermeture d’abord complète, puis maintenue incomplètement : affriquées (ts, qui est mieux noté ts ) ; fermeture incomplète plus ou moins prolongée : constrictives ou spirantes ou continues (f), désignées dans certains cas par le bruit qui en résulte : sifflantes (s, z), chuintantes (š, écrit ch en français : roche) ; une fermeture partielle continue avec mouvements particuliers de la langue produit des liquides du type l, dont on rapproche le type r, parfois à battements (r roulé). Certains traits particuliers peuvent marquer l’articulation des consonnes, qui seront dites aspirées (léger souffle accompagnant le relâchement), mouillées (léger flottement dû au rapprochement du dos de la langue vers le palais), glottalisées (accompagnement d’une certaine articulation glottale). Il y a des distinctions communes aux consonnes et aux voyelles : elles sont orales si l’air est émis uniquement par la bouche, nasales s’il y a une émission importante par le nez (ainsi pour les consonnes m, n et pour des voyelles telles que ã, noté an ou en en français, ou õ noté on) ; selon la durée de la tenue des organes au point d’articulation, on parle de différences de quantité : voyelles et consonnes présentent des variétés longues ou brèves. Le classement esquissé ici est fondé sur les articulations. Les recherches modernes en ont montré les faiblesses : il néglige le caractère mouvant des articulations, les phénomènes de compensation (même effet acoustique obtenu par des moyens articulatoires différents), etc. On peut envisager un autre classement, d’ordre acoustique. On sait depuis longtemps que les qualités acoustiques propres des voyelles (sons musicaux) et des consonnes (bruits) correspondent à certains traits de structure acoustique. Grâce aux techniques modernes d’analyse (voir p. 27-28), on parvient progressivement à préciser ces traits et à en tirer les principes d’une classification nouvelle des sons. D’autre part, les unités phoniques que décrit la phonétique générale sont des abstractions ; dans la réalité, les sons se groupent dans des mots qui ne sont eux-mêmes que les éléments constitutifs de chaînes parlées, et la réalisation de chaque son est en partie conditionnée par la nature des sons voisins ; ainsi, en français k a une articulation sensiblement différente (les appareils utilisés en phonétique instrumentale font apparaître la différence) dans cave (devant un a d’articulation antérieure), dans cas (a d’articulation postérieure), dans cou (voyelle vélaire u) ; dans papa, le second p est articulé en général plus faiblement que le premier, parce qu’il est placé entre deux voyelles et que la fermeture nécessaire à l’articulation de l’occlusive p s’est relâchée entre les temps d’ouverture correspondant à l’émission des deux voyelles, sous l’effet du principe du moindre effort. Mais l’intention du sujet parlant est d’articuler un p et il ne se rend pas compte qu’il articule autre chose qu’un véritable p occlusif, si on ne lui donne pas le moyen de prendre conscience de ce fait. Dans le cas du k cité précédemment, il en est de même ; et comme les variétés de k sont liées chacune à des conditions d’entourage spécifiques, l’ensemble des variétés de k constitue un son distinctif unique k ; ce son est distinctif en tant qu’il est le support matériel de la distinction entre deux mots tels que cas et gars, c’est-à-dire ka et ga avec un a de même nature, ou cou et goût, etc. Ces sons distinctifs sont dits phonèmes ; ce sont les unités constitutives du système phonologique d’une langue ; les réalisations phonétiques de cette langue admettent beaucoup plus de variété. Les systèmes phonologiques sont inégalement riches. Exemples: Voyelles : Exemple de système pauvre : eskimo : i, a, u. Système riche : français : « système minimum » commun aux différentes régions et couches sociales (d’après A. Martinet) pour les voyelles orales : Diagram montrant des flèches entre "avant" et "arrière" avec des voyelles au-dessus et une flèche étiquetée "aperture croissante". L'image représente un diagramme avec des flèches et des étiquettes en français. Il y a deux mots principaux : "avant" et "arrière". Entre ces deux mots, il y a une flèche double pointant des deux côtés, indiquant un mouvement ou une relation bidirectionnelle. Au-dessus de la flèche, il y a des voyelles et des symboles : "i", "e", "î", "ô", "u", "a", "o", "ù", et "ü". À droite du mot "arrière", il y a une flèche pointant vers le bas avec l'étiquette "aperture croissante". et il faut ajouter les nasales : ? suscrire delta avec tilde \tilde { \delta } õ et il faut ajouter les nasales : ã ? et ö tendant d’ailleurs à se confondre (? dans brin, suscrire dérivée partielle avec tilde \tilde { \partial } dans brun). Consonnes : Système pauvre : les langues polynésiennes en général, et particulièrement le tahitien dont le système est le suivant (d’après A. Sauvageot) : L'image montre des catégories de sons : occlusives, constrictives, nasale, liquide, semi-voyelles avec des exemples de lettres. L'image contient une liste de sons classés en différentes catégories. Les catégories sont "occlusives", "constrictives", "nasale", "liquide" et "semi-voyelles". Chaque catégorie contient des symboles représentant des sons spécifiques. Les "occlusives" incluent les symboles "p", "t", "k" (représenté par "ɡ" dans l'image). Les "constrictives" incluent "f" et "v". La "nasale" comprend "m" et "n". La catégorie "liquide" contient "r". Enfin, les "semi-voyelles" incluent "w" et "y". Les sons sont présentés dans une disposition simple avec chaque catégorie et ses sons correspondants listés côte à côte. Système riche : yokouts, langue indienne de la famille pénou-tia, en Amérique du Nord (d’après S. Newman) : Tableau avec des lettres et symboles représentant différentes voyelles et consonnes en français.
Occlu- sives Affri- quees Spi- rantes Na- sales Li- quides Semi- voyelles
Labiales Dentales Cacuminales Prépalatales Glottale- laryngale ppp t tt' t t t' kk' k' 5 ciii S S. h- mm' nn' 1l' Ww' yy'
La description du phonétisme d’une langue doit également inclure l’étude des groupements de phonèmes, qui sont plus ou moins complexes et plus ou moins stables : groupes de consonnes tels que bl, fr, etc. Les groupements qui apparaissent comme les unités composantes des mots sont les syllabes, qui ont des structures variables et donnent lieu à des études de constitution syllabique. En outre, divers accidents phonétiques peuvent se produire dans le cours du débit, en particulier des actions d’assimilation et de dissimilation. Des phonèmes contigus ou plus ou moins proches peuvent, par influence de l’articulation de l’un sur l’articulation de l’autre, prendre des caractères communs et même devenir identiques : c’est l’assimilation, comme dans absent prononcé apsent, avec b assourdi en p devant s sourd. L’action inverse est la dissimilation : ainsi dans le cas de corridor prononcé colidor (on évite la répétition d’une articulation dans le même mot : le second r dissimile le premier). Ces actions déterminent dans l’aspect des mots des changements accidentels qui peuvent s’imposer, comme on le constate souvent en linguistique historique (voir p. 70-71). Des variations de hauteur et d’intensité interviennent aussi dans le cours du débit ; on a vu le rôle du ton dans l’émission des voyelles ; mais les phénomènes prosodiques, qui sont fondés sur ces variations, jouent à des niveaux autres que celui des fonctions distinctives de la phonologie : l’accent (à dominante d’intensité ou de hauteur) organise la chaîne parlée en unités accentuelles successives en rapport avec la syntaxe de l’énoncé ; l’intonation présente des schémas qui varient en fonction des types d’énoncés (assertion, interrogation, exclamation, ordre) et de la façon dont le locuteur organise l’information qu’il veut faire passer dans le message (voir p. 50-51). B) Le lexique Le matériel phonique d’une langue sert à la constitution de mots. L’ensemble des mots d’une langue constitue son vocabulaire ou lexique ; l’étude des significations qui s’y expriment et de leur évolution fait l’objet de la sémantique. Le lexique est souvent composite, et se modifie rapidement par acquisition ou abandon de termes. Ainsi, le lexique du français comporte, à côté des termes qui appartiennent à la langue depuis une époque reculée (mots hérités du latin, emprunts germaniques anciens, etc.), des termes qui s’y sont introduits beaucoup plus récemment et qui ont été plus ou moins adaptés quant à la prononciation et à l’orthographe ;redingote (attesté depuis le xvii e siècle) est une adaptation à la fois phonétique et graphique de l’anglais riding-coat ; football est prononcé futbol ou futbal, ce qui représente, même dans le premier cas, une adaptation au phonétisme français, mais conserve l’orthographe anglaise. D’autre part, le vocabulaire d’une même langue comporte des registres variés : termes « vulgaires » ou « choisis », langues techniques, langue poétique, etc. Les emprunts peuvent être plus nombreux et homogènes pour certaines couches de vocabulaire : ainsi les termes anglais dans le vocabulaire sportif français. Un lexique comprend, à côté des « mots » (père, table, parler, etc.), des instruments de formation (de dérivation) qui ont servi à constituer des ensembles de mots et qui servent encore plus ou moins à constituer de nouveaux termes : ainsi les suffixes et préfixes du français : -iste (artiste, dentiste, étalagiste, etc.) ; -tion (réparation, fondation, finition) ; -able (aimable, secourable, périssable) ; dé- (défaire, déranger) ; ex- (exporter, expurger), etc. Dans certaines langues, la formation des mots présente des aspects plus complexes. En français, loger, logement, logeable, logeuse sont bâtis sur un élément radical log- (lož-) constant ; mais en indo-européen les alternances (voir p. 46-47) intervenaient aussi pour la formation des mots, d’où en grec, par exemple, tém? « je coupe », tómos « coupure » (alternance tem/tom). Quelquefois des mots pleins s’associent dans certai-nes conditions pour constituer des mots composés : français porte-plume, allemand Wehrmacht « force (Macht) de défense (Wehr) » : c’est la composition. La masse d’un lexique peut se répartir en catégories variables. La distinction du nom et du verbe n’est pas un fait morphologique général ; elle est nette dans les langues indo-européennes, mais en chinois, par exemple, un même mot invariable est employé pour désigner aussi bien une chose qu’une action correspondante. Les parties du discours se présentent donc de façon très différente selon les langues. Dans certaines langues, les objets sont répartis en classes (par exemple : êtres humains, liquides, végétaux ligneux, végétaux herbacés, etc.) ; la distinction des genres (masculin, féminin, neutre) est un fait du même ordre. Comme ces classes et genres se reconnaissent à des marques morphologiques distinctes, leur étude entre dans le cadre de la morphologie traditionnelle, de même que l’étude des nombres (singulier, pluriel, et éventuellement d’autres distinctions, duel pour un groupe de deux, triel pour un groupe de trois, ainsi que le collectif), bien que ces notions soient liées à la désignation des objets et intéressent donc le lexique. La masse d’un lexique est plus ou moins considérable. Le Dictionnaire de l’Académie française, qui ne comprend pas les termes techniques, réunit environ 35 000 mots ; mais on a estimé que 500 ou 600 mots suffisent à assurer la communication nécessaire aux besoins essentiels. C) Le système grammatical Chaque langue a une grammaire ; au sens le plus large, la grammaire embrasse l’ensemble des éléments constitutifs d’une langue ; en un sens plus restreint, la grammaire est l’ensemble des marques, c’est-à-dire du matériel qui sert à marquer des oppositions et relations variées entre les notions exprimées par les mots du lexique assemblés dans des phrases. Certaines oppositions intéressent, on l’a vu, le lexique : ainsi les oppositions de classes ou de genres ; mais il suffit qu’elles s’expriment par des marques, des éléments caractéristiques, pour qu’elles entrent dans le cadre de la morphologie, étude de ces marques ou morphèmes (grec morph? « forme »). Ces oppositions intéressent des notions très variées : nombre, genre, situation dans le temps, rôle actif ou passif à l’égard de l’action, relation aux personnes, etc. D’autre part, les marques grammaticales spécifient les relations entre les éléments constitutifs des énoncés. Ainsi, dans la phrase française : Les grands arbres du bois ont été abattus par le bûcheron, on reconnaît cinq éléments lexicaux désignant des notions : grand, arbre, bois, abattre, bûcheron. Mais les notions qui s’expriment dans cette phrase sont spécifiées sous certains rapports : pluriel (les grands arbres) par opposition au singulier (le grand arbre) ; passif (ont été abattus) par opposition à l’actif (ont abattu), et en même temps fait accompli par opposition au passé répété ou vu dans son déroulement (étaient abattus), au présent (sont abattus), ou au futur (seront abattus) ; on parle alors de catégories grammaticales du nombre, de la voix, du temps ; ce sont les notions qui s’expriment au moyen des morphèmes (les pour le pluriel par opposition à le, et liaison -z- dans grands arbres, par opposition à la liaison -t- dans grand arbre). Les morphèmes servent aussi à traduire des notions d’un autre ordre : les relations entre les éléments de la phrase. Ainsi par, mot-outil dit préposition, introduit le complément bûcheron dont il marque la fonction d’agent du « procès » abattre. Ici la marque est donc d’une autre espèce, et en même temps les oppositions ont un caractère beaucoup moins simple : à par répondent des prépositions nombreuses : à, de, avec, devant, etc. La constitution des phrases est l’objet de la syntaxe, qui étudie à la fois l’organisation de la phrase simple réduite à une proposition unique comme dans l’exemple cité, et l’organisation de la phrase complexe qui réunit plusieurs propositions (il me dit que les grands arbres…). Les relations syntaxiques peuvent se traduire par des marques du même type que celles des catégories telles que nombre, genre, voix, etc. (Voir plus loin la flexion.) Les catégories grammaticales sont très variables suivant les langues. Nous opposons en français un singulier et un pluriel, dans la catégorie du nombre ; mais l’opposition de nombre peut comporter d’autres degrés : le grec ancien conservait (avec tendance à l’élimination) un duel, pour les groupes de deux : ho lúkos « le loup », t? lúk? « les (deux) loups », hoi lúkoi « les loups ». L’indo-européen avait, en face de l’indicatif, à la fois un subjonctif, exprimant la volonté et l’éventualité, un optatif exprimant le souhait et la possibilité, et un désidératif marquant le désir ou l’intention. En latin, il ne subsiste qu’un subjonctif en face de l’indicatif : le glissement des valeurs (des formes de subjonctif ayant fourni un futur à l’indicatif, des formes d’optatif ayant reçu des emplois du subjonctif) s’y traduit par une simplification des oppositions. On voit ainsi se définir d’une manière spécifique, dans chaque langue, des fonctions associant des notions à des moyens d’expression. Les notions sont les catégories grammaticales, les moyens d’expression sont les procédés morphologiques. Ceux-ci sont également très variables selon les langues. Les éléments de base, qui appartiennent au lexique et qui portent les marques, sont dits, d’une manière générale, éléments radicaux. Ils ne se présentent pas toujours avec la même structure et les termes dont on les désigne varient. Dans une langue comme le français, on parle d’un radical chant- du verbe chanter parce que chant- est l’élément commun de (je) chante, (nous) chantons, (je) chantais, etc. ; mais on peut rapprocher de chanter des formes telles que chanson ou cantatrice qui se relient par le sens et plus ou moins par la forme au radical chant- : en fait, il y a là un ensemble de mots qui se relient à un radical latin can- (verbe can? « je chante »). Ce radical latin can- représente un élément lexical indo-européen kon au-delà duquel on ne peut pas pousser l’analyse ; cet élément est caractérisé par deux consonnes entre lesquelles peut apparaître une voyelle ; ici la voyelle manque au départ dans la formation du verbe latin cité : il y a « degré réduit », avec développement entre les deux consonnes d’un timbre vocalique d’appui qui aboutit à a de can- ; le même type de structure s’observe dans l’ensemble des éléments lexicaux indo-européens les plus simples auxquels puisse aboutir l’analyse ; on parle alors de racine. Le sentiment de la racine est plus ou moins net dans les langues ; le développement qui a abouti au français a pratiquement fait disparaître le sentiment de la racine ; on ne peut parler que de radicaux, en tenant compte, toutefois, du rapprochement qui s’établit entre des radicaux plus ou moins voisins par la forme et par le sens, constituant des « familles de mots ». Dans les langues sémitiques, les racines sont très apparentes. Les procédés morphologiques se répartissent en types divers qui sont plus ou moins combinés dans la constitution des formes d’une même langue. Les marques peuvent être des modifications des éléments radicaux (alternances) ; quand ce sont des éléments variables adjoints (cas très fréquent), on leur donne le nom général d’affixes ; suivant la position, les affixes sont dits préfixes (préposés), suffixes (postposés), infixes (insérés) ; les deux premières catégories sont de beaucoup les plus représentées. a) Alternances Les alternances sont des jeux d’oppositions au sein d’éléments morphologiques partiellement variables dans des conditions déterminées. Ainsi, une même racine indo-européenne men- peut se présenter dans des formations différentes sous les formes men, mon, mn ; on parle alors d’un degré e, d’un degré o (c’est-à-dire d’un degré plein avec voyelle e ou o) et d’un degré réduit ou zéro (pas de voyelle) ; cette « alternance vocalique » était un procédé morphologique essentiel en indo-européen ; il en reste des traces plus ou moins importantes : ainsi dans les variations de vocalisme des verbes forts de l’allemand : brechen « casser », prétérit brach, participe passé gebrochen. Ces exemples montrent des alternances dans des racines : c’est un procédé fréquent dans les langues où la racine est apparente. Exemple pour l’arabe classique, racine ad « tuer » : qatala « il a tué » (a – a), ya-qtulu « il tue » ou « tuera » (zéro – u), qutila « il a été tué » (u – i), q?tilun « celui qui tue » (? – i). Les alternances peuvent également affecter les consonnes, ou l’accent de hauteur ou d’intensité, dont la place peut varier. b) Adjonction d’éléments variables Les marques grammaticales peuvent être des éléments adjoints, de façon variable, aux racines ou aux radicaux. Quand ces éléments n’ont pas d’existence autonome et se présentent comme la finale nécessaire et alternante des mots, on leur applique la dénomination de désinences, c’est-à-dire de terminaisons, et le jeu de ces éléments constitue la flexion des mots où ils apparaissent. La flexion était un procédé général en indo-européen, et les langues du groupe l’ont plus ou moins conservé ; le latin avait une flexion à six cas dans les noms, pour marquer différents rapports : ainsi, un mot tel que dominus « maître » se présente comme un ensemble de formes fléchies à désinence variable : dominus, domine, dominum, domin?, domin? (forme unique pour deux cas qui se différencient dans d’autres types de mots), et une série analogue au pluriel. Cet ensemble de formes fléchies représente une des déclinaisons des noms en latin, où il existe d’autres séries correspondantes de morphèmes matériellement différents, mais de fonction identique. La conjugaison des verbes présente aussi des types divers. D’autre part, ces morphèmes sont polyvalents, c’est-à-dire qu’un morphème unique représente plusieurs marques : une forme comme bon?rum de l’adjectif latin « bon » est définie par le morphème arum comme un génitif (cas du complément de nom en général), comme un pluriel (le singulier correspondant serait -ae) et comme un féminin (accordé avec un nom au génitif masculin pluriel, l’adjectif aurait la forme bon?rum). Le procédé subsiste partiellement en français : le présent de l’indicatif d’un verbe comme parler offre trois formes (avec des distinctions complémentaires purement graphiques) : parle (-s, -nt), c’est-à-dire phonétiquement parl(?), parlons (parlõ), parlez (parle). Ceci définit un jeu de trois désinences : zéro (ou ?)/õ/e, ajoutées à un radical parl-. Mais, en même temps, le jeu des pronoms-sujets (je s’opposant à tu et à il, etc.) complète et précise les oppositions. Quand les éléments variables sont des affixes plus nettement isolables que les désinences, et plus individualisés (monovalents), par suite susceptibles d’être accolés en nombre plus ou moins grand dans un même mot, on parle d’agglutination. Ainsi en hongrois : ház « maison » ; házak « maisons » ; házban « dans (la) maison » ; házakban « dans (les) maisons ». En eskimo, la suffixation est très poussée et il en résulte des mots très longs, conglomérats d’éléments accessoires très variés, accolés à un élément lexical de base ; les mots-phrases sont fréquents. Exemple : qasuii suscrire gamma avec point en chef \dot { \gamma } sa suscrire gamma avec point en chef \dot { \gamma } ?i??a Symbol mathématique S élevé à la puissance 2. L'image représente un symbole stylisé qui semble être une lettre "S" avec une ligne horizontale traversant le milieu. Ce symbole est souvent utilisé pour indiquer un accès ou un service spécifique. Dans ce contexte, il pourrait signifier un accès pour personnes handicapées ou un service d'assistance. Le fond de l'image est simple et ne contient pas d'autres éléments distincts. Le symbole est clair et facilement reconnaissable, ce qui en fait un indicateur efficace pour les personnes ayant besoin d'assistance. siññitluina suscrire gamma avec point en chef \dot { \gamma } na?puq  [1], « on n’a absolument pas réussi à trouver un lieu de repos » : mot-phrase où neuf éléments sont successivement suffixés à qasu- « être fatigué ». Un autre mode d’utilisation d’éléments accessoires est représenté par le type dit analytique dont le français fournit un exemple : le procédé consiste à utiliser comme morphèmes des mots-outils sans accent propre, et pouvant être plus ou moins séparés des mots auxquels ils s’adjoignent par des éléments interposés. Soit en français : je prends, prononcé ž?prã ou šprã, qui ne se distingue de la deuxième personne tu prends (tüprã) que par le pronom sujet préposé ž?- ou š-/ tü-. L’orthographe masque la réalité en séparant ces pronoms sujets : ils n’ont aucune existence indépendante dans la langue (les pronoms autonomes sont moi, toi ; je ne conserve la trace d’une ancienne autonomie que dans la formule figée je soussigné), n’ont pas d’accent propre et fonctionnent comme des préfixes. De même, l’article (éventuellement le pronom adjectif) est en français la marque principale du genre et du nombre pour les noms (le -s du pluriel est purement graphique, sauf dans les cas de liaison) : la chaise (lašez), les chaises (lešez). Le système admet une pluralité de mots-outils : dans la rue (= dãlarü) comporte une préposition, marque de rapport, et un article, marque du genre et du nombre ; je le vois (= ž?lvwa ou žl?vwa) comporte pronom sujet et pronom objet. Quelquefois le mot-outil est séparé par un mot plein : la petite chaise. c) Incorporation Dans : je ne t?ai rien pris (= ž?ntery?pri), il y a une complication plus grande : entre le pronom sujet (ž) et le dernier élément de la forme verbale : pri, s’insèrent non seulement le pronom complément t (te, c’est-à-dire à toi), mais encore la négation (ne) et le pronom indéfini complément rien. On saisit là un procédé qui a un développement limité en français (insertion d’adverbes et de pronoms), mais qui est plus complètement réalisé dans certaines langues : des langues indiennes d’Amérique, en assez grand nombre, pratiquent l’incorporation du nom complément : ainsi en nahuatl, dans nipetla-?iwa « je fais des nattes », le nom petla(tl) « natte » est incorporé dans la forme verbale ni-?iwa. d) Ordre des mots Il faut inclure dans les morphèmes la disposition significative des éléments dans l’énoncé. En français, c’est l’ordre des mots seul qui est la marque de la fonction respective des deux noms dans une phrase du type : le chien suit l’homme, fonction qui est inversée si la disposition des termes l’est : l’homme suit le chien. Le même procédé joue par exemple en otomi, langue indienne du Mexique : ?išipfi kamta kardzoya a parlé mon père le chef signifie : « mon père a parlé au chef » ; aucune autre marque que l’ordre des éléments n’indique la fonction respective des deux noms. L’ordre des mots joue un grand rôle dans une langue comme le chinois, où les relations ne sont guère mar-quées autrement, faute de mots ou de morphèmes spécifiant ces relations. La grammaire d’une langue ne se réduit pas à un système de catégories et de relations manifesté par un ensemble de marques morphologiques jouant dans le cadre d’une syntaxe des mots. Au niveau de la phrase prise dans son unité globale se manifeste une grammaire qui organise essentiellement deux ordres de valeurs. D’une part, l’énonciation donne lieu à des modalités variées, correspondant à plusieurs types d’énoncés : assertif (positif ou négatif), interrogatif, exclamatif, etc., avec leurs marques distinctives. Une même phrase peut, sans changement dans son aspect matériel, fournir des possibilités d’énoncés variés. Soit en français : tu travailles. L’énoncé peut être assertif, exprimant une simple constatation : tu travailles ; interrogatif : tu travailles ? ; exclamatif : tu travailles ! ; suspensif : tu travailles (alors que je ne fais rien), etc. L’intonation, marquée graphiquement, dans une certaine mesure, par des signes de ponctuation différents, peut distinguer seule, dans la langue parlée, les divers types ; mais d’autres procédés peuvent intervenir (ainsi en français l’usage de est-ce que). D’autre part, le locuteur, pour faire passer un certain apport d’information, organise son message  [2] en jouant notamment de l’intonation et de l’ordre des mots (les procédés variant selon les langues) : ainsi s’opposent comme des messages différents en français j’ai vu Pierre hier ; hier j’ai vu Pierre ; Pierre, je l’ai vu hier ; je l’ai vu hier, Pierre ; etc. II. Les techniques de description L’étude des éléments constitutifs d’une langue montre que tout système linguistique repose sur une sélection parmi des possibilités illimitées de réalisation sur les différents plans. Une description doit faire apparaître un choix entre ces possibilités et un système qui résulte de ce choix, de manière à dégager du détail des réalisations les fonctions dont le jeu définit le système de la langue considérée. Sur le plan phonique, la distinction doit être faite entre les sons et les phonèmes. Une description doit faire apparaître un système phonologique en dégageant les éléments phoniques qui, par leur rôle différenciateur, assurent le fonctionnement de la langue. Un Français sent comme unique le phonème k qu’il réalise inconsciemment de manière différente dans cave, cas, cour (voir p. 39) : c’est que la conscience linguistique reflète dans une large mesure le fonctionnement de la langue. Mais les phonologues doivent procéder objectivement à une analyse rigoureuse pour déterminer les unités différenciatrices, isolables par le recours à la commutation. On distingue par exemple quinze unités différenciatrices à l’initiale des mots des séries suivantes : banc, pan, vent, faon, dent, temps, zan, sang, gens, chant, gant, camp, lent, rang, ment ; bout, pou, vous, fou, doux, tout, zou, sou, joue, chou, goût, coup, loup, roux, mou ; l’identité entre l’élément initial de banc et celui de bout, de pan et de pou, etc., admise par la conscience linguistique, se définit par le fait que ces éléments s’opposent les uns aux autres dans chacune des deux séries par les mêmes traits, qui en sont les traits pertinents : b s’oppose à p dans les deux séries comme sonore opposée à une sourde, etc. La détermination de ces traits pose des problèmes difficiles, et d’autres méthodes d’investigation ont été également proposées. La phonologie a défini son but, mais discute encore ses méthodes. La description phonologique ne doit d’ailleurs pas masquer l’intérêt d’une description phonétique notant les réalisations particulières des phonèmes, conditionnées par l’entourage phonétique. Ces réalisations particulières éclairent l’évolution. Ainsi, c (phonétiquement k) était en latin un phonème unique, mais articulé différemment devant des voyelles différentes, et n’a pas évolué de la même manière en français dans corte(m) devenu cour, caballu(m) devenu cheval, cera(m) devenu cire (compte non tenu de divergences dialectales) : k latin (noté c) a abouti dans ces mots à k (noté c) dans cour, à š (noté ch) dans cheval, à s (noté c) dans cire. Sur le plan de la grammaire, l’application du principe fonctionnel oblige à n’admettre de catégories linguistiques distinctes qu’en liaison avec des séries de formes distinctes. Ainsi, en français, la langue littéraire conserve fréquemment l’opposition entre le passé simple ou défini, qui marque l’action survenue à un moment du passé et notée comme telle, c’est-à-dire comme « ponctuelle » sans considération de durée (s’opposant par cet « aspect » de l’action à l’imparfait qui donne à une action passée un certain étalement), et le passé composé ou indéfini qui présente une action comme accomplie, un résultat comme acquis : j’ai acheté ce livre, par opposition à : j’achetai alors ce livre. Mais la langue parlée a éliminé pratiquement le passé simple et dit : j’ai acheté dans les deux cas. De ce fait, il résulte qu’une description de la langue littéraire doit faire état d’une catégorie du passé ponctuel, à l’intérieur de la catégorie plus générale temps-aspect, tandis qu’une description de la langue parlée ne reconnaîtra qu’une catégorie unique, pour laquelle on cherchera une dénomination rendant compte de l’ensemble des emplois : on parlera par exemple, dans le cas du passé, d’une catégorie du « fait acquis ». Le principe consiste à refuser de partir du sens, comme s’il existait une opposition générale d’ordre logique ou psychologique entre le passé ponctuel et l’accompli, et à ne tenir compte que des fonctions attestées dans la langue par les oppositions qui s’y expriment matériellement : là où n’apparaissent plus de séries de formes distinctes, il n’y a pas à considérer des valeurs distinctes. Encore faut-il préciser ce qu’implique l’expression « séries distinctes ». Elle n’a de sens que dans un système d’oppositions ; une même série peut recouvrir plusieurs jeux de formes, sans cesser d’être une par sa fonction. Soit le système des « temps » de l’indicatif en grec ancien : il comporte notamment un imparfait, un aoriste (passé ponctuel), un parfait ; mais les jeux de formes sont variables : ainsi, pour le verbe dont le présent, à la première personne du singulier, est lú?, on a (à la même personne) : imparfait éluon, aoriste élusa, parfait léluka ; mais pour le verbe lambán?« prendre » : imparfait elámbanon, aoriste élabon, parfait eíl?pha ; les aoristes de ces deux verbes ont des formes différentes à toutes les personnes : mais ces jeux de formes ne sont que des variantes morphologiques possibles pour une série qui est fonctionnellement unique. Il y a de même en français plusieurs types de conjugaisons (aimer, finir, etc.) qui diffèrent par les formes, mais dont l’organisation est la même. Un principe identique peut intervenir en syntaxe pour l’analyse des éléments d’un énoncé, pour la recherche des unités syntaxiques d’une langue. Soit en français la phrase : Le chien suit son maître. On ne peut avoir ni : Le suit son maître, ni : Chien suit son maître. Le chien constitue donc, du point de vue de la syntaxe de cet énoncé, un bloc indissociable, une unité syntaxique. Il en est de même pour son maître. On voit ainsi que ce n’est pas le nom seul, mais le nom accompagné d’un déterminant, qui est une unité syntaxique dans ce type français. La méthode qui permet de déterminer les fonctions se présente donc comme une méthode de commutation. Elle ne fait que généraliser le procédé de substitution qui est à la base de la méthode phonologique. C’est par cette méthode que l’analyse linguistique tient compte de la relation entre contenu et expression. Il n’y a d’éléments de contenu indépendants que si leur commutation peut entraîner un changement d’expression, et inversement, il n’y a de moyens d’expression indépendants que si leur commutation détermine un changement de contenu. Ces principes, applicables à toute la grammaire, valent aussi pour le lexique qui comporte lui-même une grammaticalisation, due au fait qu’il existe des éléments généraux qui servent à constituer les mots (suffixes, préfixes, etc.). Une lexicologie fonctionnelle a pu ainsi se constituer. Étudiant les noms d’agent et noms d’action en indo-européen (1948), É. Benveniste a posé ce principe : « Quand deux formations vivantes fonctionnent en concurrence, elles ne sauraient avoir la même valeur ; et, corrélativement : des fonctions différentes dévolues à une même forme doivent avoir une base commune. » La recherche d’une description strictement fonctionnelle a amené les linguistes à élaborer des techniques de plus en plus précises et complexes. Plusieurs tendances importantes ont donné lieu à des exposés d’ensemble et à des réalisations pratiques. L’une, influencée par l’enseignement de L. Hjelmslev à Copenhague, oriente la linguistique vers une sorte de logique, en l’armant d’un corps de définitions qui permet d’identifier et de classer les unités de toute langue selon leurs relations mutuelles, définies en termes logiques. La procédure descriptive de cette méthode « immanente » (qui prend pour objet la langue « en elle-même et pour elle-même », selon le principe de F. de Saussure) est illustrée par un important ouvrage de K. Togeby consacré au français. Cette procédure comporte : a) une « syntagmatique » qui, divisant l’énoncé « en unités de plus en plus petites », cherche à atteindre les « éléments irréductibles » ; b) une « systématique » qui classe ces éléments « d’après leurs fonctions mutuelles dans les unités syntagmatiques en classes de plus en plus petites jusqu’à ce que tous les éléments aient été définis ». Une autre école est sortie de l’enseignement de L. Bloomfield aux États-Unis, qui s’appuyait sur la psychologie behavioriste. Le linguiste s’abstient de considérer la signification des formes linguistiques : la signification d’une forme est pour Bloomfield « la situation dans laquelle le locuteur l’emploie et la réponse qu’elle évoque chez l’auditeur », et cette situation et cette réponse sont considérées comme échappant à l’analyse scientifique. On se contente donc de constater les significations, par le lien constant qui apparaît entre certaines situations et certains énoncés. Pour la description, on utilise uniquement des critères formels de distribution dans la chaîne parlée, critères sur lesquels se fondent l’identification et le classement des morphèmes. Une méthode a été codifiée par Zellig S. Harris, qui pose en principe que « la principale recherche de la linguistique descriptive et la seule relation qui sera acceptée comme pertinente… est la distribution ou l’arrangement à l’intérieur de la chaîne parlée des diverses parties ou caractéristiques relativement les unes aux autres » ; l’objectif est « une discussion des opérations que le linguiste doit exécuter au cours de ses investigations plutôt qu’une théorie des analyses structurales résultant de ces investigations ». L’analyse structurale s’est donc d’abord développée sur le modèle fourni par la phonologie en écartant l’étude de la signification. Mais dans un second temps c’est cette étude elle-même qui s’est renouvelée en tirant parti des conquêtes du structuralisme : une sémantique structurale s’est alors développée, avec des orientations diverses ; on a cherché des méthodes d’analyse permettant de dégager des traits pertinents de la signification, traits qui rendent compte de la façon dont s’organisent les oppositions entre unités lexicales au sein des systèmes. D’autre part, des disciples mêmes de Bloomfield et de Harris est venue une critique fondamentale des thèses distributionnalistes. Noam Chomsky, aux États-Unis, a été l’inspirateur d’un courant de pensée qui a fait prévaloir délibérément la théorie sur le donné linguistique immédiat. On indiquera plus loin les caractères généraux de cette tendance d’où est sortie la grammaire générative et transformationnelle ; mais il faut ici en retenir l’idée que, contrairement à une longue tradition de fidélité aux faits avec laquelle le structuralisme classique n’avait aucunement rompu, cette école a subordonné l’étude du donné, considéré comme un ensemble de structures superficielles, à un modèle théorique qui fournit des structures profondes. L’analyse linguistique met alors en évidence le jeu de règles de transformation qui permettent, à partir des structures profondes, d’atteindre le donné directement saisissable dans les textes produits par les locuteurs d’une langue donnée. Tous les linguistes n’ont pas été, tant s’en faut, convaincus de la validité de ces thèses ; mais elles ont suscité un grand nombre de travaux et ouvert un champ nouveau à la description des langues, et elles ont eu le mérite de soulever un débat théorique qui a mis en cause non seulement la méthodologie de la linguistique, mais également les fondements de la connaissance scientifique. Outre son but scientifique, la description des langues a une fin pratique, l’enseignement et l’acquisition des langues. Des efforts ont été faits pour dégager des progrès de la linguistique descriptive une méthode générale d’analyse utilisable dans l’enseignement. Mais le passage d’un système à un autre – chaque langue ayant son organisation propre – n’est pas assuré par la seule saisie intellectuelle de l’économie propre de la langue acquise. À un individu dont la langue maternelle est l’anglais, il ne suffit pas de prendre conscience de la fonction générale du passé composé en français pour être immédiatement en mesure de l’employer correctement, l’organisation des temps de l’indicatif étant très différente dans les deux langues. Un système de correspondances peut être établi entre les emplois particuliers des différentes séries de formes en anglais et les moyens d’expression équivalents en français, le recours au contenu, au détail des sens, jetant un pont entre les deux systèmes. Ainsi s’est développée une discipline de grand intérêt, la linguistique contrastive, qui se donne une méthodologie propre et comporte des applications importantes dans la pédagogie des langues étrangères. Mais la tâche essentielle consiste à monter chez les sujets qui font l’acquisition d’une langue, par des techniques appropriées et avec une programmation soigneusement établie, les mécanismes sur lesquels repose le fonctionnement de cette langue. Si une analyse correcte des langues et de leurs contrastes est le point de départ indispensable de tout programme d’enseignement, la pédagogie des langues pose des problèmes spécifiques qui constituent l’un des objets de la linguistique appliquée.

samedi 28 février 2026

jacques halbronn Linguistique . Les diminutifs et les voyelles terminales. Les participes passés.

jacques halbronn Linguistique. Les diminutifs et les voyelles terminales. Les participes passés. Selon nos travaux, on se doit de distinguer les finales "consonantiques" des formes "vocaliques On notera que nombre de diminutif/surnoms remplacent la consonne finale par une voyelle: John/Johnny, Michael/Mickey, Pierre/ Pierrot, jacques Jaquot, jean jeannot. qui se distingue de Jeanne, se terminant par un son consonantique. En ce sens, les prénoms féminins se terminant par "a" sont les plus valables et donc Clara est préférable à Claire , Quant à Anne, cela donne Annie. Mais l'on trouve aussi Katie pour Catherine. C'est ainsi que Marguerite de France ou de Valois sera surnommée la Reine Margot (cf le film de Chéreau, wikipedia) " une princesse de la branche de Valois-Angoulême de la dynastie capétienne, née le 14 mai 1553 à Saint-Germain-en-Laye et morte le 27 mars 1615 à Paris". En français, le participe passé apparait comme un diminutif: voir donne vu, savoir donne su, pouvoir donne pu, croire donne cru etc Rien de tel en anglais qui garde le "ed" des verbes français, alors que le ed a été remplacé par un "é"/ Le rôle des voyelles nous apparait comme déterminé par leur fonction terminale alors que le shewa joue un rôle majeur en tant que marqueur de début. le shewa est sous tendu par l'apostrophe. On observe ainsi l'existence d'un tropisme conduisant à produite une finale vocalique faisant pendant à un début consonantique, dans le sens d'un équilibrage. Tout se passe comme si une finale consonantique était à éviter. Si l'on compare l'italien et l'espagnol, l'on note que l'italien obéit à un tel impératif vocalique notamment dans sa conjugaison, à la première personne du pluriel : andiamo et non vamos comme en espagnol. Il convient cependant de préciser qu'à l'oral des formes consonantiques à l'écrit laissent la place à des formes vocaliques. C'est bien l'oral qui est déterminant et qui a le dernier mot, tout comme la voyelle en position finale que nous associons au masculin alors que la consonne serait foncièrement féminine. JHB 27 02 26

jeudi 26 février 2026

jacques halbronn Critique biblique et Linguistique. Le critère des noms propres. Consonnes et voyelles

jacques halbronn Critique biblique et Linguistique. Le critère des noms propres. Consonnes et voyelles Selon nos travaux, on se doit de distinguer les finales « consonantiques » des « vocaliques. C’est ainsi que pour le Pentateuque, on trouve des noms de héros se terminant par les unes ou par les autres. Ainsi, l’on observera chez les hommes qu’Abram (Abraham), Isaac (Ytshaq) et Jacob se terminent par une consonne alors que Moïse (Moshé), Josué (יֵשׁוּעַ, Yeshoua ) mais cela vaut aussi pour Jésus) sont des noms à terminale vocalique. En ce qui concerne les femmes, Sarah, Rébecca, Léa se terminent par une voyelle alors que Myriam,מרים, Miryām), la soeur de Moïse(Moshé) ainsi que la mère de Jésus est aussi une Myriam- portent un nom se terminant par une consonne. Dans les deux cas, on trouve un couple hommes -femmes , soit consonnes-voyelles, soit voyelles-consonnes. Selon nous, on aurait ainsi la preuve d’une rédaction propre au Livre de la Genése, du fait même de sa généalogie des patriarches, laquelle rédaction tiendrait essentiellement à des rédacteurs d’obédience israélite. En revanche, le personnage de Moshé (avec sa finale vocalique) reléverait d’un autre registre. On note que le nom même d’Israel se termine par une consonne alors que celui de Judah (Yéhouda) se termine par une voyelle: יְהוּדָה et commence par une consonne. On notera que nombre de dimininutifs masculins remplacent la consonne finale par une voyelle: John/Johnny, Michael/Mickey, Pierre/ Pierrot, jacques Jaquot, jean jeannot. qui se distingue de Jeanne, se terminant par un son consonantique. Quant à Henri, au féminin, cela donne Pierrette, se terminant par un son vocalique JHB 26 02 26

mardi 24 février 2026

jacques halbronn Linguistique. Retour sur ses écrits des années 80, à l'intention de Louis- Jean Calvet (Paris V

jacques halbronn Linguistique. Retour sur ses écrits des années 80, à l'intention de Louis- Jean Calvet (Paris V) Entre 1985 et 1989, nous avons soumis à Louis Jean Calvet, auteur à l'époque de Linguistique et Colonialisme, une série de mémoires, le premier s'intitulant Erreurs populaires et représentations linguistiques , le derniet ' Langue et Culture.Essai de description critique du systéme du français à la lumère des relations interlinguistiques. Il s'agissait au départ d'élaborer une "théorie générale de l'emprunt à la lumière des erreurs d'analyse du locuteur populaire", d'où la notion d'empruntéme. Pour nous, il importe d'envisager une pathologie des langues et le recours à l'emprunt en est à la fois la cause et la conséquence. Notre champ d'étude est celui de la francologie, soit tout ce qui touche au français, sous un angle ou sous un autre, y compris pour le franglais. On distinguera langues latines et latinisées.En 1981, nous avions consacré un mémoire de DEA (Université Lille III) qui posait le probléme des traductions du français vers l'anglais,du fait de la proximité atteinte entre les deux langues— — La fortune d'un manuel d'astrologie: Les Jugements Astronomiques sur les Nativités d'Auger Ferrier. p Ed Retz Mais dès 1977; nous avions abordé la question du passage entre roman et français moderne (cf Ed Retz) La question qui se pose est celle de la façon dont la langue emprunteuse accomode le mot étranger, orthographiquement, sémantiquement et phonologiquement. Dispose -t-elle d'un modéle qui lui est propre ou bien est-elle à la merci d'un processus d'imitation, toujours hypthéqué? Nous notions la tentation de l'anglophone à présenter l'emprunt au français comme un emprunt au latin Au niveau méthodologique, nous proposions un processsus de reconstitution d'états antérieurs, selon une approche archéologique/ Abordons à présent le dernier mémoire soumis à L. J. Calvet, en 1989. Nous dirons que notre approche correspond à l'idée d'intelligent design à savoir que les langues sont des constructions, des architecures, à la base et qu'il importe d'en restituer l'agencement premier. On pourrait parler d'un reformatage de matériaux antérieurs ou extérieurs., faisant appel à une quéte de symétrie parfois occultée et qu'il revient au linguiste de retrouver sur un plan matriciel, d'exhumer un projet global D'où la distinction que nous faisions entre le présystémique et le post systémique (p:119), c'est à dire la détérioration, la corruption au point d'être tenté de nier la cohérence initiale/ Dialectique entre la matière et la forme, la forme pouvant se dégrader en matière/ On retrouve l'opposition théologique entre créationisme et évolutionisme: Il apparait que la question de l'emprunt nous aura conduit vers le statut de l'étranger, ce que nous développerons ultérieurement en 1995 ( Le Milieu astrologique : ses structures et ses membres (mémoire de DESS en ethnométhodologie), Université Paris-VIII Saint-Denis, 1995. dir Yves Lecerf) En 1989; nous en arrivions à nous interroger sur la "langue idéale" (p; 176), ce qui correspondrait à une croissance interne (auto) plutôt qu'externe, (allo), ce qui renvoie à l'emprunt et à ses aléas/ L'emprunteur a rarement conscience du champ recouvert par le terme récupéré, ce qui le conduit à une vision simpliste des langues/Nous parlons de linguistique critique (p 193)/ En 1987, nous avions produit un mémoire intitulé Linguistique de l'erreur et Epistémologie populaire./ Il peut être intéressant de déceler les causes d'une "erreur" si l'on admet que l'emprunteur ambitionne de décrire correctement, normativement, la langue empruntée mais sans y parvenir (cf p.213), ce qui conduit à la production de barbarismes. Avec le recul, nous constatons que nous n'avions pas accordé assez d'importance à la dialectiuqe de l'écrit et de l'oral, au regard de la question de l'erreur. Il est vrai que lorsqu'on se limite à l'écrit, on ne se donne pas les moyens de signaler les erreurs dans le décryptage des codes de prononciations. C'est ainsi que l'anglais reproduit souvent très exactement le mot français écrit sans parvenir à capter ce que cela advient à l'oral! Or, pour nous, la langue parlée obéit à des régles extrémement précises, ce que nous n'avions pas compris, il y a 40 a,s (p.249)cf nos travaux sur les diphtongues, la dialectique des consonnes et des voyelles, l'usage du shewa etc Il est clair que le signifiant correspond à l'écrit et le signifié à l'oral lequel va préciser et déterminer la virtualité, la polysémie du signifiant. Nous parlions de révolution copernicienne (p/ 266) à propos de l'alphabet ;" permettant à l'homme de ciseler sa langue" Nous parlions d'une morsphologie à la française (p. 271) plutôt que d'une morphologie du français, pour souligner la dimension matricielle du français en tant que modéle susceptible de reformater d'autres langues. Nous insistions en 1989 sur le rôle essentiel, diacritique, de la lettre "e" en français.(p. 279). Nous abordions déjà alors la question de la neutralisation des consonnes finales (p/ 288) et la question des "nasales" (nous préférons actuellement parler de diphtongaison) Nous mettions l'accent sur le fait que le locuteur fonctionnait en pratique sur deux registres, mais de façon schizophrénique (p. 308), celui de l'écrit et celui de l'oral, sans en prendre pleinement conscience. Ce locuteur tend à se référer à l'alphabet alors qu'à l'oral, diverses combinatoires enrichissent considérablement le spectre au point qu'il conviendrait de constituer un alphabet de l'oralité, notamment à des fins didactiques, l'apprentissage de la lecture est singulièrement appauvrissant, le locuteur ne parlant pas la même langue à l'oral et à la lecture scolaire de l'écrit.. Quant à l'emprunt, il tend à brouiller la perception des structures de la langue concernée, ce qui génére une erreur descriptive/(p. 314). Le rapport à l'écrit, en tant que garde-fou, permet une certaine liberté de l'oral,(p.323) Nous nous interrogions déjà sur la différence entre consonne et voyelle (p. 325). Plus loin, nous demandions si une réforme de l'oral était envisageable.(p;335). Nos recherches débouchaient sur une nouvelle approche de l'enseignement du français (FLE)( p;407)autour de la graphonologie. Notre mémoire s'achevait sur des "problématiques épistémologiques (pp. 437 et seq) et nous envisagions pour le prochain siècle une plus grande exigence quant à la qualité des langues, on pourrait parler d'une écologie linguistique. Une langue telle que l'anglais se verrait à terme disqualifiée en raison de son caractère hybride, la langue étant vouée à terme à être appréhendée comme un outil, une technique aussi performante que possible et ausi peu toxique que possible, le français devant devenir un nouvel espéranto sans en présenter les défauts. Il est clair que le français aura traumatisé l'anglais, selon un processus que l'on peut qualifier de colonial, au plein sens du terme. JHB 24 02 26

jacques Halbronn Le premier chapitre de la Genése au prisme de l'astrologie septénale/ Implications linguistiques.

jacques Halbronn Le premier chapitre de la Genése au prisme de l'astrologie septénale/ Implications linguistiques. Contrairement à ce que l'on déclare généralement, le signe cardinal n'est pas un point de départ mais un point d'arrivée:; La phase Hessed (45°) correspond au désordre qui précéde le temps de la Création, du Formatage, tout comme l'écrit précéde l'oral, lequel lui donné forme et sens., א בְּרֵאשִׁית, בָּרָא אֱלֹהִים, אֵת הַשָּׁמַיִם, וְאֵת הָאָרֶץ. 1 Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. ב וְהָאָרֶץ, הָיְתָה תֹהוּ וָבֹהוּ, וְחֹשֶׁךְ, עַל-פְּנֵי תְהוֹם; וְרוּחַ אֱלֹהִים, מְרַחֶפֶת עַל-פְּנֵי הַמָּיִם. 2 Or la terre n'était que solitude et Tohu Bohu; des ténèbres couvraient la face de l'abîme, et le souffle de Dieu planait à la surface des eaux. ג וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, יְהִי אוֹר; וַיְהִי-אוֹר. 3 Dieu dit: "Que la lumière soit!" Et la lumière fut Nous dirons que la Création est la voyelle qui permet à la consonne d'exister/. La Création est selon nous un miracle , une traversée de la Mer Rouge, lequelle représentee le chaos à surmonter. Le Miracle, ici, c'est d'arriver à mettre de l'ordre dans le tohu bohu (expression figurant dans Genèse I). Dans notre Astrologie selon Saturne (1994), nous montrions que Saturne prépare en poissons le terrain pour le Bélier. En revanche, nous n'acceptons pas l'idée de Miracle une fois la Création mise en branle, le miracle étant signe de confusion (des valeurs), propre à la phase Hessed Pour nous, il n'est pas question de remettre en question, en quoi que ce soit, le plan divin de la Création et ce qui dans la Bible le laisse penser nous apparait comme une déviance.. Il nous faut connecter un tel modéle avec le masculin et le fémini, évoqués à propos d'Adam dans ce même premier Chapitre. La femme aime à transmettre, à véhiculer des messages, ce que l'homme lui fournit, lui produit, dont il accouche;Ce qui les rend complémentaires. L'homme, lui, est attiré par le sexe, ce qui le conduit à feconder la femme. Autre complémentarité.(cf nos études sur les topiques sensorielles, le ça et le Surmoi) La phase Din implique de séparer le bon grain de l'ivraie accumulée en phase Hessed, de savoir séparer le vrai, l'authentique du faux, de la contrefaçon.. En ce sens, la Bible est Hessed, syncrétique et il revient à la critique biblique de faire la lumière sur un mode masculin quand la femme manque de discernement, prenant des vessies pour des lanternes, l'important pour elle étant d'avoir des choses à dire,indiféremment tout comme l'homme tend à consommer physiquuement n'importe quoi et n'importe qui. Sur le plan linguistique, nous dirons que l'Humanité a su reproduire par écrit bien avant de savoir enregistrer techniquement l'oral. C'est en ce sens que nous dirons que l'écrit féminin a précédé l'oral masculin, l'écrit ne fournit pas les clefs de sa prononciation, En ce sens, nous dirons que l'écrit est le Pchat, l'approche primaire, simpliste, le profane et l'oral le Sod, le secret, l'ésotérique selon la formulation kabbalistique.. Nous avons montré que les tonalités consonantiques devaient marquer un début et que les vocaliques marquer une fin de la même façon que la faute précéde le pardon, le désordre l'ordre, la femme l'homme. C'est un tel agencement auquel les langues doivent se plier. On notera qu'en hébreu, les consonnes occupent tout l'alphabet de 22 lettres et qu'elles sont complétée, dans un secoind temps, par des signes "diacritiques": sur le web. "Il y a eu de nombreuses versions différentes, mais la plus utilisée aujourd’hui a été inventée par les Massorètes (ba'alei masorah, בעלי מסורה), pour compléter l’écriture consonnantale de plusieurs abjads sémitiques (dont l’abjad hébreu, l’abjad arabe, plusieurs variantes araméennes dont le samaritain, des écritures utilisées alternativement pour la transcription de la langue hébraïque). Les nikkudot sont de petits signes, comparés aux consonnes qu’ils complètent, et ont ainsi l’avantage de pouvoir être directement ajoutés sur un texte n’en comportant pas. Les étudiants en hébreu, qui ne le parlent pas ou pas encore couramment, font particulièrement attention à ces diacritiques, notamment en ce qui concerne la controverse du tétragramme — écrit נִיקוּדיְהוָה en hébreu. L’interprétation permettrait de retrouver l’ancienne prononciation (authentique disent certains) de Jéhovah ou Yahwe" Une langue comme l'anglais ne respecte pas une telle disposition à la fois parce qu'elle marque le "s" final du pluriel, donc consonne et à la fois parce qu'elle ne constitue pas un espace consonantique en début de mot en ce qu'elle ne maitrise pas l'usage du "shewa" à la différence du français. JHB 24 02 26

samedi 21 février 2026

jacques halbronn Linguistique. La question des affixes et le passage de l’écrit à l’oral

jacques halbronn Linguistique. La question des affixes et le passage de l’écrit à l’oral L’écrit détermine l’oral et est révélateur le cas échéant de sa nature. Si l’on trouve dans l’écrit d »une langue une série de mots comportant le couple [voyelle + n], la probabilité sera forte de l’existence d’une situation diphtongable. L’allemand écrit comporte le « ein » , le « dein », le ‘sein », le « nein » mais ne réalise pas pour autant, de nos jours, la diphtongue prévue.. De même si l’on trouve dans l’écrit le couple [consonne +e] pour ce qui est de l’usage prévu du « shewa ». Inversement, quand de telles conditions ne sont pas réunies, l’usage de la diphtongue et du shewa n’est pas concevable. Dans le cas du français, nous disposons parmi les préfixes des huit cas suivants: [le, de, me, se, ne, que,te, re] qui permettent de constituer des séquences consonantiques, à l’oral, avec éventuellement l’usage de l’apostrophe mais de façon subsidiaire.. Or, les autres langues latines n’offrent pas une telle possibilité, usant plutôt de telle ou telle voyelle, le « e » n’étant pas considéré par nous comme une voyelle ordinaire. Précisons que nous englobons sous la qualification d’affixe la négation (ne), le possesif (me, te,se) et surtout toute préposition, tout préfixe comme le « re » Le français apparait idéalement comme une langue pouvant faire un usage intensif et récurrent du shewa (cf notre description pour l’hébreu moderne) sur le web - | Dictionnaire de l’Académie française | 9e édition Le préfixe re‑, que l’on trouve généralement sous cette forme devant une consonne, comme dans Reprise, Revoir, devient ré‑ devant une voyelle ou un h muet », ... sur le web Préposition : » Mot invariable qui introduit un complément et précise la relation sémantique l’unissant au terme dont il dépend. « Rappelons, une fois de plus, la « loi » que nous avons érigée, à savoir un cluster de consonnes en tête de séquence et un cluster de voyalles en queue de séquence, ce qui explique qu’à l’oral, le français évitera de produire des sons consonantiques, ce qui l’aura conduit à user du » é », qui joue un rôle inverse du shewa comme pour le traitement des infinitifs de la première conjugaison en « er » soit avec le son « é » soit avec la lettre « é » à l’écrit. Il est ainsi exclus que le français rende une finale en « s » pour le pluriel, à la différence de l’anglais ou de l’espagnol.(exemple « nous sommes ») sauf dans le cas de liaisons avec le mot suivant qui sera traité comme un prolongement suffixal. Ainsi, le français propose une dialectique shewa/é (comme anti-shewa) que l’on ne trouve pas en hébreu. On parlera ici, pour la lettre « e » d’une lettre double, comme cela existe en hébreu (réglé de bagadkafat qui ne s’applique plus actuellement à l’oral que pour le beith (sons b et v), le kaph (sons k et kh) et le pé(sons p et ph) cf la description du Sefer Yetsira qui comporte un commentaire de l’alphabet hébraique de 22 lettres=les autres formes étant tombées en désuétude. Un tel constat nous conduit à voir dans le français le garant de l’intégrité de la relation écrit-oral, les autres langues se révélant défectueuses à différents titre. JHB 21 02 26