lundi 30 mars 2026

jacques halbronn Psychosociologie. L'apprentissage des solutions par le biais du jeu d'échecs dans psychopathologie

jacques halbronn Psychosociologie. L'apprentissage des solutions par le biais du jeu d'échecs dans psychopathologie Le jeu d’échecs est un outil pédagogique puissant qui, malgré sa réputation de complexité et d’élitisme, est accessible à tous, même aux jeunes enfants ou aux élèves en difficulté. Il favorise la concentration, la réflexion stratégique, la patience, l’entraide, et développe des compétences essentielles telles que la gestion des émotions, la communication constructive et la prise de décision responsable. » Je retiendrai avant tout l’aptitude à trouver des solutions en envisageant systématiquement tous les cas de figure possibles. Face à une situation menaçante, l’enfant devra trouver une parade appropriée. Or, c’est précisément, cette aptitude qui me semble être un atout dont je dispose assez efficacement en finissant par trouver la bonne riposte. En ce sens les jeu d’échecs est un art martial au meme titre que l’escrime.. Cela développe une certaine confiance en soi, la conviction que l’on trouvera toujours un moyen de s’en sortir même si l’on peut êyte surpris au départ. Sur le web Ismail Abbas l Albert Einstein jouait régulièrement aux échecs pour entraîner sa mémoire et les « muscles » de son esprit. Il a dit un jour que la complexité des problèmes des échecs a vaincu l’intelligence humaine. Les meilleurs amis d’Einstein étaient les géants des champions d’échecs au début des années 90, en particulier Emanuel Lasker (mathématicien), la légende des échecs et champion du monde à l’époque. Einstein aimait beaucoup les discussions avec les champions d’échecs sur la philosophie de la nature et de la vie quotidienne où chacun apprenait les uns des autres. dans psychopathologie La photo montre les pionniers de la physique moderne et des échecs modernes se réunissant. .. Robert Oppenheimer, connu comme le père de la bombe nucléaire et chef du projet réussi de Manhattan 1938-1945 produisant les premières bombes nucléaires mettant fin à la guerre par la démolition d’Hiroshima et de Nagasaki, a partagé avec Einstein le même sport mental et le même amour, jouer échecs. En ce qui concerne l’histoire de ce jeu, j’ai signalé, en son temps, que la tour était liée à l’éléphant, « fil » en hébreu, à rapprocher de « fol », le fou. En effet,les éléphants étaient doités de tours. Sur le web Copyright Europe-Echecs Une représentation typique du mythique Eléphant de guerre (« ashwa », le Fou actuel), utilisé par le roi Porus contre Alexandre le Grand, lors de la bataille d’Hydapses. En Russie, cette pièce a conservé son nom primitif, puisque le Fou y est appelé « Slon » (éléphant). JHB 30 03 26

jacques halbronn Linguistique. Place centrale du français. La dialectique de l'écrit et de l'oral. Francocentrisme. et révolution copernicienne.

jacques halbronn Linguistique. Place centrale du français. La dialectique de l'écrit et de l'oral. Francocentrisme. et révolution copernicienne. Nous pensons que la notion de centralité est au coeur de notre théologie de l'Election (passage de l'article défini à l'article indéfini, du Les au Un), ce qui englobe le saturnocentrisme, le judéocentrisme et le francocentrisme, ces trois instances faisant l'objet de déni et de substitution. Il ne s'agit pas pour nous de disserter sur l'origine d'un tel "plan" mais d'en observer structurellement les manifestations et les traces, Nous avons déjà dans de précédents essais, exposé le dossier du saturnocentrisme et du judéocentrisme, il nous reste donc à traiter ici du francocentrisme, prolongeant divers exposés sous tendant un tel constat. Le cas du rapport de l'anglais au français est emblématique d'une certaine fascination exercée par le français. Mais en quoi tient-elle? Il importe, selon nous, de se situer au niveau de son oralité, qui est sa manifestation la plus immédiatement accessible au profane, à l'étranger. Il ne s'agit pas ici de débattre de l'origine de la langue française -sous quelque nom qu'elle ait pu se présenter au cours des âges - tout comme la Société Linguistique de Paris avait renoncé sagement aux discours sur l'origine du langage Sur le web "Elle avait une règle intérieure qui excluait toute communication sur l’origine du langage. Voici l’article 2 des statuts de cette Société à partir de 1866 et révisés en 1876 : « La société n’admet aucune communication concernant, soit l’origine du langage, soit la création d’une langue universelle " Selon nous, le français est l'héritier d'une langue adamique. On peut penser que le Livre de l'Exode relate une telle révélation sur le Mont Sinaï. Sur le web " Dans la Bible, les Tables de la Loi sont des tables en pierre sur lesquelles YHWH a gravé le Décalogue remis à Moïse. Leur figuration traditionnelle est devenue un des symboles du judaïsme, utilisé en particulier au fronton des synagogues." Selon nous, le véritable contenu concerne la langue, l'alphabet, comme le signale dans la Kabbale le Sefer Yetsira, qui est un commentaire des Lettres; sur le web " Le Sefer Yetsirah (hébreu : ספר יצירה « Livre de la Création » ou « de la Formation » ou « de l’Émanation ») , est le plus important des écrits anonymes de la Kabbale. Pour cette raison, les kabbalistes, les alchimistes et les érudits de toutes les générations ont cherché à en percer le mystère. Car cet exposé de cosmogonie hébraïque ancienne a fasciné par sa concision et sa brièveté. Le livre hébreu de la Formation décrit le processus de la Création du monde. Pour cela, il part de l’émanation des dix lumières divines (Séfiroth) et des vingt-deux lettres hébraïques. Cet ensemble constituant les trente-deux sentiers mystiques de la Sagesse. C’est un des textes les plus énigmatiques de la littérature hébraïque. En effet, on en recense plus d’une centaine de commentaires. Car la lecture du Sefer Yetsirah se déroule à plusieurs niveaux. Certains y découvrent les clés de la Création, d’autres une méthode de méditation sur les lettres hébraïques. Dans tous les cas, on le conçoit comme un système favorisant une réédification spirituelle." Il nous apparait, en tout état de cause, que la Révélation du Sinai ne saurait se réduire aux 'Tables de la Loi" et que le medium importe ici plus que le message en tant que clef du processus biblique de la Création (Genése I); on sait par ailleurs que le tétragramme pose le probléme de sa prononciation, donc du passage de l'écrit à l'oral. sur le web TETRAGRAMME JHWH"Ces 4 lettres, YHWH, ne sont pas assorties de voyelles et sont donc imprononçables. Ainsi, le Nom garde-t-il le secret de sa signification, son mystère." C'est précisément le cas du français dont le mode de prononciation, son mode d'emploi, reléve d'une sorte de secret, d'ésotérisme, de Sod. Seuls ceux qui auront connu le français, comme première langue, dans leur plus tendre enfance, par le truchement de leur nourrice, en seraient les dépositaires authentiques. Ce sont ces élus qui en composent la vraie musique dont nous avons déjà exposé les régles, à savoir une dialectique entre les consonnes initiales et les voyelles terminales ou mieux entre le consonantique et le vocalique qui vient le parachever. Nous avons eu la chance de cette double initiation du français et de l'hébreu, encore que l'hébreu moderne soit corrompu et ait perdu sa vraie dimension orale à la différence du français. Certaines descriptions du français se sont d'ailleurs approchées de cette clef structurelle en notant qu'en français on ne prononce pas les consonnes finales.* Office québécois de la langue française: Généralités sur les consonnes finales muettes "Quatorze consonnes peuvent être muettes lorsqu’elles sont à la finale du mot; les plus courantes sont d, r, s, t et x, alors que les consonnes b, c, f, g, h, l, p, w et z sont plus rares dans cette position. Les consonnes finales muettes permettent de distinguer des homophones et servent de marques grammaticales." L'hébreu comporte le "Shewa" "signe diacritique de l'alphabet hébraïque. Il sert à noter : soit une voyelle très brève [ə], analogue à un e « muet » en français " Le français, use largement du shewa, souvent marqué par l'apostrophe qui permet de connecter les consonnes entre elles en évacuant à l'oral les voyelles initiales ce qui fait pendant aux "consonnes finales muettes "(cf supra). La vocalisation des finales fait souvent appel à l'accent, qui est le pendant de l'apostrophe, tout comme le tildé. "Signe placé au-dessus d'une voyelle pour indiquer une prononciation nasale. Nous écrivons une voyelle nasalée par la lettre de la voyelle orale correspondante, surmontée d'un signe spécial appelé tilde qui indique l'abaissement du voile du palais " Image de tilde — Wiktionnaire, le dictionnaire libre Image de Faire le tilde (~) sur clavier AZERTY ou QWERTY: Astuces ... Image de What is a Tilde | Cedilla Studio Le tildé e est un signe diacritique des alphabets latin et cyrillique en forme de « S » inversé et couché utilisé dans de nombreuses langues. Il sert aussi, quand il possède une police, de signe de ponctuation permettant de séparer des éléments en opposition." Source : Wikipédia Ainsi, l'écrit ne serait décryptable, gérable, qu'à condition que l'on en connaisse le bon mode d'emploi.On peut donc parler d'une tradition de l'oralité linguistique. Prétendre accéder au français par la seule voie de l'écrit est un leurre dont l'anglais aura été la victime la plus flagrante au vu de sa pratique orale si ce n'est que cette erreur aura été contagieuse en raison de son rayonnement mondiale tant et si bien que l'anglais se sera substitué au français, en mettant en question sa centralité tant diachronique que synchronique On peut parler ici de révolution copernicienne car ce n'est pas la grammaire qui suit le lexique mais le lexique qui se conforme à la grammaire. Entendons par là que le lexique deveint un facteur subsidiaire. En ce sens, il ne s'agit pas de parler d'une langue française en rapport avec un certain lexique mais d'une langue française en rapport avec une certaine matrice capable de reformater tout lexique. En ce sens, la langue française véhicule une matrice, laquelle peut êttre apprégedée su prisme d'un certain lexique comme nous l'avons fait à partir de la dialectique écrit/oral. Autrement dit, il importe de relativiser la question des lexiques qui ne sont que des avatars d'une matrice sous-jacente. Dès lors, la descriptioon d'une langue implique la mise en évidence de la matrice qui a été à l'oeuvre. (cf Décrire une langue, Objectifs et méthodes Collection: Encounters, n° 670 Series: Linguistics, n° 5). Il ne s'agit donc plus comme dans le scolaire de passer de l'oral à l'écrit (exercice de la dictée) mais de l'écrit à l'oral, ce qui est le véritable enjeu de l'apprentissage de la lecture, ce qui ne saurait se réduire à l'alignement sur la prononciation automatique des lettres de l'alphabet. JHB 30 03 26

dimanche 29 mars 2026

jacques halbronn La fabrication de faux, obstacle majeur pour la recherche historique

jacques halbronn La fabrication de faux, obstacle majeur pour la recherche historique Tout travail académique (thèse) devrait, selon nous, faire la preuve de l'existence de faux, de "forgeries".; qu'il s'agisse d'ajouts, d'interpolations, de calques, d'emprunts ou au contraire de suppressions, de censures. Or, il ne semble pas que la formation de chercheurs soit toujours à la hauteur de tels enjeux et défis. Si l'on nous avait accordé une chaire 'Courants Esotériques, comme cela aurait dû être le cas en 2002, à la Ve section de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes, ayant obtenu en 1999 une thèse d'Etat, "Le texte prophétique en France", Université Paris X) nous aurions certainement pu orienter des étudiants sur un tel terrain miné, en leur faisant profiter de notre expérience. (cf notre diptyque Prophética Judaica , aleph et Beth, paru justement en 2002 ed Ramkat et Papes et prophéties, Ed Axiome, 2005) et notre post doctorat en 2007 (EPHE) en Histoire du Catholicisme consacré à la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle.. Il est vrai qu'il y a 20 ans, nous n'avions pas encore balisé le domaine biblique comme cela aura été le cas depuis, bien que nous ayons soutenu une thèse en Etudes Orientales, en 1979 et notre édition des traités astrologiques d'Abraham Ibn Ezra.(1977, préface de Georges Vajda. Nos travaux en linguistique (Lille III, Paris V, Paris VII et VIII) consacrés aux emprunts nous fournissaient des outils méthodologiques appropriés en matière de mimétisme et de calques. Un cas remarquable concerne certainement la fabrication des Protocoles des Sages de Sion,à la toute fin du XIXe siècle, à partir des pamphlets d'un Maurice Joly (cf notre édition 2002), sous le Second Empire. Arrêtons- nous sur le travail remarquable de Chantal Liaroutzos "Les prophéties de Nostradamus : suivez la guide Réforme, Humanisme, Renaissance 1986) qui montre que plusieurs quatrains centuriques ont été des versifications en quatrains d'un guide touristique de Charles Estienne à l'usage des pélerins. Ce passage la prose aux vers nous aura conduit vingt ans plus tard, à étudier les rapports entre les textes en prose de Nostradamus et sa "poésie", ce qui nous permettra de conclure que tel texte en prose, servant d'introduction à une édition centurique avait disparu au vu de certains quatrains qui en dérivaient(cf notre étude sur l'epitre de Nostradamus à Pie IV). Il est, selon nous, peu probable, que Michel de Nostredame ait jamais été poéte (cf Anna Carlstedt, La poésie oraculaire de Nostradamus. Langue, style et genre des. Centuries. Cahiers de la recherche 28). Les quatrains de ses almanachs sont repris de ses prédictions annuelles en prose et sont probablement l'oeuvre de quelque versificateur stipendié, comme d'ailleurs les "faussaires "des Prophéties, antidatées (cf .jacques halbronn Etudes nostradamiques. Du recyclage des préface et des épitres). Dans bien des cas, on aura attribué à Nostradamus ce qui n'était pas de son cru (cf Gilles Polizzi Nostradamus, Tzara, Burroughs : la « machine à imiter le temps », ou les poétiques prédictives de la Renaissance aux temps modernes (2017) et l'on aura occulté ses visées prophétiques liées à l'année 1567 et à l'Antéchrist, remplacées par une fausse Epitre à Henri II en tête du second volet des Centuries. Notre travail aura notamment consisté à préférer aller voir en aval plutôt qu'en amont les "sources" des éditions centuriques, à la différence d'un Pierre Brind'amour qui explora ce que Nostradamus avait repris de la littérature passée. C'est ainsi que nous fimes scandale en 1997 à la Sorbonne. ( Les prophéties et la Ligue », Colloque Prophètes et prophéties au XVIe siècle, Cahiers V. L. Saulnier, 15) en montrant que tel quatrain de la prétendue édition Macé Bonhomme 1555, était lié aux circonstances politiques datant de 30 ans plus tard. D'aucuns objecteront qu'en matière de prophétisme, on peut toujours supposer une certaine appréhension du futur, un tel argument aura hypothéqué toute approche critique du corpus!. Dans son ouvrage, Paul Bertrand ( Forger le faux. Les usages de l'écrit au Moyen Age Ed Seuil 2025) montre que la fabrication de faux aura été une constante, montrant que "la papauté s'attaque aux faussaires dès le XIIe siècle (tournant" avec notamment Innocent III, pape entre 1198 et 1216).. Dans le cas des Centuries, il aura fallu constituer des bibliothèques dans lesquelles les faussaires auront eu tout loisir de puiser, quitte à se faire piéger par des faux antérieurs, allant jusqu'à récupérer des imitateurs de Nostradamus des années qui suivirent son décés en 1566. D'aucuns ont du mal à accepter que l'on ait ainsi pu imiter la production de certains libraires du temps de Nostradamus, voyant même dans ces similitudes des preuves mêmes d'authenticité. Nous nous sommes notamment intéressés aux recueils de pièces dont on nous affirme l'unité, alors que des interpolations ou des ajouts sont manifestes. Le début du Livre de l'Exode fait cohabiter le cas des Hébreux dont Moîse est issu et celui des Madianites vers lesquels il est missionné. Certains éxégétes et apologétes s'évertueront à affirmer que tout est cohérent. RAS. On peut ausi produite un faux en proposant une fausse interprétation d'un texte, comme dans le cas de la formule de Jésus quant aux "brebis perdues de la maison d'Israel", une lecture antisémite comprenant que ce sont les Juifs qui sont "perdus" alors que ce sont les Schismatiques du Royaume d'Israel, à la mort de Salomon, qui espèrent encore du temps de Jésus à se faire pardonner. La notion d'erreur nous semble ici importante dans le cas des faux, au sens de ce qui a été approprié et imité, repris. En effet, toute imitation est vouée à l'erreur, à la déformation, à une mauvaise transmission (cf notre mémoire (LINGUISTIQUE DE L'ERREUR ET EPISTEMOLOGIE POPULAIRE 1987) .Il faut alors montrer que les différences entre l'original et sa copie ne sont pas dues à quelque idiosyncrasie mais bien à une méconnaissance du systéme que l'on aura tenté de reproduire. C'est ainsi que l'emprunteur anglophone n'aura pas compris la dialectique écrit/oral du français et dans la plupart des cas, il s'en sera tenu qu'au niveau de l'écrit sans noter l'usage des diphtongues et la non prononciation des consonnes finales, d'où un déficit récurrent du pôle "vocalique".(ex prononciation de l'emprunt "president" Prononciation de PRESIDENT. Comment dire PRESIDENT en anglais, grâce aux prononciations audio - Cambridge University Press. Prononciation en anglais britannique Ressemble à preh·zuh·dnt Par ailleurs, l'anglais ne respecte pas la conjugaison française des verbes, dans ses emprunts au français, il utilise indifféremment la même forme à toutes les personnes du singulier comme du pluriel; I sing, we sing etc. Il se sert donc du lexique français mais il le traite de façon impropre. JHB 29 03 26

samedi 28 mars 2026

jacques halbronn Linguistique. comparée. Principes de consonantisation et de vocalisation.

jacques halbronn Linguistique. comparée. Principes de consonantisation et de vocalisation. En ce qui concerne la première conjugaison, on sait qu'il ne faut pas prononcer le "r" final : manger, parler à moins qu'il ne précéde une voyelle ou qu'il serve à former un futur. Mais qu'en est -il des finales en "ir", en "oir" comme dans finir, pouvoir? Qu'en est-il de " bonjour", "bonsoir"? Selon nous, le r à l'écrit ne saurait subsister à l'oral ou en tout cas doit être estompé , ce qui est d'ailleurs le cas en anglais pour power, flower, tower etc emprunts au français. D'ailleurs, le participe passé du français ne comprend même pas le "r" comme pour pu, su, vu, avec des finales vocaliques, comme il se doit. En ce qui concerne les finales en "ble",en "tre", l'anglais permute et prononce bel, ter (et parfois aligne l'écrit sur l'oral comme pour center). alors que le française réussit à vocaliser les finales de possible, noble, centre etc, ce qui s"ajoute à la matitrise de la diphtongue nasale, (ant, ment) assez peu respectée dans d'autres langues malgré le I don't, I can't qui font exception en anglais. Ajoutons que les liaisons compliquent encore plus l'identification et la séparation des mots à l'oral.Manger a son r final qui se prononce quand il y a un accusatif (objet) qui suit. La liaison est aussi une spécialité du français. Si l'on compare l'anglais et l'allemand, on note que l'allemand termine ses verbes par un "e" alors que l'anglais, à partir des mêmes racines est voué aux consonnes: think et denke, thank et danke, make et mache etc. Si le français a su gérer les connexions entre consonnes en début de proposition, ce dont témoigne à l'écrit l'usage des apostrophes et du shewa, il doit prendre exemple sur l'allemand du fait de sa réalisation défectueuse du e final. Le français écrit "je pense" devrait donc appuyer sur la finale "e", ce qu'il manque de faire alors que par ailleurs, il vocalise comme il convient le "je prends", "je sens", je vend gràce à son usage de la diphtongaison qui renforce le pole final vocalique à l'oral. Le eine de l'allemand versus le "une" du français qui produit une consonne finale du fait d'un e final silencieux. L'anglais ne respecte pas le principe de vocalisation des finales avec ses participes en "ed" (empruntés au français) qui a remplacé le ed par un e accentué. L'anglais péche donc par une hyper consonnantisation de ses finales. En ce qui concerne la prononciation de l'hébreu moderne,les lettres dites doubles (cf le Sefer Yetsira) indiquent en effet que certaines lettres peuvent avoir un double statut, ce qui vaut surtout pour Beith, le Kaph et le Pé.On note que le beith et le kaph servent à former des prépositions consonantiques, du fait du shewa mais cela ne vaut plus en pratique que pour le beith.(b'vaksha, b'seder) Au bout du compte, le français s'en tire mieux tant pour marquer le début que la fin d'un mot en sachant renforcer ces deux pôles, maintenant ainsi un équilibre entre la tête et la queue. L'hébreu (comme l'arabe) marque le possessif sur un mode suffixal à la différence des langues latines, germaniques ou slaves.Exemple: le Ecoute Israel, ce qui détermine une sonorité vocalique en fin de proposition. Veahavta ète Ado-naï Éloheikha, bekhol levavekha, ouvekhol nafchekha, ouvekhol méodekha. Vehayou hadevarim haélé, achère anokhi metsavekha hayom, al levavekha. Vechinanetam levanekha, vedibarta bam, bechivtekha beveitékha, ouvelekhtekha vaderekh, ouvchokhbekha ouvkoumekha. Oukchartam leote al yadekha, vehayou létotafote beïne einekha. Oukhetavtam al mezouzote beitékha ouvicharekha Mais se pose la question du possessif masculin ou féminin avec la finale en "a" comme d'ailleurs pour le pronom personnel préfixé en Ata, reprise dans le suffixe de Vaahavta (futur avec vav conversif) "Tu aimeras". Que dire de la bénédiction Baroukh Ata, Sois Beni, qui mélange les deux marqueurs de genre: consonne finale ou voyelle finale? Se pose ainsi la question de la finale en "a" y compris pour les langues latines et slaves, ce probleme ne se posant pas en revanche pour le français ni pour les langues germaniques.(sauf dans le cas des prénoms féminins en a, influencés par l'italien,Patricia etc). Selon nous, la finale vocalique est masculine alors que la consonne initiale est féminine. C'est pourquoi Ata est le pronom personnel de la seconde personne du masculin singulier, en hébreu et At le pronom personnel du féminin singulier. Mais dans ce cas, l'hébreu ne devrait pas inverser un tel code pour les adjectifs M gadol/F gedola גדולה Autre anomalie déjà signalée le pronom personnel de la première personne Ani devrait servir de suffixe pour le prétérit au lieu du "Ti" lié à la seconde personne. Ce défaut existe également pour l'arabe. Mais j'ai pensé Hahshavti, לחשבתי est impropre, il faudrait dire Hashavni (avec le noun que l'on retrouve au pluriel de la première personne, Hashavnou) Anahnou. JHB 28 03 26

mercredi 25 mars 2026

acques halbronn Linguistique La question des articles définis et indéfinis L'article arbitraire

jacques halbronn Linguistique La question des articles définis et indéfinis L'article arbitraire Selon nous, l’article indéfini commmence par une voyelle tant en français (un), qu’en italien (uno), en anglais (an) ou en allemand (ein) alors que l’article défini commence par une consonne, le/la/les, the, Der, die, das, et au féminin en italien et en espagnol: la. Or, comme nous l’avons exposé dans de précédents textes, à l’oral, la consononantistion caractérise le début et la vocalisation le fin d’un mot ou d’une proposition. Cela nous invite à réfléchir sur les fonctions respecives de ces deux types d’articles et à la portée de leurs qualificatifs respectifs Selon nous. ce qu’on appelle article indéfini devrait s’appeler défini et vice versa. On passe d’une généralité à une sélection. Dire « un ^peuple » – un certain peuple – c’est signifier qu’il en existe d’autres; L’article défini serait donc générique et global; pourquoi donc devrait-on le qualifier ainsi? Sur Wikipedia »En grammaire, un article indéfini est une sous-catégorie de déterminant indéfini, qui participe à l’actualisation du nom noyau en indiquant simplement que le représenté, le référent (la chose, l’animal, la personne dont il s’agit), existe bien, mais demeure inconnu des actants de l’énonciation : c’est l’outil type de la détermination incomplète. Il s’oppose ainsi à l’article défini, qui lui, présuppose que le référent soit connu des actants de l’énonciation. En français, l’article indéfini prend deux formes au singulier : « un » et « une » ; et une seule au pluriel : « des » (forme mixte ou forme épicène) :Un jardin ; une maison ; des jardins ; des maisons. » Sur le web Les articles définis désignent quelque chose d’unique. L’objet ou la personne qui est introduit par un article défini est identifié, on connaît cette chose ou cette personne. Par exemple : Regarde, c’est le pull que j’ai acheté. Comment tu le trouves ? ➡️ Nous voyons ce pull et nous pouvons l’identifier. Les articles définis permettent également d’introduire les pays. Par exemple : La Russie est un pays magnifique. Ils sont également utilisés avec les verbes de goûts. Par exemple : J’adore le chocolat. Je déteste les gens malhonnêtes. Les articles indéfinis : jacques halbronn Linguistique La question des articles définis et indéfinis . L'article arbitraire. dans LINGUISTIQUE art_indef Les articles indéfinis désignent quelque chose qui n’est pas unique. L’objet ou la personne qui est introduit par un article indéfini n’est pas identifié, on ne connaît pas cette chose ou cette personne. Par exemple : J’ai croisé un ami ce matin. ➡️ Nous ne savons pas qui est cet ami, nous ne pouvons pas l’identifier. Les articles indéfinis sont également utilisé avec l’expression « C’est » + « un » + groupe de nom Par exemple : C’est une jolie voiture ! Nous identifions cette voiture ici, cependant on utilise un article indéfini, car on exprime le fait que c’est une jolie voiture parmi toutes les autres voitures. #La différence entre les articles définis et indéfinis : La différence entre les articles définis et indéfinis se trouvent donc dans l’objet ou la personne qui est désigné. Si l’objet ou la personne est connu et identifié, on utilise les articles définis. Au contraire, si l’objet ou la personne n’est pas connu ni identifié, on emploie les articles indéfinis. » Or, selon nous, une telle re/présentation est défectueuse. Il y a là certes quelque paradoxe constituant un obstacle épistémologique. Car l’article défini est très général, il correspond à ce qui est en puissance alors que l’article indéfini viserait le passage de la puissance à l’acte? avec tout ce que cela peut avoir de réducteur, de restrictif. Les electeurs ont à choisir un (certain) député, un (certain) président. L’article indéfini répond à la question; quel, lequel, laquelle?; ce qui demande précision. Parmi tous les possibles, il faut opter pour une seule option et pas 36. Victor Hugo : « Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là » En fait, l’on bascule aisément du pluriel de l’article défini au singulier de l’article indéfini; L’article indéfini s’oppose à une généralité. Quid de la préposition » « en »? Sur le web « Préposition marquant en général la position à l’intérieur d’un espace, d’un temps, d’un état. » Or, l’article indéfini correspond à une telle définition : le « un » indique une appartenance à un ensemble plus large. Le un, c’est l’individuel qui ne peut être décrit qu’au sein d’un collectif.(les gens) et en ce sens, l’on pourrait parler d’un article non pas indéfini mais « arbitraire » Commentons ce Commandement ! Exode 20 …2Je suis l’Eternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte, de la maison de servitude. 3Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face » Ce Dieu est un parmi d’autres et il est devenu « ton » dieu, le dieu de ton choix. On voit bien ici que l’usage de l’article défini est la conséquence d’un choix. C’est un dieu devenu subjectivement le dieu, mon dieu. On sait théologiquement à quel point les peuples on tendance à présenter un certain dieu comme le seul dieu possible tout comme le choix d’un partenaire va vouloir se présente comme le seul choix envisageable, les autres choix étant qualifiés d’exclus, d’impossibles. La formule ‘Il était une fois » « » JHB 25 03 26

mardi 24 mars 2026

jacques halbronn Phonologie du français . Le double rôle du "e". L'apostrophe préfixal et l'accent suffixal. Comparaison français/allemand

jacques halbronn Phonologie du français. Le double rôle du "e". L'apostrophe préfixal et l'accent suffixal. Comparaison français/allemand En hommage à "L'orthographe d'usage rendue facile", texte de notre grand mère maternelle (il y a 70 ans), Claude Jonquière La lettre "e" ses deux usages. Ce qui est assez déroutant en français tient au fait que tout dépend non pas de la lettre mais de son emplacement. C'est ainsi que le "e" en début de mot doit se limiter à connecter deux consonnes entre elles et donc se faire "silencieux" alors qu'en fin de mot, il doit se faire entendre puissamment de façon à renforcer une présence "vocalique". Or, dans bien des cas, le locuteur fait l'inverse en français; Il ne prononcera pas le e à la fin des mots laissante le champ libre à une consonne alors qu'en début de mot, il conservera une certaine sonorité. L'allemand a gardé une bonne pratique pour le e terminal. Alors que le français ne prononcera pas le "e" de une, l'allemand rendra "eine", en insistant sur la finale, garantissant ainsi la présence "vocalisée" in fine. Cependant, le français, grâce à la diphtongaison nasale permettra la vocalisation finale On dira "nation" là où l'allemand rendra par "Nazion" avec finale consonantique. En ce qui concerne le "e" initial, l'allemand sera-t-il en mesurede connecter deux consonnes comme y parvient la prononciation française de l'écrit? Si en français on peut dire "j'n'sais pas", formant un groupe consonantique, l'allemand ne dispose du "je", ni du "ne" comportent un shewa/ La plupart des langues qui nous sont connues n'ont pas les moyens de produire une telle connexion, spécialité du français. Ainsi, que dire de l'italien avec so Io, son No. Quant à l'anglais, fortement marqué par le français,il use de formes négatives comportant une voyelle: I don't (pour I do not), I can't (pour I cannot), le o étant ici traité comme un e. Ci-desssous un article de l'Académie du Français authentique) qui distingue justement la position initiale de la position finale. On partira d'un texte mis en ligne par cette Académie: "Comment trouver la lettre finale muette d’un mot ? Astuces Comment savoir si un mot se termine par une lettre muette ? Comment savoir que dans le mot « chat », il faut écrire un t à la fin ? Je te propose deux petites astuces pour te rappeler d’écrire les consonnes muettes à la fin des mots. Première astuce : transforme le mot au féminin. Par exemple, le féminin de vert est verte. Tu entends le son t. Tu peux donc déduire qu’il existe un t muet à l’adjectif masculin vert. Voici d’autres exemples : grand → grande : la lettre finale est d ; inclus → incluse : la lettre finale est s ; joli → jolie : il n’y a pas de lettre muette. Deuxième astuce : prends un mot de la même famille. Reprenons l’exemple du « chat ». « Chat » et « chaton » sont de la même famille. Dans le mot « chaton », il y a un t au milieu. Tu peux donc conclure qu’il y a un t muet à la fin du mot « chat ». Nous avions déjà abordé cette question à propos de nos travaux de description du français en relevant le rôle de la lettre "e" comme agissant sur la prononciation d'une consonne. Petit, consonne muette Petite : consonne activée. Si la consonne ne se prononce pas, cela favorise la vocalisation (au sens de voyelle). Dans grand et grande, se pose le probléme de la nasalisation/diphtongaison mais dans ce cas faut-il garder la diphtongue au féminin alors que bonne par rapport au masculin bon, n'est pas nasalisée?. Les liaisons conduisent à prononcer la consonne finale du fait qu'elles connectent celle-ci avec la voyelle du mot suivant. Mais, il ne faudrait pas oublier le cas de lettres non pas finales mais initiales, car on est là face à une dialectique consonnes en début de mot et voyelles en fin de mot, ce que ne signale pas cette Académie du Français authentique. Il y a un principe d'équilibre que nous sommes probablement le premier à avoir formulé . D'où l'importance du traitement de la lettre "e", cette lettre est pivotale, en ce qu'elle peut être accentuée en fin de mot, comme dans le cas d'un participe passé comme "chanté" et elle devient "muette" (Shewa) en début de mot pour évacuer le son "vocalique avec notamment, mais pas systématiquement, l'usage de l'apostrophe signe d'élision) comme J't'aime au lieu de Je t'aime, ce qui génére un son consonantique "jt". Dans cet exemple, Je t'aime, on note un début consonantique mais il importe de produire un son vocalique à la fin, donc de faire entendre le "e" comme cela se pratique en allemand oral : kleine (petite) comporte une combinaison "kl" consonantique et une finale "vocalique" si l'on prononce le e final. eine kleine alors qu'en français oral, on prononcera le t" mais pas le "e" de p'tit". Si l"on ne prononce pas le e final, cela donne deux sons consonantiques en début et en fi de mot, ce qui va à l'encontre de notre principe d'équilibre (consonne au début, voyelle à la fin). C'est pourquoi nous recommandons désormais de bien prononcer le e final, faute de quoi nous laissons le champ libre à la tonalité consonantique! Pour l'adjectif "clair", qui commence par une consonne, il importe de bien faire entendre le e de claire, ce qui n'est pas ou plus respecté actuellement. Dans le cas de "je mange", il faut prononcer j'mange avec un e muet pour le pronom personnel de la première personne du singulier mais avec un e (sonore) pour terminer, ce qu'on peut marquer par un "eu". Il y a d'ailleurs une faible différence de sonorité entre j'mangeu et j'ai mangé. C'est le contexte qui nous renseignera. Idem pour je pense, à prononcer j'penseu avec le doublet consonantique "jp" et le final "eu". Cette forme "eu" se retrouve en français dans heureux, valeureux, mystérieux, voeu, lieu, deux etc On retrouve en allemand la forme "eu" dans heute, Freude, Leute, Deutschland, avec une autre prononciation proche du "o". Mais, selon nous, le rôle de l'accent était au départ de faire pendant à l'apostrophe - les deux signes se ressemblent- et non de produire le son "é" qui va de soi après un auxiliaire "j'ai mangé", l"accent est ici inutile mais bien le "e" à l'allemande. En fait l'allemand prononce systématiquement le e final, produisant une tonalité vocalique: Danke (merci) commence par une consonne "d" et se termine par un "eu" (selon notre code) Idem pour Bitte, s'il vous plait. Le féminin en final garantit la vocalisation : eine schöne Dame (une jolie femme) alors qu'en français on ne prononce pas le "e" de Dame ni le S au pluriel de "Mesdames", ce qui consonantise à tort la finale! Autrement dit, le e du français peut être un shewa en début de mot et un "eu" en fin de mot. Or si l'allemand assure mieux que le français en position finale, il est très inférieur en position initiale, ce qui tient à ses affixes. Face au "je" français, on a un "ich", face à un "ne" un nicht, face à un "te", un "dich" et ainsi de suite (mich, sich). Rappelons que pour nous sont à qualifier de préfixes les articles (le), les négations (ne), les possessifs (me, te, se), les démonstratifs (ce) les relatifs (que) comme dans "qu'est ce que tu me dis" qui doit se prononcer qu'est c'q'tu m' dis, avec à la fin un son voyelle/ En français, on a un écrit s'alignant sur l'oral: l'apostrophe est en principe inutile et de toute façon, dans bien des cas, tout se passe comme s'il y avait apostrophe alors que celle-ci est facultative. De le même façon, l'accent conforte le e final et neutralise la consonne qui le suit mais dans bien des cas, sa présence est facultative: clef (mais aussi pied sans accent). En réalité, c'est le e final qu'il faut renforcer en français car il tend, bien à tort, à devenir "silencieux"! Le e de "silence" doit s'entendre autant que "Ruhe" en allemand sans qu'il soit besoin d'un signe auxiliaire puisque le e final doit toujours se faire entendre. D'où notre régle, la prononciation d'une lettre ne dépend pas de sa qualité intrinséque mais de son positionnement, en tête ou en queue. L'usage de l'apostrophe et de l'accent sons subsidiaires, et dans bien des cas sous entendus. Dans l'état présent, il semble néanmoins souhaitable de mettre un accent sur le final en français, en raison d'une carence flagrante sur ce point alors que l'accent sur le e précédant une consonne pourrait disparaitre Rappelons qu'en français le participe passé en "é" a remplacé la forme "ed" conservée en anglais (wanted, changed, established etc). En hébreu qui a introduit le "shewa", cela fonctionne en final mais point en initial du fait de l'inadéquation des préfixes.(cf supra) On dfra que l'apostrophe équivaut au shew tout comme l'accent sur le e - selon la formulation que nous avons faite en amont- en est le contrepied. C'est par erreur que l'on prononce le e avec accent comme un 'é" alors qu'il s"agit du son "e" comme dans le chèvre DE Monsieur Seguin.Selon notre méthode alliant synchronie et diachronie, la symétrie de notre e" avec le shewa est bien plus significative et pertinente que l'usage actuel du e accentue. 19 03 26 JHB Archive vu sur le web Accents et signes auxiliaires - cours de français En orthographe, les accents et les signes auxiliaires aident à distinguer les phonèmes. Ils apportent un complément d'information utile pour présenter correctement un texte. Ils permettent de préciser les sons (intonations) à appliquer dans la prononciation. Ils comprennent :A- les accents (aigu, grave et circonflexe)- Accent aigu : Il se positionne uniquement sur le e.du bétail, des céréales, une élite, un démon, l'été, une bévue, un pré, du blé, une année, le lycée, la bonté, le café, un éléphant, agréable, chétif, céder, décéder, créé... - Accent grave : Il peut se trouver sur les voyelles (e, a, u).la chèvre, la mère, un procès, le progrès, le succès, le père, la fièvre, l'excès, il pèse, il achète, complète, à, là, voilà, après, auprès, près, très, où... - Accent circonflexe : Il peut se trouver sur les voyelles (e, a, o, i, u).la fenêtre, la bête, la forêt, l'hôpital, les hôtels, l'âne, la fête, une boîte, la grâce, une île, il s'arrête, nous fûmes, blême, même, extrême, mûr, sûr, dû, drôle.. B- l'apostrophe : L'apostrophe sert à marquer l'élision, c'est-à-dire la suppression de la voyelle finale de certains mots devant un mot commençant par une voyelle ou par un h muet. On ne dit pas : Le ours mais l'ours, le hôtel mais l'hôtel le+été > l'été - le+homme > l'homme - la+orange > l'orange - si+il > s'il - que+elle > qu'elle - te+appelle > t'appelle - se+attend > s'attend - ne+a > n'a - jusque+au > jusqu'au - de+un > d'un - de+autre > d'autre - se+y > s'y... C- le tréma : le tréma est un signe orthographique constitué de deux points juxtaposés que l'on place sur les voyelles (a, e, i, o, u). l'ouïe, une coïncidence, un aïeul, la faïence, Noël, aiguë, canoë, le maïs, coïncider, haïr, inouï, naïf , laïque, capharnaüm, maelström... D- la cédille La cédille est un signe graphique que l'on place sous la lettre c pour le prononcer[s]. Elle est placée devant a, o et u (sinon le c se prononce [k]). la façade, un remplaçant, il plaçait, nous lançâmes ... un glaçon, nous plaçons, le maçon, une rançon, la leçon... un reçu, déçu, vous reçûtes, il aperçut... E- le trait d'union Le trait d'union est un signe de ponctuation utilisé pour relier deux ou plusieurs mots. - Un cerf-volant - le sous-sol - dix-huit. - vingt-six. - l'arc-en-ciel - un rendez-vous , le rez-de-chaussée... - Elle-même, celle-ci, ci-dessus, ci-contre, ci-après, ci-joint, cette femme-ci, ce matin-là, là-bas... Aime-t-il le chocolat ? Peux-tu faire démarrer cette machine ? Prend-il assez d'élan pour sauter ? Ton permis, prends-le. Cette tarte, manges-en. "

lundi 23 mars 2026

L’influence du français sur l’anglais : plus d’un tiers des mots anglais proviennent du français. Brfitish Council

L’influence du français sur l’anglais : plus d’un tiers des mots anglais proviennent du français. British Counciel Mardi 24 septembre 2024 Parliament, poetry et beauty, des domaines entiers du vocabulaire anglais ont été importés de la langue française. Selon l'étude The Future of English: Global Perspectives par le British Council, les langues sont en perpétuelle évolution, ce qui encourage l'effacement des frontières entre elles. Près de deux milliards de personnes dans le monde et 39 % des Français parlaient l'anglais en plus de leur langue maternelle en 2017, selon le programme de recherche The Future of English: Global Perspectives du British Council. À l’occasion de la Journée européenne des langues, l'organisation britannique pour les relations culturelles et les opportunités éducatives réfléchit sur l’évolution de l’anglais comme langue étrangère dans différents pays ou territoires plutôt que langue maternelle donne lieu aux variantes de l’anglais désignées par le terme World Englishes. Les recherches du British Council soulignent que les langues sont dans un "état de flux" constant affaiblissant les frontières entre les langues. Cela s’applique également à l’anglais qui est utilisé de diverses manières, souvent dans des situations multilingues. Pour explorer cette tendance, George Wilson, Responsable des programmes d’anglais du British Council France, explique comment la langue française a laissé sa marque sur l’anglais. L’anglais : une langue plus française que prévue Selon George Wilson, plus d'un tiers des mots anglais sont généralement acceptés comme provenant de la langue française. Le plus grand afflux de nouveaux mots a eu lieu au cours des XIIe et XIIIe siècles après l'invasion normande de la Grande-Bretagne, lorsque le français normand est devenu la langue de la cour royale, de l'aristocratie et des différents appareils de l'État. Il n'est donc pas surprenant que les champs lexicaux du gouvernement (parliament, authority, tax), de la religion (prayer, abbey, saint), du droit (court, judge, prison) et de l'armée (artillerie, ambush, batallion) soient remplis de mots français, mais aussi ceux de la mode (boutique, couture, chic) et de la cuisine (buffet, restaurant, beef). Au cours des siècles suivants, lorsque la classe dirigeante normande s'est progressivement assimilée à la culture britannique, l'anglais est redevenu la langue nationale. La langue de Shakespeare a toutefois conservé les milliers de mots qu'il avait empruntés au français, les utilisant pour ajouter de la couleur et de l'élégance à son lexique. Une French Touch élégante De nos jours, il est difficile d'imaginer la langue anglaise sans tous les emprunts au français utilisés au quotidien. C'est particulièrement le cas lorsqu'il s'agit de parler formellement en anglais. Les registres soutenus de l'anglais sont remplis de vocabulaire d'origine française, tandis que le discours informel repose davantage sur les mots anglo-saxons. Cela fait sens, bien entendu, lorsque l'on considère que c'était l'aristocratie qui parlait français et non le peuple qui continuait à parler anglo-saxon. Ainsi, lors d'un entretien d'embauche, il vaut mieux dire que l’on offre assistance à nos équipes, tandis que dans un pub, le mot anglo-saxon help sera plus courant. Dans un café, on demandera quelles sont les saveurs de thé proposées avec le verbe anglo-saxon to ask, mais dans une lettre formelle il est plutôt recommandé de se renseigner sur la possibilité d’un emploi avec le verbe d’influence française to inquire. Cela explique pourquoi, selon les observations de George Wilson, l'anglais de ceux qui ont vécu longtemps en France a tendance à devenir progressivement plus formel sous l'influence des termes français qui les entourent. La place des World Englishes dans une réalité multilingue The Future of English: Global Perspectives est la première publication d'un programme de recherche mondial lancé par le British Council en 2020 qui explore les tendances façonnant l'utilisation de l'anglais. L'une de ces tendances est la reconnaissance croissante des variantes mondiales de l'anglais, ou World Englishes. Les incorporer davantage pourrait permettre à l'anglais de maintenir son statut de langue mondiale. Selon les mots de Mina Patel, Responsable de la recherche pour The Future of English : "Je pense que ces Englishes ont déjà une influence simplement en étant acceptées et en leur donnant un statut. L'anglais appartient à quiconque l'utilise. C'est, selon moi, la même chose pour n'importe quelle langue. Les variations locales de l'anglais se sont développées comme des lingua francas locales, y compris le Hinglish (un mélange de hindi et d'anglais en Inde) ou le Singlish (à Singapour, incorporant le chinois et le malais)." Les recherches menées auprès des enseignants montrent que, bien que la plupart soient conscients du concept de World Englishes, ils se concentrent encore en classe sur les formes britanniques ou américaines dites "standard", malgré le fait que leur propre modèle personnel et tout aussi légitime de la langue, notamment en termes de prononciation, imprègne la communication en classe. En ce qui concerne la certification en anglais, les tests les plus reconnus (IELTS, TOEFL et Pearson) tendent à se concentrer sur les formes "standard" et sont toujours respectées et utilisées. Il y a cependant une demande croissante pour des méthodes alternatives d'évaluation de l'anglais qui tiennent compte des différents anglais parlés dans le monde. Dans ce contexte, le rapport The Future of English prédit que, bien que les formes "standard" perçues de l'anglais continueront à exister à l'avenir, d'autres formes d'anglais seront de plus en plus utilisées dans le monde académique et au niveau de la politique éducative. Ainsi, les décideurs politiques qui comprennent comment l'anglais est utilisé localement seront mieux placés pour soutenir la communication en anglais de la manière la plus appropriée pour chaque contexte. Information sur le British Council Le British Council est l’organisation internationale du Royaume-Uni pour les relations culturelles et les opportunités éducatives. Nous nous attachons à développer des connaissances et une compréhension mutuelle entre les peuples du Royaume-Uni et ceux des autres pays. Nous tentons d’apporter une contribution positive aux pays avec lesquels nous travaillons en mettant à profit les ressources culturelles du Royaume-Uni – par le biais d’opportunités, d’échanges et de liens de confiance. Fort de plus de 90 ans d’expertise et présent dans plus de 100 pays, le British Council est un organisme mondialement reconnu dans l’enseignement de la langue anglaise, avec plus de 300 000 étudiants à travers le monde

Bernard Cerquiglini La langue anglaise n’existe pas, c’est du français mal prononcé

Bernard Cerquiglini La langue anglaise n’existe pas, c’est du français mal prononcé Le linguiste français Bernard Cerquiglini aimerait envoyer un exemplaire de son nouveau livre La langue anglaise n’existe pas, c’est du français mal prononcé au roi Charles III, « écrit sous le signe de l’humour, délibérément de mauvaise foi, arrogant, chauvin ». Avec ce titre provocateur, l’universitaire, qui a exercé différentes fonctions au sein d’institutions liées à la langue française, n’entend pas faire s’étouffer le monarque dans son thé du matin... Il veut mettre en lumière l’enchevêtrement linguistique transmanche depuis l’invasion du royaume d’Angleterre par le duc de Normandie Guillaume le Conquérant en 1066, pour mieux ridiculiser la résistance française aux « anglicismes ». « Mon livre, on peut le retourner aussi en hommage à la langue anglaise, qui a su adopter tant de mots », explique-t-il. « Ce qui me frappe, c’est la souplesse de l’anglais. Il y a des mots vikings, danois, français, c’est étonnant », relève ce vice-président de la Fondation des Alliances françaises dédiée à la promotion de la culture et la langue françaises. La conquête normande a introduit dans la langue anglaise le vocabulaire de la nouvelle aristocratie au pouvoir et doté l’anglais de mots comme « cabbage » (chou) qui vient en fait du normand caboche (la tête), dans les 150 ans qui ont suivi l’accession au trône de Guillaume le Conquérant. Les XIIIe et XIVe siècles voient une explosion des emprunts au français alors utilisé dans le commerce, l’administration et le droit. « Un emploi, des fortunes en terre ou en argent, le respect d’un contrat, la liberté ou même la vie d’une personne pouvaient dépendre de la maîtrise » de la langue, écrit le linguiste. La moitié de ces emprunts se produisent entre 1260 et 1400, comme le « bachelor » (célibataire) venu du français « bachelier » – jeune homme en apprentissage, notamment dans le monde de la chevalerie. Deux siècles plus tard, « 40 % des 15 000 mots des œuvres » du dramaturge William Shakespeare (1564-1616) « sont d’origine française », souligne M. Cerquiglini. Mais aujourd’hui, de l’autre côté de la Manche, certains s’arcboutent contre la place des mots « anglo-saxons » dans le français moderne, notamment à l’Académie française, chargée depuis 1635 de préserver la langue dans sa forme « pure ». « Des mots en formation » « La langue en France est officielle, étatique, nationale. Et donc, nous avons forcément une académie » avec « des académiciens qui ont un costume ridicule, une épée, un palais au bord de la Seine » à Paris, se gausse M. Cerquiglini. L’Académie a bataillé contre les termes nouveaux de la tech, comme le « big data », non sans succès puisque le « logiciel » a désormais largement bouté hors du français le naguère très répandu « software ». Elle s’est aussi insurgée contre les nouveaux mots de la pandémie de Covid-19, qu’il s’agisse de « cluster » ou de « testing ». Mais souvent pour le linguiste, l’arrivée de nouveaux termes « n’est pas une invasion » : « Ce sont des mots français qui sont allés en formation en Angleterre et qui nous reviennent », plaisante-t-il. Bernard Cerquiglini voit la riche pollinisation croisée entre l’anglais et le français comme un exemple pour la Francophonie – l’organisation qui rassemble les nations francophones. Madagascar utilise le français de la même manière que l’Angleterre il y a 800 ans, explique-t-il. « L’administration, le commerce, la littérature, tout s’y fait en français » parce que « pour l’instant, avec le malgache, on ne peut pas parler au monde, faire du commerce, de la science ». M. Cerquiglini place de grands espoirs dans la traduction automatique, qui pourrait préserver les langues locales tout en permettant une communication fluide. Longtemps, il s’est « moqué de la traduction automatique ». « Mais maintenant, c’est stupéfiant, (...) on traduit bien. En fait, on peut se comprendre, il y a mille façons, plutôt que d’appauvrir les langues. » Il dit espérer que l’anglais survivra à la tendance des dernières décennies à une forme simplifiée parlée dans le monde entier – le « globish » selon ses détracteurs français. « Ce globish est une parenthèse, un anglais appauvri. Il faut sauver l’anglais britannique, il faut que Charles III agisse (...) parce que les gens, au lieu d’apprendre l’anglais, cette belle langue, vont apprendre une langue pauvre. Et on va appauvrir nos conversations. » © Agence France-Presse JHB 23 03 26

mardi 17 mars 2026

jacques halbronn Linguistique La prononciation d'un mot dépend de sa place.

jacques halbronn Linguistique La prononciation d'un mot dépend de sa place. Si l'on applique la régle que nous avons posée selon laquelle les finales des mots devaient être "vocaliques " alors que les débuts de mots seraient consonantiques, et si l'on admet que les diphtongues ont un profil vocalique, du fait même de la consonne "n" adjointe à une voyelle et en quelque sorte la prolongeant, il ressort que les finales en "ing" devaient être au départ nasalisées, ce qui englobe un ensemble considérable de mots dans les langues germaniques comme "morning", comme les formes progressives en "ing" qui correspondent au participe présent français en "ant" - dont elles sont un calque-on trouve des mots en ing: comme thing, Ding, sing, ring, lang/long, alors qu'en français les formes en "ent" son toutes à l'oral nasalisées: je prends, je vends, je tiens, je viens,au singulier.On trouve en français loin, poing, soin, coin, moins. Mais cela vaut aussi pour l'infinitif allemand se terminant en "en": essen, schlafen, mögen, dürfen, Können etc Décidément, la forme en ing ou en in/en apparait comme un marqueur souvent tombé en désuétude. Il est d'autant plus étrange que le français ne nasalise pas ses emprunts à l'anglais en ing, du fait que l'anglais ne le fait pas ou plus. Mais le français - comme nous avons déjà eu l'occasion de le signaler entretient un rapport plus riche avec le "ing", il y a le soin mais il y a le verbe soigner, loin et éloigner,sang et saigner, avec permutation du g et du n. Cela signifie que les formes en "ing" sont des emprunts appauvrissants et incomplets au français, souvent réduits à un état suffixal comme le "ing". Notons en allemand la fortune des formes en "ung": Achtung, Ubersetzung etc. Un autre exemple de cette régle mophonologique que nous avons posée des finale suffixales et des initiales préfixes - ce qui semble assez logique- tient à la pratique des "diminutifs". Le propre du diminutif est qu'il reléve de l'oralité laquelle prend le dessus sur le stade de l'écrit. Cela vaut pour les finales en "ot", en "y": Jacquot, Jeannot, Pierrot, Dany, Dickie, Fanny,Jimmy , Jerry, Freddy etc. Sans un tel processus de suffixation, la présence de formes vocaliques en fin de mot ne serait pas respectée, il s'agit donc bien d'un reformatage systématique, suivant un schéma directeur plus ou moins inconsciemment. Marqueurs vocaliques et consonantiques. Le présent du français se termine par des consonnes (indicatif et subjonctif) alors que son passé et son futur se terminent par des voyelles Le participe présent du français se termine par du vocalique diphtongué "ant" qui devient en anglais "ing" (f supra) En anglais et en allemand, les participes se terminent par des consonnes comme, gesagt, gefragt, "wanted" usant de la forme français en "ed" se prononçant à la source sur un mode vocalique; changed/ changé. L'anglais consonnantise ainsi une forme français vocalique. Nos conclusons que français semble avoir seul conservé la religion de la dialectique consonnes au commencemet /voyelles -à la fin . Ainsi si le français ne prononce pas le "s" final en tant que marqueur du pluriel cela tient à ce qu'il s'impose une régle. on ne prononcera pas le d de pied pour préserver l'équilibre consonnes -voyelles.On refusera donc systématiquement toute prononciation finale d'une consonne pourtant figurant à l'écrit, ce qui nous conduit à affirmer que c'est la position d'une lettre qui détermine son statut vocalique ou consonantique et non sa qualité intrinséque. Exemple: pied, clef, évier, manger etc La même lettre, située autrement, ne se prononcera pas à l'identique. Inversement, en début de mot, les voyelles seront "muettes", ne se feront point entendre. Jusqu'à présent, les descriptions du français avaient butté du fait qu'elles n'avaient pas intégré un tel principe; En français, on a le droit de ne pas respecter la voyelle en début de mot ni la consonne en fin de mot/ /JHB 17 03 26

lundi 9 mars 2026

jacques halbronn Linguistique et phonologie. Rôle de l'euphonie et de la poésie au niveau oral.

jacques halbronn Linguistique et phonologie. Rôle de l'euphonie et de la poésie au niveau oral. Selon nous, on ne saurait traiter de l'oralité en linguistique sans faire la part de la quéte poétique, des pieds et des rimes. La dépendance de l'oral par rapport à l'écrit doit être maitrisée et modulée par les locuteurs, notamment en ce qui concerne l'alternance des consonnes et des voyelles, les unes devant marquer un commencement et les autres une fin. Pour respecter une telle régle, il importe de choisir ingénieusement les tournures, l'ordre des mots comme le font les versificateurs, les rimailleurs , ce qui sous tend la production d'une certaine musicalité du discours qui va formater la phrase. C'est ainsi que si l'on s'aperçoit que l'on va terminer sur une consonne et non, comme il conviendrait, sur une voyelle, l'on doit trouver des solutions, ce qui a d'ailleurs pu contribuer à forger la langue. Le subjonctif devra ainsi laisser le pas à l'infinitif: je veux que tu manges ne va pas car cela se termine par un son consonantique "mang') de même je pense ne va pas parce que pense se termine aussi par un son consonantique. 'pens') Il sera conseillé de passer par un participe (passé ou présent) ou par un infinitif (en "er") Il me faut travailler sera donc préféré à il faut que j'travaille. Dans nos travaux sur les Centuries (dans la mouvance nostradamique), le passage, la transmutation alchimlque de la prose aux vers se pose constamment. JHb 09 03 26

jeudi 5 mars 2026

jacques halbronn Anthropolinguistique. Epistémologie d'une théologie structurelle. La dualité des pronoms personnels;

jacques halbronn Anthropolinguistique. Epistémologie d'une théologie structurelle. La dualité des pronoms personnels; Notre idée d'une théologie structurelle implique une chose et son contraire, un nécessaire revers à la médaille, ce qui tend à égarer les chercheurs. D'aucuns veulent croire que le plan divin ne prévoit pas de dialectique et que s'il y a revirement, cela tient à quelque erreur ou accident de parcours venant fragiliser le dit plan; Attitude que nous jugeons blasphématoire. Il importe, tout au contraire, de faire apparaitre toute manifestation de dualité, tout changement de registre, de clef (au sens de la notation musicale) Nous appliquerons ce principe à la description des pronoms personnels en français en montrant la diffèrence de traitement entre la première et deuxième personnes, pour les pronoms personnels au singulier comme au pluriel, d'une part et entre la troisiéme personne du singulier et du pluriel. C'est ainsi que dans le premier groupe, on ne distingue par l'homme et la femme, logés sous une même enseigne alors que dans le second groupe, on trouve les formes "il (s)" et "elle(s)" On est donc en face d'un dispositif quaternaire (pair) et non pas ternaire (impair) Grammaticalement, ces deux groupes de deux vont fonctionner bien différemment. Le je et le tu, tout comme le nous et le vous sont des pronoms commençant par une consonne alors que il (s) et elle (s) sont des pronoms commençant par une voyelle, i ou e. On aura la proposition "tu manges" qui comporte une diphtongue à valeur vocalique (An) face à une consonne (Tu) alors que pour le second groupe, c'est la voyelle qui intervient en premier et la consonne en second il mange et dans ce second cas, mange ne sera pas traité comme une diphtongue vocalique. Il reviendra au locuteur de trancher dans un sens ou dans un autre, soit en insistant sur la consonne, soit en l'éclipsant. Donc "tu manges" devra s'entendre sans la consonne écrite "g" mais comme "tu man(ges)". On pourra donc dire je pen (se) avec finale vocalique mais on dira " elle pense", avec finale consonantique. On expliquera cette différence de statut quant au passage du je et tu vers le il et elle, en ce que le je et le tu reléve du dialogue entre deux personnes placées en vis à vis alors que le "il(s)" ou le "elle(s)", surtout au pluriel, sont moins déterminés. Psychologiquement, il s'agit du passage de la psychologie féminine à la psychologie masculine, l'une se fixant sur des personnes bien définies (moi et toi, nous et vous) et l'autre traitant de problématiques plus générales, moins personnelles. JHB 05 02 2

Jacques halbronn Phonologie L'équilibre oral sons voyelles et sons consonnes en français. L'écrit n'est qu'une matière première

Jacques halbronn Phonologie L'équilibre oral sons voyelles et sons consonnes en français. L'écrit n'est qu'une matière première Pour mener à bien une bonne description du français, il importe de se situer au niveau oral où les finales écrites constituées par des consonnes sont en réalité à être classées comme "vocaliques":portez, porter se prononcent pareillement dans un registre vocalique, tout comme d'ailleurs, le participe "parted" qui a laissé place à "parté", l'écrit s'alignant alors sur l'oral, tout comme pour l'usage des apostrophes en début de mot, ce qui équivaut à un shewa.(cf infra) Approcher le français par le biais de l'écrit reléve d'un contre sens/obstacle épistémologique majeur/ La logique intrinséque au français passe par la répartition égale, l'alternance des sons voyelles et des sons consonnes, à l'oral mais pas forcément à l'écrit, l'oral ayant vocation à avoir le dernier mot.; C'est ce qui le place au dessus des autres langues que nous qualifierons de pré-adamiques et qui s'accommodent d'un certain désordre, d'une anarchie. propre au modéle évolutionniste darwinien -se livrant au hasard,, sorte de loi de la jungle. Le modéle créationniste (Intelligent Design) est duel, donc en quête d'équilibte et d'équité. La régle du français telle que nous la décrivons à la façon dont Kepler a décrit la dynamiques des sphères, au début du XVIIe siècle, veut qu'à un groupe consonantique féminin fasse pendant un groupe vocalique masculin. mais pour parvenir à produite un tel effet, cela impliqe de recoourir au "shewa" et à l'apostrophe, c'est à dire à 9 prépositions préfixales en de, le, se, me, que, re,,ce,je, ne, C'est ainsi que l'on écrira en français "je ne veux pas d'eau", ce qui se prononcera j'n'veux pas d'eau. là où en d'autres langues, on dira no quiero agua. en absence de shewa. La négation étant en "no" et non en "ne", par exemple. La combinatoire "j'n"" trouve son pendant dans "veux pas", puisque le français utillise une double négation "ne - pas" De même on dira en français "je veux de l'eau" soit à l'oral "j'veux d'l'eau" et non comme dans d'autres langues Give me water en l'asbence de prépositions, ce qui ne permettra pas de combiner deux consonnes entre elles "jv" et "dl" dans l'exemple donné. La forme "eau" constitue de son côté un groupe vocalique en "o" équilibrant ainsi symétriquement le groupe consonantique. Pour celui qui apprend le français autrement que par l'immersion propre à la langue maternelle, le seul effort rédactionnel demandé à l'écrit pour ajuster les prépositions n'aura d"égal que celui consistant en réaliser la proposition à l'oral. Véritable casse tête pour l'émetteur faisant pendant au casse tête du récepteur, surtoiu si l'on ajoute la liaison. C'est ainsi que dans le métro, il est indiqué "prière de ne rien oublier". qui se prononcera "prière d'n' rien -oublierr", avec liaison entre rien et oublier! On notera que dans son ouvrage Initiation à la langue latin et à son système, (Ed Sedes, 2011), Simone Deléani ne fait aucune référence d'ordre structurel à la dialectique consonnes- voyelles., ce qui semble indiquer que cette question aura été largement négligée pour servir à la description des langues. Or, pour nous, la langue adamique s'articule sur l'alternance consonnes féminines, (antérieures) voyelles masculines (postérieures), ce qui disqualifie les marqueurs de genre de type o ou a. Autrement dit, il importe de remplacer la dialectique de l'écrit entre consonnes et voyelles par celle de l'oral entre sons -consonnes et sons -voyelles puisque la diphtongue est assimilée à un son voyelle bien que comportant la consonne "n" tout comme les finales en er, ez, et la conjonction et ont valeur de voyelle à l'oral. C'est l'oral qu détermine la valeur voyelle ou consonne. JHB 05 03 26

mercredi 4 mars 2026

jacques halbronn Linguistique. La formation des affixes/ Le propre et le figuré. La morphologisation.

jacques halbronn Linguistique. La formation des affixes/ Le propre et le figuré. La morphologisation. Selon nous, la préfixation de « Mal » est assimilable à l’instauration d’ un préfixe négatif, parfois remplacé par « in », « un » (anglais, allemand), alors que dans la Bible, le Mal renverrait à une certaine puissance associée au Diable. Le mot utilisé dans Genése II ne sert pas de préfixe en hébreu.וָרָע (ra) pas plus d’ailleurs que son opposé le « bon » טוֹב (tov) Genèse III כב וַיֹּאמֶר יְהוָה אֱלֹהִים, הֵן הָאָדָם הָיָה כְּאַחַד מִמֶּנּוּ, לָדַעַת, טוֹב וָרָע; וְעַתָּה פֶּן-יִשְׁלַח יָדוֹ, וְלָקַח גַּם מֵעֵץ הַחַיִּים, וְאָכַל, וָחַי לְעֹלָם. 22 L’Éternel-Dieu dit: « Voici l’homme devenu comme l’un de nous, en ce qu’il connait le bien (tov) et le mal (ra). Et maintenant, il pourrait étendre sa main et cueillir aussi du fruit de l’arbre de vie; il en mangerait, et vivrait à jamais. » sur le web En fait, tout se passe comme s’il s’agissait d’un préfixe négatif en dialectique avec un préfixe positif. On a affaire ici à une théologie structurelle et non point conjoncturelle comme une certaine exégése biblique tendrait à le faire accroire. Entendons par là la mise en oeuvre d’une alternance cyclique entre présence (bon) et absence (mal) qu’il ne s’agit pas de prendre à la lettre du Bien et du Mal. Le fait que dans Genése I, Dieu voit alterner le soir et le matin montre bien que cette dualité fait partie intégrante du Plan de la Création, avec alternance de deux volets. Le corpus ci dessous met en évidence à quel point l’usage du mot « Mal » en français, d’ailleurs souvent méconnaissable sous sa forme « mes », « mé », « mis ». sur le web « Quelle est la difference entre les préfixes « més- » et « mal- »? « Pendant la lecture de quelques livres, j’avais vu assez des mots liées au préfixe « més », tel comme mécontent, mésuser, méprendre, méconnaissance… Pourtant, c’est aussi habituel de trouver mots avec le préfixe « mal », malheureuse, malchance… Parfois il paraît que « més » parle d’une chose qui manque, tandis que « mal » est placé pour créer un adjectif expressif d’une chose mauvaise, mais je ne suis pas sûr. » Certes, ces préfixes indiquent une situation fâcheuse mais cela ne va pas plus loin. Un nom servant de préfixe tend à perdre son sens propre premier. Le préfixe Mal fait pendant au préfixe Bien (béné) comme dans le couple malédiction, bénédiction Malchance, méfait, malgré bon an mal an,,, maléfice, maugréer malentendu, malversation, malfunction, mécréant, mal élevé, mal appris, malheur mauvais, malin, maladroit, malaisé, malchanceux, mécontent, malveillance, mal parti,méconnu, mépris/méprise, mal voyant, malhabile, mal séant, mauvais choix, médire, mistake, misfortune, misdeed;, mismatch; misfit, malformation mauvaise action, mauvais geste, mal toléré, mal comporté, On trouve aussi « pas mal ». En français, « bon’ est utilisé comme préfixe: bon et bien et bene (bénédiction): »Bonne nuit, bienvenue, bienfaisance, bonne chance, bon voyage, bon appétit, bonne santé, bonne soirée, bonne année, bonne journée etc » Toute la question ne tourne-t-elle pas autour de l’Erreur plus que de la Faute, même si en français, on parle de « faute d’orthographe ». Le discernement ne consiste-t-il pas à savoir repérer l’erreur? Et ceux qui en sont capables (animés par l’Esprit Saint, dirait Jakob Boehme; dans son Aurore Naissante) ne sont ils pas voués à conduire les peuples? En ce qui concerne la préfixation de l’opposé de Mal, à savoir Bien,Bon, l’on note que dans les langues d’origine germanique, l’on trouve couramment en position suffixale « full » et « voll » expressions plus imagée que les réductions de Mal en Mis ou Mé. comme Beautiful, fruitful, graceful, grateful, faithful mais aussi l’injure « full of shit » etc même si la préfixation est courante: en français, on a fructueux, gracieux qui se passent de la forme lourde « full’ Sur le web ‘:Principales traductions. Anglais, Français. graceful adj, (movement), gracieux, gracieuse adj. The cat was very graceful as it jumped up into the tree’.. En allemand, on trouve des suffixes en vol ou en reich français riche) faisant pendant à Full/ L’anglais, de par son statut hybride, du fait de l »emprunt, recourt aux deux méthodes alternativement alors que le français use d’une suffixation plus abstraite/ A l’allemand wertvoll, liebevoll, sinnvoll … le français proposera précieux, amoureux, pécheur sans référence à « plein »; On retrouve toutefois, en français, une expression comme ‘Marie pleine de grâce » fait exception. On parlera d’un stade de morphologisation, de réduction en vue de produire des affixes, tant préfixes que suffixes. L »hébreu ne semble pas avoir généré des préfixes à partir de « ra » (mauvais) et de tov (bon), ce qui indique un sous développement morphologique. Il a use en revanche de suffixes adjectivaux. Boker tov: bon matin (bonjour), erev tov bonsoir, shavoua tov: bonne semaine. (à la fin du Shabbat). En conclusion, nous dirons que l’on a affaire à un phénoméne plus morphologique que sémantique, d’où notre rejet d’une théologie conjoncturelle autour de la Faute d’Adam.On relévera les formules duelles: bon an mal an; bon gré, mal gré, le L se changeant en U dans maudit. / JHB 04 03 26

lundi 2 mars 2026

Bernard Dantier “Ferdinand de Saussure, Synchronie, diachronie, structuralisme et histoire autour de la langue”.

Bernard Dantier “Ferdinand de Saussure, Synchronie, diachronie, structuralisme et histoire autour de la langue”. L’œuvre du linguiste suisse Ferdinand de Saussure constitue la référence centrale des « structuralistes » (parmi lesquels nous pouvons citer Claude Lévi-Strauss et Michel Foucault auxquels des textes sont consacrés dans cette collection). Ce « structuralisme », rappelons-le, repose d’abord sur un choix méthodologique dont l’extrait ci-joint condense la théorie initiale. Avec cet extrait nous insistons sur la nécessité, dans toute recherche en sciences sociales, de mesurer la présence et l’influence du facteur « temps » sur le mode d’étude autant que sur le fait étudié. Il s’agit de repérer puis de distinguer foncièrement l’étude des « évolutions », la « diachronie » d’une part, et d’autre part la « synchronie », l’étude des « états ». Ces deux axes d’approche doivent en effet être séparés radicalement, car chacun projette (« le point de vue créant l’objet ») un cadre phénoménal spécifique qui, s’il est mêlé à celui de l’autre, s’expose à la dénaturation. Ferdinand de Saussure s’oppose de la sorte aux méfaits d’une confusion qui a souvent faussé autant la définition des problèmes que leur traitement. Certes, tout objet étudiable provient d’une origine, d’un « avant », mais étudier sa formation n’est pas pour autant saisir sa forme, celle-là devenant la déformation de celle-ci si l’une se superpose à l’autre. C’est « l’étant », ici et maintenant, qui doit être d’abord identifié à l’objet. De même convient-il de s’abstenir de toute prospective s’aidant de la prise en compte de « tendances ». Le savant se doit d’être « descriptif » face à ce qui se présente, puis « explicatif » (souvent le premier verbe valant le suivant ou du moins le conditionnant) en s’abstenant d’être normatif et d’induire les observations vers des « devant-être ». En effet, en ce qui concerne la science sociale que constitue la linguistique, c’est « l’état », immédiatement présent, qui donne d’abord son existence et son efficience à l’objet « langue ». La langue, n’existant que synchroniquement pour les sujets parlants, hors de tout passé, de toute évolutivité, constitue un système, une « structure », dont tous les éléments sont des valeurs relatives et interdépendantes les unes des autres. Dans un « état » envisagé « synchroniquement », nous n’avons affaire essentiellement qu’à des rapports, des oppositions et des différences dans un ensemble qui, par ailleurs, est identique à lui-même en tous ses points. D’une certaine façon le « tout » est dans la partie autant que celle-ci se loge dans celui-là. Dans la langue tout se vit si simultanément et immédiatement (synchroniquement) que n’existe aucune antériorité (diachronique) d’une quelconque intention de l’esprit. En effet, il n’y a pas d’abord des concepts et des liaisons entre concepts (des composantes et un fonctionnement de l’esprit) qui ensuite produiraient des mots et des syntaxes pour leur faire exprimer après-coup ce qui leur aurait préexisté. Au contraire, la langue opère la coproduction et la rencontre entre un « esprit » et une « matière phonique » qui se structurent mutuellement dans l’instant. Parce que tout est immédiatement et totalement donné dans la langue, la synchronie linguistique est le champ de la conscience des sujets, tandis que les domaines explorés par la diachronie semblent davantage avoir trait à leur inconscient si tant est qu’ils exercent une influence effective sur leur esprit parlant (aussi certaines références à l’inconscient, de la part de certains « structuralistes », n’apparaissent pas vraiment conformes à l’approche synchronique). Tandis donc que la langue, le système collectif, réside dans la synchronie, c’est la « parole », ce passage à l’acte de la langue par chaque individu, qui surtout impulse les changements diachroniques. Avec la parole, nous entrons dans l’histoire. Ces changements sont d’abord des incidents propres à tel ou tel usager de la langue (qui en elle-même est un système en équilibre s’autoconservant); ces incidents, répétés, imités, acceptés finalement par la collectivité, finissent comme faits de langue et deviennent partie intégrante d’un système pérenne jusque à ce que d’autres incidents, etc. Mais toujours n’est modifié qu’un élément : les faits diachroniques, successifs, sont isolables en chacune de leurs discontinuités. Ainsi, des transformations dans la prononciation atteignent isolément une syllabe ou un mot, pendant que, au contraire, les faits synchroniques intéressent toujours une ou des relations entre des éléments qui ne sont jamais séparables l’un de l’autre. Aussi, dans l’approche synchronique, la nécessité s’avère-t-elle absolue d’étudier l’intégralité de cet ensemble et non pas ses parties, même par addition successive (démarche qui serait plutôt celle de la diachronie): il convient de partir du « tout » pour aller ensuite à l’élément qui reçoit toujours son unité, sa forme et son sens de l’influence de tous les autres éléments en interaction. La langue se présente ainsi comme un système totalement autonome et arbitraire, sans autre assise que lui-même, dans son pur présent. Autrement dit, c’est dans un moment actuel, séparé de toute conscience rétrospective (ou même prospective), que le système linguistique fonctionne. Sur le cours de l’histoire, la diachronie, quant à elle, perçoit et retient des « événements » toujours particuliers : or l’événement est une notion sans rapport avec l’étude synchronique d’une situation où se trouvent les permanences des simultanéités. Pour ceux qui utilisent la langue, rien ne survient, rien ne change si ce n’est des modulations dont les virtualités sont toujours présentes, depuis toujours. Les « nouvelles » formes lexicales qui « apparaissent » étaient déjà potentiellement contenues dans les ressources matricielles du système linguistique. Autrement dit, rien n’est créé dans la langue et il n’est question que de modifications de forme sur un fond continu. Si la langue est donnée telle quelle, c’est parce qu’elle fait partie des institutions sociales ; plus précisément elle est « fait social » ainsi que l’entend à la même époque Émile Durkheim, fait qui, en tant que tel, ne dépend pas des individus et s’impose à chacun par l’intermédiaire de la pression collective qui correspond à une organisation sociale préétablie. C’est par cela que l’étude de la langue offre une entrée à l’étude de la société. Toutefois, se préoccupant de l’étant tel qu’il est donné, l’étude synchronique ne récupère néanmoins pas tout ce qui se rend présent dans la simultanéité : La synchronie choisit et découpe son objet dans l’espace, objet qui existe en soi et qui l’intéresse, tandis que la diachronie élargie son étude temporelle à un comparatisme spatial qui peut devenir très rassembleur. Mais qu’on ne s’y trompe pas. Il n’y a de système que particulier. La recherche « structuraliste » ne peut ambitionner la découverte d’une « loi », loi entendue comme rapport nécessaire effectif en tout temps et tout lieu. En effet, la langue se trouve toujours limitée à un temps et un espace donnés. Au point de vue synchronique la langue fonctionne non pas en raison de « loi », car en fait elle évolue dans son organisation, mais plutôt selon des accords conventionnels et des correspondances logiques toujours circonstancielles. Ainsi, en dernière analyse, toute langue pourrait être organisée autrement qu’elle n’est, et ainsi ne peut-on déceler aucune loi impérative dans son principe. Quant aux changements perçus diachroniquement, eux aussi échappent à toute loi en étant plutôt des incidents particuliers qui tout au plus se répètent plus ou moins similairement dans leur forme sans jamais se reproduire invariablement et universellement. Malgré les démarcations tracées, la distinction méthodologique entre diachronie et synchronie n’implique pas, tant s'en faut, un ostracisme de l’une par l’autre. Il n’est question que de délimiter les champs d’étude qui peuvent cependant servir de complément l’un à l’autre. L’étude diachronique complète l’appréhension synchronique en permettant de mieux comprendre (par l’enchaînement des successions) la construction du système ainsi que son fonctionnement (en montrant par exemple la permanence de ses relations internes fondamentales et les réadaptations opérées pour rendre plus efficaces ces relations). Le lien qu’il convient de conserver entre les deux modes d’étude s’avère d’autant plus important que la distinction saussurienne entre synchronie et diachronie a influencé chez certains théoriciens une profonde séparation des rôles entre par exemple histoire, affectée aux changements d’un état, et sociologie, attribuée à l’organisation factuelle de cet état. Mais, selon nous, cette distinction « structuraliste » comporte ses limites quand elle prétend s’appliquer à autre chose qu’à la langue. Si, en effet, les sujets parlant ne font référence, synchroniquement, qu’à l’état présent de la langue, les êtres humains vivant la société et y agissant l’appréhendent eux systématiquement à travers le temps, dans la temporalité, entre un passé, un présent et un avenir. N’oublions pas que ce qui fait l’une des principales qualités du social est aussi le changement, l’évolution, les ruptures affectant son état. Il peut sembler donc réducteur d’appliquer le modèle structuraliste saussurien à n’importe quel domaine de l’humain, ainsi que Ferdinand de Saussure lui-même s’en est bien abstenu en ne se faisant que « linguiste ». (Avant de lire l’extrait suivant, rappelons-nous que ce texte n’est pas directement de la main de Ferdinand de Saussure, mais de celles de ses élèves lors de son enseignement oral, le « maître » n’ayant pas eu le temps avant sa mort de rédiger le grand ouvrage que ses cours préparaient). Bernard Dantier, sociologue 31 décembre 2008.

Jean Perrot La linguistique descriptive

La linguistique descriptive Par Jean Perrot I. Les caractéristiques d’une langue 1. Caractères externes 2. Caractères internes II. Les techniques de description La linguistique descriptive a pour but la description de tous les langages que la recherche peut atteindre. Il ne suffit pas d’accumuler des matériaux informes. Une langue est un système dont il faut saisir l’économie et une institution dont il faut définir le cadre. Ni l’étude historique, ni l’étude typologique d’une langue ne sont sérieusement réalisables sans une description exacte et précise. Les bonnes descriptions ne sont possibles que si la linguistique descriptive prend conscience de tous les aspects de son objet et se donne, pour l’approcher, une méthode rigoureuse. Il a existé une tradition descriptive liée à l’état pré­scientifique de l’étude des langues. C’est sur des bases logiques que les grammairiens de l’Antiquité gréco-romaine ont analysé le grec et le latin. La langue est apparue comme un instrument logique se modelant sur des catégories universelles de la pensée ; il en résultait que toutes les langues pouvaient être décrites selon le même schéma. La continuité de l’enseignement du latin en Occident et la persistance de la grammaire générale jusqu’à l’époque moderne ont maintenu une méthode descriptive fausse, qui a défiguré la réalité de langues comme le français. L’enseignement de la grammaire française reste profondément marqué, malgré les progrès de la linguistique, par cet état d’esprit. Un Français pourvu d’une bonne instruction est généralement incapable de dire combien sa langue compte de voyelles et de consonnes, ou comment elle marque l’opposition des genres et des nombres ; il répond par des considérations orthographiques à des questions qui portent sur des faits de structure ; et il ne peut concevoir qu’il existe des langues qui ne fassent pas la distinction du nom et du verbe. Quand il s’agit de décrire les langues non indo-européennes de types très divers dont on peut maintenant avoir une bonne connaissance, le choix s’impose d’une méthode descriptive fondée uniquement sur des bases linguistiques. Certaines langues non indo-européennes ont bénéficié d’une tradition grammaticale indigène qui s’appuyait sur le sentiment de la langue chez les sujets parlants. Mais, en présence de langues nouvellement découvertes, ou qui n’ont fait l’objet d’aucune description valable, l’analyse n’est guidée par aucune connaissance préalable. La linguistique descriptive poursuit en permanence la discussion de ses méthodes. Du moins peut-on formuler quelques principes, en fonction des caractéristiques générales des langues. I. Les caractéristiques d’une langue Une description est une étude synchronique portant sur un état de langue donné à un moment donné, état défini par des caractères externes et internes. 1. Caractères externes Les langues se définissent d’abord par certains caractères externes, en fonction des groupes sociaux qui les parlent, et qui déterminent l’extension de leur domaine, la nature des fonctions de relation qu’elles assument, leur fractionnement en un plus ou moins grand nombre de variétés internes, leur lien avec certaines formes de civilisation matérielle et morale. Il y a des langues nationales, les seules dont on puisse délimiter l’extension avec précision, parce que leurs limites correspondent à des limites politiques. En tant que langue nationale, le français a pour limites celles du territoire occupé par la nation française ; encore la situation est-elle compliquée par la présence de Français hors du territoire français proprement dit. Une même langue peut être commune à plusieurs nations : l’anglais est la langue nationale de la Grande-Bretagne et des États-Unis. Une même nation peut avoir plusieurs langues : ainsi la Belgique et la Suisse. Mais l’existence d’une langue nationale n’exclut pas la présence de variétés régionales plus ou moins divergentes. On a vu l’importance et la complexité des notions de dialecte, de patois, de parler. Quelquefois une partie de la nation parle une langue totalement distincte des variétés de la langue nationale : ainsi, en France, la Bretagne possède l’ensemble de parlers dénommé breton, langue celtique qui se parle encore à côté de la langue nationale. Il est donc très difficile de délimiter le domaine géographique d’un langage ; il faut également tenir compte de l’existence de sujets bilingues. Le dénombrement des sujets parlant une langue n’est pas moins difficile. Les divisions religieuses peuvent se manifester sur le plan linguistique ; le judéo-allemand ou yidich, parler germanique qui a été d’abord celui des Juifs d’Allemagne, est devenu le langage commun aux communautés juives disséminées de la Baltique à la mer Noire et s’est même trouvé transporté aux États-Unis. Dans les cas où les communications s’établissent entre des groupes linguistiquement très divers, on assiste au développement de langues de relation dites aussi langues de communication, ou langues véhiculaires. Il peut y avoir adoption de la langue ordinaire d’un des groupes en relation, ou bien utilisation de langages plus ou moins rudimentaires. Même dans le premier cas, il y a généralement simplification de la langue dans l’usage parlé commercial : ainsi pour le malais qui sert de langue commerciale dans le Sud-Est asiatique. C’est un anglais à grammaire simplifiée et à vocabulaire phonétiquement déformé qui a fourni la base du pidgin-english (pidgin = business déformé : « anglais des affaires ») constitué en Extrême-Orient et où se mêlent des éléments divers, chinois notamment. Il s’est formé des « pidgins » dans diverses régions du monde : ainsi le beach-la-mar (ou biche-lamar, bêche-de-mer, terme d’origine obscure) du Pacifique, mélange d’anglais, de malais, etc. La colonisation européenne, quand elle s’est accompagnée d’une importation de nègres d’Afrique dans les pays colonisés, a entraîné la constitution de langues créoles à base de français, d’espagnol, etc., déformés, langues parlées à la fois par les colons et par leurs esclaves noirs. On donne le nom de sabir ou de lingua franca (termes qui à l’origine s’appliquaient à des langages à base d’éléments romans, surtout italiens, utilisés jadis sur les côtes méditerra-néennes) à des langages de relation qui n’ont qu’un vocabulaire réduit et une grammaire très rudimentaire. On parle aussi de jargons commerciaux, notamment dans certaines régions d’Amérique : mobilien ou chinook de l’Amérique du Nord, dont le vocabulaire de base est fait d’éléments indiens. Il faut encore distinguer les langages particuliers des différentes catégories sociales, plus ou moins différenciés selon les sociétés (éventuellement langages de castes, de sociétés secrètes, langages distincts des hommes et des femmes). Certains groupes se différencient en utilisant des argots à vocabulaire particulier, qui ont été définis (M. Cohen) comme des « langages parasites » ; il existe aussi des « prolongements du langage normal » nécessités par des besoins particuliers : ainsi les langues techniques. Les caractères particuliers des langues littéraires ont été déjà signalés. M. Cohen a proposé d’employer le terme de langues « en conserve » dans des cas comme celui du latin, maintenu dans des emplois importants à l’état figé après sa disparition comme langue vivante. Enfin, un cas particulier est celui des langues fabriquées pour un usage international, comme l’espéranto ; leur condition de langues artificielles et auxiliaires leur donne une place spéciale. 2. Caractères internes Toute langue se compose d’éléments qui se répartissent sur plusieurs plans. A) Sons et phonèmes L’aspect matériel d’une langue se présente comme une combinaison de sons qui résultent, en général, de la vibration de l’air venant des poumons dans la respiration. Certaines langues utilisent aussi des clics, produits sans participation de la respiration, par une sorte de succion. L’émission d’une grande variété de sons est rendue possible par le jeu combiné et très complexe des cordes vocales, du voile du palais, de la luette, de la langue, de la mâchoire inférieure, des lèvres. Les cordes vocales, sortes de lèvres à tissu élastique, prennent dans le larynx des positions variables ; elles peuvent s’appliquer contre les parois, ou se rapprocher, diminuant le passage de l’air, ou entrer en vibration et agir par là sur la colonne d’air, y déterminant des vibrations périodiques d’où résulte un son musical, le ton laryngien. L’appareil vocal comporte, outre ce renforçateur, des résonateurs constitués par des cavités dont le volume et la forme varient en fonction de la position des organes qui entrent en jeu : principalement la cavité pharyngobuccale, compartimentée en chambres variables, et la cavité nasale, obstruée si le voile du palais se relève. La phonation ou émission des sons est donc réglée par des facteurs nombreux qui déterminent pour les sons certains traits distinctifs. Dans le cadre de la syllabe se définissent des éléments dont les fonctions sont complémentaires, les voyelles et les consonnes. Il y a ouverture, plus ou moins grande, du canal par où passe l’air dans la production des voyelles et divers modes de fermeture plus ou moins poussée dans la production des consonnes. Il y a une zone frontière qui explique qu’on parle de semi-voyelles : une légère modification de l’articulation entraîne, pour les voyelles les plus fermées, une réalisation consonantique : ainsi la lettre i note-t-elle une voyelle (i) dans cil, mais une consonne (y) dans aïeux (ayö) ou bien (by?). Les voyelles et généralement les semi-voyelles sont sonores, c’est-à-dire que leur émission comporte une vibration des cordes vocales. Les consonnes peuvent être sonores ou sourdes (pas de vibrations des cordes vocales) : t est sourd, d est son correspondant sonore. Les sons des voyelles ont des qualités spécifiques ou timbres, en fonction des modifications qui affectent l’appareil vocal : positions combinées de la langue (qui reste à plat ou se relève plus ou moins vers l’avant ou vers l’arrière du palais) et des lèvres (position neutre, rétractée, avancée). On distingue notamment des degrés d’aperture, c’est-à-dire d’ouverture (du canal laissé libre), et des régions d’articulation (suivant la région du palais vers laquelle la langue s’élève plus ou moins). On parle de voyelles ouvertes ou fermées(e est ouvert dans père, fermé dans dé), de voyelles d’avant ou antérieures, prépalatales (ou, à tort, palatales), et de voyelles d’arrière, ou postérieures ou postpalatales ou vélaires ; i est une voyelle antérieure, u, c’est-à-dire la voyelle notée en français ou, est une voyelle postérieure, articulée avec avancement et arrondissement des lèvres : on parle en ce cas de voyelles arrondies. Il faut tenir compte de la hauteur musicale, dont les variations, appelées tons, peuvent affecter l’émission d’un même timbre vocalique et jouer un rôle très important (voir p. 106). Pour les consonnes, le classement tient compte des régions ou des points d’articulation avec plus de précision : si le canal est fermé plus ou moins complètement par rapprochement des lèvres, l’articulation est labiale (p, b, m) ; s’il l’est par application de la pointe de la langue contre les dents supérieures, les gencives, ou le sommet du palais dur, on distingue, suivant le point d’articulation, des dentales (t, d), des alvéolaires, des cérébrales ou cacuminales (de cacumen, en latin « sommet » du palais dur) ; s’il y a rapprochement d’une partie plus ou moins centrale ou postérieure de la langue vers une partie variable du palais, l’articulation est palatale, soit prépalatale (à l’avant), soit médiopalatale (au milieu), soit postpalatale ou vélaire (à l’arrière – on dit à tort gutturale) ; les laryngales sont articulées dans le gosier. Les consonnes ont des modes d’articulation variés : fermeture momentanément complète ou occlusion et bruit à l’explosion brusque qui libère le souffle : occlusives (p, t) ; fermeture d’abord complète, puis maintenue incomplètement : affriquées (ts, qui est mieux noté ts ) ; fermeture incomplète plus ou moins prolongée : constrictives ou spirantes ou continues (f), désignées dans certains cas par le bruit qui en résulte : sifflantes (s, z), chuintantes (š, écrit ch en français : roche) ; une fermeture partielle continue avec mouvements particuliers de la langue produit des liquides du type l, dont on rapproche le type r, parfois à battements (r roulé). Certains traits particuliers peuvent marquer l’articulation des consonnes, qui seront dites aspirées (léger souffle accompagnant le relâchement), mouillées (léger flottement dû au rapprochement du dos de la langue vers le palais), glottalisées (accompagnement d’une certaine articulation glottale). Il y a des distinctions communes aux consonnes et aux voyelles : elles sont orales si l’air est émis uniquement par la bouche, nasales s’il y a une émission importante par le nez (ainsi pour les consonnes m, n et pour des voyelles telles que ã, noté an ou en en français, ou õ noté on) ; selon la durée de la tenue des organes au point d’articulation, on parle de différences de quantité : voyelles et consonnes présentent des variétés longues ou brèves. Le classement esquissé ici est fondé sur les articulations. Les recherches modernes en ont montré les faiblesses : il néglige le caractère mouvant des articulations, les phénomènes de compensation (même effet acoustique obtenu par des moyens articulatoires différents), etc. On peut envisager un autre classement, d’ordre acoustique. On sait depuis longtemps que les qualités acoustiques propres des voyelles (sons musicaux) et des consonnes (bruits) correspondent à certains traits de structure acoustique. Grâce aux techniques modernes d’analyse (voir p. 27-28), on parvient progressivement à préciser ces traits et à en tirer les principes d’une classification nouvelle des sons. D’autre part, les unités phoniques que décrit la phonétique générale sont des abstractions ; dans la réalité, les sons se groupent dans des mots qui ne sont eux-mêmes que les éléments constitutifs de chaînes parlées, et la réalisation de chaque son est en partie conditionnée par la nature des sons voisins ; ainsi, en français k a une articulation sensiblement différente (les appareils utilisés en phonétique instrumentale font apparaître la différence) dans cave (devant un a d’articulation antérieure), dans cas (a d’articulation postérieure), dans cou (voyelle vélaire u) ; dans papa, le second p est articulé en général plus faiblement que le premier, parce qu’il est placé entre deux voyelles et que la fermeture nécessaire à l’articulation de l’occlusive p s’est relâchée entre les temps d’ouverture correspondant à l’émission des deux voyelles, sous l’effet du principe du moindre effort. Mais l’intention du sujet parlant est d’articuler un p et il ne se rend pas compte qu’il articule autre chose qu’un véritable p occlusif, si on ne lui donne pas le moyen de prendre conscience de ce fait. Dans le cas du k cité précédemment, il en est de même ; et comme les variétés de k sont liées chacune à des conditions d’entourage spécifiques, l’ensemble des variétés de k constitue un son distinctif unique k ; ce son est distinctif en tant qu’il est le support matériel de la distinction entre deux mots tels que cas et gars, c’est-à-dire ka et ga avec un a de même nature, ou cou et goût, etc. Ces sons distinctifs sont dits phonèmes ; ce sont les unités constitutives du système phonologique d’une langue ; les réalisations phonétiques de cette langue admettent beaucoup plus de variété. Les systèmes phonologiques sont inégalement riches. Exemples: Voyelles : Exemple de système pauvre : eskimo : i, a, u. Système riche : français : « système minimum » commun aux différentes régions et couches sociales (d’après A. Martinet) pour les voyelles orales : Diagram montrant des flèches entre "avant" et "arrière" avec des voyelles au-dessus et une flèche étiquetée "aperture croissante". L'image représente un diagramme avec des flèches et des étiquettes en français. Il y a deux mots principaux : "avant" et "arrière". Entre ces deux mots, il y a une flèche double pointant des deux côtés, indiquant un mouvement ou une relation bidirectionnelle. Au-dessus de la flèche, il y a des voyelles et des symboles : "i", "e", "î", "ô", "u", "a", "o", "ù", et "ü". À droite du mot "arrière", il y a une flèche pointant vers le bas avec l'étiquette "aperture croissante". et il faut ajouter les nasales : ? suscrire delta avec tilde \tilde { \delta } õ et il faut ajouter les nasales : ã ? et ö tendant d’ailleurs à se confondre (? dans brin, suscrire dérivée partielle avec tilde \tilde { \partial } dans brun). Consonnes : Système pauvre : les langues polynésiennes en général, et particulièrement le tahitien dont le système est le suivant (d’après A. Sauvageot) : L'image montre des catégories de sons : occlusives, constrictives, nasale, liquide, semi-voyelles avec des exemples de lettres. L'image contient une liste de sons classés en différentes catégories. Les catégories sont "occlusives", "constrictives", "nasale", "liquide" et "semi-voyelles". Chaque catégorie contient des symboles représentant des sons spécifiques. Les "occlusives" incluent les symboles "p", "t", "k" (représenté par "ɡ" dans l'image). Les "constrictives" incluent "f" et "v". La "nasale" comprend "m" et "n". La catégorie "liquide" contient "r". Enfin, les "semi-voyelles" incluent "w" et "y". Les sons sont présentés dans une disposition simple avec chaque catégorie et ses sons correspondants listés côte à côte. Système riche : yokouts, langue indienne de la famille pénou-tia, en Amérique du Nord (d’après S. Newman) : Tableau avec des lettres et symboles représentant différentes voyelles et consonnes en français.
Occlu- sives Affri- quees Spi- rantes Na- sales Li- quides Semi- voyelles
Labiales Dentales Cacuminales Prépalatales Glottale- laryngale ppp t tt' t t t' kk' k' 5 ciii S S. h- mm' nn' 1l' Ww' yy'
La description du phonétisme d’une langue doit également inclure l’étude des groupements de phonèmes, qui sont plus ou moins complexes et plus ou moins stables : groupes de consonnes tels que bl, fr, etc. Les groupements qui apparaissent comme les unités composantes des mots sont les syllabes, qui ont des structures variables et donnent lieu à des études de constitution syllabique. En outre, divers accidents phonétiques peuvent se produire dans le cours du débit, en particulier des actions d’assimilation et de dissimilation. Des phonèmes contigus ou plus ou moins proches peuvent, par influence de l’articulation de l’un sur l’articulation de l’autre, prendre des caractères communs et même devenir identiques : c’est l’assimilation, comme dans absent prononcé apsent, avec b assourdi en p devant s sourd. L’action inverse est la dissimilation : ainsi dans le cas de corridor prononcé colidor (on évite la répétition d’une articulation dans le même mot : le second r dissimile le premier). Ces actions déterminent dans l’aspect des mots des changements accidentels qui peuvent s’imposer, comme on le constate souvent en linguistique historique (voir p. 70-71). Des variations de hauteur et d’intensité interviennent aussi dans le cours du débit ; on a vu le rôle du ton dans l’émission des voyelles ; mais les phénomènes prosodiques, qui sont fondés sur ces variations, jouent à des niveaux autres que celui des fonctions distinctives de la phonologie : l’accent (à dominante d’intensité ou de hauteur) organise la chaîne parlée en unités accentuelles successives en rapport avec la syntaxe de l’énoncé ; l’intonation présente des schémas qui varient en fonction des types d’énoncés (assertion, interrogation, exclamation, ordre) et de la façon dont le locuteur organise l’information qu’il veut faire passer dans le message (voir p. 50-51). B) Le lexique Le matériel phonique d’une langue sert à la constitution de mots. L’ensemble des mots d’une langue constitue son vocabulaire ou lexique ; l’étude des significations qui s’y expriment et de leur évolution fait l’objet de la sémantique. Le lexique est souvent composite, et se modifie rapidement par acquisition ou abandon de termes. Ainsi, le lexique du français comporte, à côté des termes qui appartiennent à la langue depuis une époque reculée (mots hérités du latin, emprunts germaniques anciens, etc.), des termes qui s’y sont introduits beaucoup plus récemment et qui ont été plus ou moins adaptés quant à la prononciation et à l’orthographe ;redingote (attesté depuis le xvii e siècle) est une adaptation à la fois phonétique et graphique de l’anglais riding-coat ; football est prononcé futbol ou futbal, ce qui représente, même dans le premier cas, une adaptation au phonétisme français, mais conserve l’orthographe anglaise. D’autre part, le vocabulaire d’une même langue comporte des registres variés : termes « vulgaires » ou « choisis », langues techniques, langue poétique, etc. Les emprunts peuvent être plus nombreux et homogènes pour certaines couches de vocabulaire : ainsi les termes anglais dans le vocabulaire sportif français. Un lexique comprend, à côté des « mots » (père, table, parler, etc.), des instruments de formation (de dérivation) qui ont servi à constituer des ensembles de mots et qui servent encore plus ou moins à constituer de nouveaux termes : ainsi les suffixes et préfixes du français : -iste (artiste, dentiste, étalagiste, etc.) ; -tion (réparation, fondation, finition) ; -able (aimable, secourable, périssable) ; dé- (défaire, déranger) ; ex- (exporter, expurger), etc. Dans certaines langues, la formation des mots présente des aspects plus complexes. En français, loger, logement, logeable, logeuse sont bâtis sur un élément radical log- (lož-) constant ; mais en indo-européen les alternances (voir p. 46-47) intervenaient aussi pour la formation des mots, d’où en grec, par exemple, tém? « je coupe », tómos « coupure » (alternance tem/tom). Quelquefois des mots pleins s’associent dans certai-nes conditions pour constituer des mots composés : français porte-plume, allemand Wehrmacht « force (Macht) de défense (Wehr) » : c’est la composition. La masse d’un lexique peut se répartir en catégories variables. La distinction du nom et du verbe n’est pas un fait morphologique général ; elle est nette dans les langues indo-européennes, mais en chinois, par exemple, un même mot invariable est employé pour désigner aussi bien une chose qu’une action correspondante. Les parties du discours se présentent donc de façon très différente selon les langues. Dans certaines langues, les objets sont répartis en classes (par exemple : êtres humains, liquides, végétaux ligneux, végétaux herbacés, etc.) ; la distinction des genres (masculin, féminin, neutre) est un fait du même ordre. Comme ces classes et genres se reconnaissent à des marques morphologiques distinctes, leur étude entre dans le cadre de la morphologie traditionnelle, de même que l’étude des nombres (singulier, pluriel, et éventuellement d’autres distinctions, duel pour un groupe de deux, triel pour un groupe de trois, ainsi que le collectif), bien que ces notions soient liées à la désignation des objets et intéressent donc le lexique. La masse d’un lexique est plus ou moins considérable. Le Dictionnaire de l’Académie française, qui ne comprend pas les termes techniques, réunit environ 35 000 mots ; mais on a estimé que 500 ou 600 mots suffisent à assurer la communication nécessaire aux besoins essentiels. C) Le système grammatical Chaque langue a une grammaire ; au sens le plus large, la grammaire embrasse l’ensemble des éléments constitutifs d’une langue ; en un sens plus restreint, la grammaire est l’ensemble des marques, c’est-à-dire du matériel qui sert à marquer des oppositions et relations variées entre les notions exprimées par les mots du lexique assemblés dans des phrases. Certaines oppositions intéressent, on l’a vu, le lexique : ainsi les oppositions de classes ou de genres ; mais il suffit qu’elles s’expriment par des marques, des éléments caractéristiques, pour qu’elles entrent dans le cadre de la morphologie, étude de ces marques ou morphèmes (grec morph? « forme »). Ces oppositions intéressent des notions très variées : nombre, genre, situation dans le temps, rôle actif ou passif à l’égard de l’action, relation aux personnes, etc. D’autre part, les marques grammaticales spécifient les relations entre les éléments constitutifs des énoncés. Ainsi, dans la phrase française : Les grands arbres du bois ont été abattus par le bûcheron, on reconnaît cinq éléments lexicaux désignant des notions : grand, arbre, bois, abattre, bûcheron. Mais les notions qui s’expriment dans cette phrase sont spécifiées sous certains rapports : pluriel (les grands arbres) par opposition au singulier (le grand arbre) ; passif (ont été abattus) par opposition à l’actif (ont abattu), et en même temps fait accompli par opposition au passé répété ou vu dans son déroulement (étaient abattus), au présent (sont abattus), ou au futur (seront abattus) ; on parle alors de catégories grammaticales du nombre, de la voix, du temps ; ce sont les notions qui s’expriment au moyen des morphèmes (les pour le pluriel par opposition à le, et liaison -z- dans grands arbres, par opposition à la liaison -t- dans grand arbre). Les morphèmes servent aussi à traduire des notions d’un autre ordre : les relations entre les éléments de la phrase. Ainsi par, mot-outil dit préposition, introduit le complément bûcheron dont il marque la fonction d’agent du « procès » abattre. Ici la marque est donc d’une autre espèce, et en même temps les oppositions ont un caractère beaucoup moins simple : à par répondent des prépositions nombreuses : à, de, avec, devant, etc. La constitution des phrases est l’objet de la syntaxe, qui étudie à la fois l’organisation de la phrase simple réduite à une proposition unique comme dans l’exemple cité, et l’organisation de la phrase complexe qui réunit plusieurs propositions (il me dit que les grands arbres…). Les relations syntaxiques peuvent se traduire par des marques du même type que celles des catégories telles que nombre, genre, voix, etc. (Voir plus loin la flexion.) Les catégories grammaticales sont très variables suivant les langues. Nous opposons en français un singulier et un pluriel, dans la catégorie du nombre ; mais l’opposition de nombre peut comporter d’autres degrés : le grec ancien conservait (avec tendance à l’élimination) un duel, pour les groupes de deux : ho lúkos « le loup », t? lúk? « les (deux) loups », hoi lúkoi « les loups ». L’indo-européen avait, en face de l’indicatif, à la fois un subjonctif, exprimant la volonté et l’éventualité, un optatif exprimant le souhait et la possibilité, et un désidératif marquant le désir ou l’intention. En latin, il ne subsiste qu’un subjonctif en face de l’indicatif : le glissement des valeurs (des formes de subjonctif ayant fourni un futur à l’indicatif, des formes d’optatif ayant reçu des emplois du subjonctif) s’y traduit par une simplification des oppositions. On voit ainsi se définir d’une manière spécifique, dans chaque langue, des fonctions associant des notions à des moyens d’expression. Les notions sont les catégories grammaticales, les moyens d’expression sont les procédés morphologiques. Ceux-ci sont également très variables selon les langues. Les éléments de base, qui appartiennent au lexique et qui portent les marques, sont dits, d’une manière générale, éléments radicaux. Ils ne se présentent pas toujours avec la même structure et les termes dont on les désigne varient. Dans une langue comme le français, on parle d’un radical chant- du verbe chanter parce que chant- est l’élément commun de (je) chante, (nous) chantons, (je) chantais, etc. ; mais on peut rapprocher de chanter des formes telles que chanson ou cantatrice qui se relient par le sens et plus ou moins par la forme au radical chant- : en fait, il y a là un ensemble de mots qui se relient à un radical latin can- (verbe can? « je chante »). Ce radical latin can- représente un élément lexical indo-européen kon au-delà duquel on ne peut pas pousser l’analyse ; cet élément est caractérisé par deux consonnes entre lesquelles peut apparaître une voyelle ; ici la voyelle manque au départ dans la formation du verbe latin cité : il y a « degré réduit », avec développement entre les deux consonnes d’un timbre vocalique d’appui qui aboutit à a de can- ; le même type de structure s’observe dans l’ensemble des éléments lexicaux indo-européens les plus simples auxquels puisse aboutir l’analyse ; on parle alors de racine. Le sentiment de la racine est plus ou moins net dans les langues ; le développement qui a abouti au français a pratiquement fait disparaître le sentiment de la racine ; on ne peut parler que de radicaux, en tenant compte, toutefois, du rapprochement qui s’établit entre des radicaux plus ou moins voisins par la forme et par le sens, constituant des « familles de mots ». Dans les langues sémitiques, les racines sont très apparentes. Les procédés morphologiques se répartissent en types divers qui sont plus ou moins combinés dans la constitution des formes d’une même langue. Les marques peuvent être des modifications des éléments radicaux (alternances) ; quand ce sont des éléments variables adjoints (cas très fréquent), on leur donne le nom général d’affixes ; suivant la position, les affixes sont dits préfixes (préposés), suffixes (postposés), infixes (insérés) ; les deux premières catégories sont de beaucoup les plus représentées. a) Alternances Les alternances sont des jeux d’oppositions au sein d’éléments morphologiques partiellement variables dans des conditions déterminées. Ainsi, une même racine indo-européenne men- peut se présenter dans des formations différentes sous les formes men, mon, mn ; on parle alors d’un degré e, d’un degré o (c’est-à-dire d’un degré plein avec voyelle e ou o) et d’un degré réduit ou zéro (pas de voyelle) ; cette « alternance vocalique » était un procédé morphologique essentiel en indo-européen ; il en reste des traces plus ou moins importantes : ainsi dans les variations de vocalisme des verbes forts de l’allemand : brechen « casser », prétérit brach, participe passé gebrochen. Ces exemples montrent des alternances dans des racines : c’est un procédé fréquent dans les langues où la racine est apparente. Exemple pour l’arabe classique, racine ad « tuer » : qatala « il a tué » (a – a), ya-qtulu « il tue » ou « tuera » (zéro – u), qutila « il a été tué » (u – i), q?tilun « celui qui tue » (? – i). Les alternances peuvent également affecter les consonnes, ou l’accent de hauteur ou d’intensité, dont la place peut varier. b) Adjonction d’éléments variables Les marques grammaticales peuvent être des éléments adjoints, de façon variable, aux racines ou aux radicaux. Quand ces éléments n’ont pas d’existence autonome et se présentent comme la finale nécessaire et alternante des mots, on leur applique la dénomination de désinences, c’est-à-dire de terminaisons, et le jeu de ces éléments constitue la flexion des mots où ils apparaissent. La flexion était un procédé général en indo-européen, et les langues du groupe l’ont plus ou moins conservé ; le latin avait une flexion à six cas dans les noms, pour marquer différents rapports : ainsi, un mot tel que dominus « maître » se présente comme un ensemble de formes fléchies à désinence variable : dominus, domine, dominum, domin?, domin? (forme unique pour deux cas qui se différencient dans d’autres types de mots), et une série analogue au pluriel. Cet ensemble de formes fléchies représente une des déclinaisons des noms en latin, où il existe d’autres séries correspondantes de morphèmes matériellement différents, mais de fonction identique. La conjugaison des verbes présente aussi des types divers. D’autre part, ces morphèmes sont polyvalents, c’est-à-dire qu’un morphème unique représente plusieurs marques : une forme comme bon?rum de l’adjectif latin « bon » est définie par le morphème arum comme un génitif (cas du complément de nom en général), comme un pluriel (le singulier correspondant serait -ae) et comme un féminin (accordé avec un nom au génitif masculin pluriel, l’adjectif aurait la forme bon?rum). Le procédé subsiste partiellement en français : le présent de l’indicatif d’un verbe comme parler offre trois formes (avec des distinctions complémentaires purement graphiques) : parle (-s, -nt), c’est-à-dire phonétiquement parl(?), parlons (parlõ), parlez (parle). Ceci définit un jeu de trois désinences : zéro (ou ?)/õ/e, ajoutées à un radical parl-. Mais, en même temps, le jeu des pronoms-sujets (je s’opposant à tu et à il, etc.) complète et précise les oppositions. Quand les éléments variables sont des affixes plus nettement isolables que les désinences, et plus individualisés (monovalents), par suite susceptibles d’être accolés en nombre plus ou moins grand dans un même mot, on parle d’agglutination. Ainsi en hongrois : ház « maison » ; házak « maisons » ; házban « dans (la) maison » ; házakban « dans (les) maisons ». En eskimo, la suffixation est très poussée et il en résulte des mots très longs, conglomérats d’éléments accessoires très variés, accolés à un élément lexical de base ; les mots-phrases sont fréquents. Exemple : qasuii suscrire gamma avec point en chef \dot { \gamma } sa suscrire gamma avec point en chef \dot { \gamma } ?i??a Symbol mathématique S élevé à la puissance 2. L'image représente un symbole stylisé qui semble être une lettre "S" avec une ligne horizontale traversant le milieu. Ce symbole est souvent utilisé pour indiquer un accès ou un service spécifique. Dans ce contexte, il pourrait signifier un accès pour personnes handicapées ou un service d'assistance. Le fond de l'image est simple et ne contient pas d'autres éléments distincts. Le symbole est clair et facilement reconnaissable, ce qui en fait un indicateur efficace pour les personnes ayant besoin d'assistance. siññitluina suscrire gamma avec point en chef \dot { \gamma } na?puq  [1], « on n’a absolument pas réussi à trouver un lieu de repos » : mot-phrase où neuf éléments sont successivement suffixés à qasu- « être fatigué ». Un autre mode d’utilisation d’éléments accessoires est représenté par le type dit analytique dont le français fournit un exemple : le procédé consiste à utiliser comme morphèmes des mots-outils sans accent propre, et pouvant être plus ou moins séparés des mots auxquels ils s’adjoignent par des éléments interposés. Soit en français : je prends, prononcé ž?prã ou šprã, qui ne se distingue de la deuxième personne tu prends (tüprã) que par le pronom sujet préposé ž?- ou š-/ tü-. L’orthographe masque la réalité en séparant ces pronoms sujets : ils n’ont aucune existence indépendante dans la langue (les pronoms autonomes sont moi, toi ; je ne conserve la trace d’une ancienne autonomie que dans la formule figée je soussigné), n’ont pas d’accent propre et fonctionnent comme des préfixes. De même, l’article (éventuellement le pronom adjectif) est en français la marque principale du genre et du nombre pour les noms (le -s du pluriel est purement graphique, sauf dans les cas de liaison) : la chaise (lašez), les chaises (lešez). Le système admet une pluralité de mots-outils : dans la rue (= dãlarü) comporte une préposition, marque de rapport, et un article, marque du genre et du nombre ; je le vois (= ž?lvwa ou žl?vwa) comporte pronom sujet et pronom objet. Quelquefois le mot-outil est séparé par un mot plein : la petite chaise. c) Incorporation Dans : je ne t?ai rien pris (= ž?ntery?pri), il y a une complication plus grande : entre le pronom sujet (ž) et le dernier élément de la forme verbale : pri, s’insèrent non seulement le pronom complément t (te, c’est-à-dire à toi), mais encore la négation (ne) et le pronom indéfini complément rien. On saisit là un procédé qui a un développement limité en français (insertion d’adverbes et de pronoms), mais qui est plus complètement réalisé dans certaines langues : des langues indiennes d’Amérique, en assez grand nombre, pratiquent l’incorporation du nom complément : ainsi en nahuatl, dans nipetla-?iwa « je fais des nattes », le nom petla(tl) « natte » est incorporé dans la forme verbale ni-?iwa. d) Ordre des mots Il faut inclure dans les morphèmes la disposition significative des éléments dans l’énoncé. En français, c’est l’ordre des mots seul qui est la marque de la fonction respective des deux noms dans une phrase du type : le chien suit l’homme, fonction qui est inversée si la disposition des termes l’est : l’homme suit le chien. Le même procédé joue par exemple en otomi, langue indienne du Mexique : ?išipfi kamta kardzoya a parlé mon père le chef signifie : « mon père a parlé au chef » ; aucune autre marque que l’ordre des éléments n’indique la fonction respective des deux noms. L’ordre des mots joue un grand rôle dans une langue comme le chinois, où les relations ne sont guère mar-quées autrement, faute de mots ou de morphèmes spécifiant ces relations. La grammaire d’une langue ne se réduit pas à un système de catégories et de relations manifesté par un ensemble de marques morphologiques jouant dans le cadre d’une syntaxe des mots. Au niveau de la phrase prise dans son unité globale se manifeste une grammaire qui organise essentiellement deux ordres de valeurs. D’une part, l’énonciation donne lieu à des modalités variées, correspondant à plusieurs types d’énoncés : assertif (positif ou négatif), interrogatif, exclamatif, etc., avec leurs marques distinctives. Une même phrase peut, sans changement dans son aspect matériel, fournir des possibilités d’énoncés variés. Soit en français : tu travailles. L’énoncé peut être assertif, exprimant une simple constatation : tu travailles ; interrogatif : tu travailles ? ; exclamatif : tu travailles ! ; suspensif : tu travailles (alors que je ne fais rien), etc. L’intonation, marquée graphiquement, dans une certaine mesure, par des signes de ponctuation différents, peut distinguer seule, dans la langue parlée, les divers types ; mais d’autres procédés peuvent intervenir (ainsi en français l’usage de est-ce que). D’autre part, le locuteur, pour faire passer un certain apport d’information, organise son message  [2] en jouant notamment de l’intonation et de l’ordre des mots (les procédés variant selon les langues) : ainsi s’opposent comme des messages différents en français j’ai vu Pierre hier ; hier j’ai vu Pierre ; Pierre, je l’ai vu hier ; je l’ai vu hier, Pierre ; etc. II. Les techniques de description L’étude des éléments constitutifs d’une langue montre que tout système linguistique repose sur une sélection parmi des possibilités illimitées de réalisation sur les différents plans. Une description doit faire apparaître un choix entre ces possibilités et un système qui résulte de ce choix, de manière à dégager du détail des réalisations les fonctions dont le jeu définit le système de la langue considérée. Sur le plan phonique, la distinction doit être faite entre les sons et les phonèmes. Une description doit faire apparaître un système phonologique en dégageant les éléments phoniques qui, par leur rôle différenciateur, assurent le fonctionnement de la langue. Un Français sent comme unique le phonème k qu’il réalise inconsciemment de manière différente dans cave, cas, cour (voir p. 39) : c’est que la conscience linguistique reflète dans une large mesure le fonctionnement de la langue. Mais les phonologues doivent procéder objectivement à une analyse rigoureuse pour déterminer les unités différenciatrices, isolables par le recours à la commutation. On distingue par exemple quinze unités différenciatrices à l’initiale des mots des séries suivantes : banc, pan, vent, faon, dent, temps, zan, sang, gens, chant, gant, camp, lent, rang, ment ; bout, pou, vous, fou, doux, tout, zou, sou, joue, chou, goût, coup, loup, roux, mou ; l’identité entre l’élément initial de banc et celui de bout, de pan et de pou, etc., admise par la conscience linguistique, se définit par le fait que ces éléments s’opposent les uns aux autres dans chacune des deux séries par les mêmes traits, qui en sont les traits pertinents : b s’oppose à p dans les deux séries comme sonore opposée à une sourde, etc. La détermination de ces traits pose des problèmes difficiles, et d’autres méthodes d’investigation ont été également proposées. La phonologie a défini son but, mais discute encore ses méthodes. La description phonologique ne doit d’ailleurs pas masquer l’intérêt d’une description phonétique notant les réalisations particulières des phonèmes, conditionnées par l’entourage phonétique. Ces réalisations particulières éclairent l’évolution. Ainsi, c (phonétiquement k) était en latin un phonème unique, mais articulé différemment devant des voyelles différentes, et n’a pas évolué de la même manière en français dans corte(m) devenu cour, caballu(m) devenu cheval, cera(m) devenu cire (compte non tenu de divergences dialectales) : k latin (noté c) a abouti dans ces mots à k (noté c) dans cour, à š (noté ch) dans cheval, à s (noté c) dans cire. Sur le plan de la grammaire, l’application du principe fonctionnel oblige à n’admettre de catégories linguistiques distinctes qu’en liaison avec des séries de formes distinctes. Ainsi, en français, la langue littéraire conserve fréquemment l’opposition entre le passé simple ou défini, qui marque l’action survenue à un moment du passé et notée comme telle, c’est-à-dire comme « ponctuelle » sans considération de durée (s’opposant par cet « aspect » de l’action à l’imparfait qui donne à une action passée un certain étalement), et le passé composé ou indéfini qui présente une action comme accomplie, un résultat comme acquis : j’ai acheté ce livre, par opposition à : j’achetai alors ce livre. Mais la langue parlée a éliminé pratiquement le passé simple et dit : j’ai acheté dans les deux cas. De ce fait, il résulte qu’une description de la langue littéraire doit faire état d’une catégorie du passé ponctuel, à l’intérieur de la catégorie plus générale temps-aspect, tandis qu’une description de la langue parlée ne reconnaîtra qu’une catégorie unique, pour laquelle on cherchera une dénomination rendant compte de l’ensemble des emplois : on parlera par exemple, dans le cas du passé, d’une catégorie du « fait acquis ». Le principe consiste à refuser de partir du sens, comme s’il existait une opposition générale d’ordre logique ou psychologique entre le passé ponctuel et l’accompli, et à ne tenir compte que des fonctions attestées dans la langue par les oppositions qui s’y expriment matériellement : là où n’apparaissent plus de séries de formes distinctes, il n’y a pas à considérer des valeurs distinctes. Encore faut-il préciser ce qu’implique l’expression « séries distinctes ». Elle n’a de sens que dans un système d’oppositions ; une même série peut recouvrir plusieurs jeux de formes, sans cesser d’être une par sa fonction. Soit le système des « temps » de l’indicatif en grec ancien : il comporte notamment un imparfait, un aoriste (passé ponctuel), un parfait ; mais les jeux de formes sont variables : ainsi, pour le verbe dont le présent, à la première personne du singulier, est lú?, on a (à la même personne) : imparfait éluon, aoriste élusa, parfait léluka ; mais pour le verbe lambán?« prendre » : imparfait elámbanon, aoriste élabon, parfait eíl?pha ; les aoristes de ces deux verbes ont des formes différentes à toutes les personnes : mais ces jeux de formes ne sont que des variantes morphologiques possibles pour une série qui est fonctionnellement unique. Il y a de même en français plusieurs types de conjugaisons (aimer, finir, etc.) qui diffèrent par les formes, mais dont l’organisation est la même. Un principe identique peut intervenir en syntaxe pour l’analyse des éléments d’un énoncé, pour la recherche des unités syntaxiques d’une langue. Soit en français la phrase : Le chien suit son maître. On ne peut avoir ni : Le suit son maître, ni : Chien suit son maître. Le chien constitue donc, du point de vue de la syntaxe de cet énoncé, un bloc indissociable, une unité syntaxique. Il en est de même pour son maître. On voit ainsi que ce n’est pas le nom seul, mais le nom accompagné d’un déterminant, qui est une unité syntaxique dans ce type français. La méthode qui permet de déterminer les fonctions se présente donc comme une méthode de commutation. Elle ne fait que généraliser le procédé de substitution qui est à la base de la méthode phonologique. C’est par cette méthode que l’analyse linguistique tient compte de la relation entre contenu et expression. Il n’y a d’éléments de contenu indépendants que si leur commutation peut entraîner un changement d’expression, et inversement, il n’y a de moyens d’expression indépendants que si leur commutation détermine un changement de contenu. Ces principes, applicables à toute la grammaire, valent aussi pour le lexique qui comporte lui-même une grammaticalisation, due au fait qu’il existe des éléments généraux qui servent à constituer les mots (suffixes, préfixes, etc.). Une lexicologie fonctionnelle a pu ainsi se constituer. Étudiant les noms d’agent et noms d’action en indo-européen (1948), É. Benveniste a posé ce principe : « Quand deux formations vivantes fonctionnent en concurrence, elles ne sauraient avoir la même valeur ; et, corrélativement : des fonctions différentes dévolues à une même forme doivent avoir une base commune. » La recherche d’une description strictement fonctionnelle a amené les linguistes à élaborer des techniques de plus en plus précises et complexes. Plusieurs tendances importantes ont donné lieu à des exposés d’ensemble et à des réalisations pratiques. L’une, influencée par l’enseignement de L. Hjelmslev à Copenhague, oriente la linguistique vers une sorte de logique, en l’armant d’un corps de définitions qui permet d’identifier et de classer les unités de toute langue selon leurs relations mutuelles, définies en termes logiques. La procédure descriptive de cette méthode « immanente » (qui prend pour objet la langue « en elle-même et pour elle-même », selon le principe de F. de Saussure) est illustrée par un important ouvrage de K. Togeby consacré au français. Cette procédure comporte : a) une « syntagmatique » qui, divisant l’énoncé « en unités de plus en plus petites », cherche à atteindre les « éléments irréductibles » ; b) une « systématique » qui classe ces éléments « d’après leurs fonctions mutuelles dans les unités syntagmatiques en classes de plus en plus petites jusqu’à ce que tous les éléments aient été définis ». Une autre école est sortie de l’enseignement de L. Bloomfield aux États-Unis, qui s’appuyait sur la psychologie behavioriste. Le linguiste s’abstient de considérer la signification des formes linguistiques : la signification d’une forme est pour Bloomfield « la situation dans laquelle le locuteur l’emploie et la réponse qu’elle évoque chez l’auditeur », et cette situation et cette réponse sont considérées comme échappant à l’analyse scientifique. On se contente donc de constater les significations, par le lien constant qui apparaît entre certaines situations et certains énoncés. Pour la description, on utilise uniquement des critères formels de distribution dans la chaîne parlée, critères sur lesquels se fondent l’identification et le classement des morphèmes. Une méthode a été codifiée par Zellig S. Harris, qui pose en principe que « la principale recherche de la linguistique descriptive et la seule relation qui sera acceptée comme pertinente… est la distribution ou l’arrangement à l’intérieur de la chaîne parlée des diverses parties ou caractéristiques relativement les unes aux autres » ; l’objectif est « une discussion des opérations que le linguiste doit exécuter au cours de ses investigations plutôt qu’une théorie des analyses structurales résultant de ces investigations ». L’analyse structurale s’est donc d’abord développée sur le modèle fourni par la phonologie en écartant l’étude de la signification. Mais dans un second temps c’est cette étude elle-même qui s’est renouvelée en tirant parti des conquêtes du structuralisme : une sémantique structurale s’est alors développée, avec des orientations diverses ; on a cherché des méthodes d’analyse permettant de dégager des traits pertinents de la signification, traits qui rendent compte de la façon dont s’organisent les oppositions entre unités lexicales au sein des systèmes. D’autre part, des disciples mêmes de Bloomfield et de Harris est venue une critique fondamentale des thèses distributionnalistes. Noam Chomsky, aux États-Unis, a été l’inspirateur d’un courant de pensée qui a fait prévaloir délibérément la théorie sur le donné linguistique immédiat. On indiquera plus loin les caractères généraux de cette tendance d’où est sortie la grammaire générative et transformationnelle ; mais il faut ici en retenir l’idée que, contrairement à une longue tradition de fidélité aux faits avec laquelle le structuralisme classique n’avait aucunement rompu, cette école a subordonné l’étude du donné, considéré comme un ensemble de structures superficielles, à un modèle théorique qui fournit des structures profondes. L’analyse linguistique met alors en évidence le jeu de règles de transformation qui permettent, à partir des structures profondes, d’atteindre le donné directement saisissable dans les textes produits par les locuteurs d’une langue donnée. Tous les linguistes n’ont pas été, tant s’en faut, convaincus de la validité de ces thèses ; mais elles ont suscité un grand nombre de travaux et ouvert un champ nouveau à la description des langues, et elles ont eu le mérite de soulever un débat théorique qui a mis en cause non seulement la méthodologie de la linguistique, mais également les fondements de la connaissance scientifique. Outre son but scientifique, la description des langues a une fin pratique, l’enseignement et l’acquisition des langues. Des efforts ont été faits pour dégager des progrès de la linguistique descriptive une méthode générale d’analyse utilisable dans l’enseignement. Mais le passage d’un système à un autre – chaque langue ayant son organisation propre – n’est pas assuré par la seule saisie intellectuelle de l’économie propre de la langue acquise. À un individu dont la langue maternelle est l’anglais, il ne suffit pas de prendre conscience de la fonction générale du passé composé en français pour être immédiatement en mesure de l’employer correctement, l’organisation des temps de l’indicatif étant très différente dans les deux langues. Un système de correspondances peut être établi entre les emplois particuliers des différentes séries de formes en anglais et les moyens d’expression équivalents en français, le recours au contenu, au détail des sens, jetant un pont entre les deux systèmes. Ainsi s’est développée une discipline de grand intérêt, la linguistique contrastive, qui se donne une méthodologie propre et comporte des applications importantes dans la pédagogie des langues étrangères. Mais la tâche essentielle consiste à monter chez les sujets qui font l’acquisition d’une langue, par des techniques appropriées et avec une programmation soigneusement établie, les mécanismes sur lesquels repose le fonctionnement de cette langue. Si une analyse correcte des langues et de leurs contrastes est le point de départ indispensable de tout programme d’enseignement, la pédagogie des langues pose des problèmes spécifiques qui constituent l’un des objets de la linguistique appliquée.