mercredi 18 mars 2026

jacques halbronn Linguistique. L’apostrophe préfixal et l’accent suffixal. Comparaison français/allemand

jacques halbronn Linguistique. L’apostrophe préfixal et l’accent suffixal. Comparaison français/allemand En hommage à L’orthographe d’usage rendue facile, texte de notre grand mère maternelle (il y a 70 ans), Claude Jonquière Nous aborderons pour commencer la question des lettres « muettes » ou « silencieuses » (cf article de l’Académie du Français authentique) non seulement en position finale mais également en position initiale. On partira d’un texte mis en ligne par cette Académie: « Comment trouver la lettre finale muette d’un mot ? Astuces Comment savoir si un mot se termine par une lettre muette ? Comment savoir que dans le mot « chat », il faut écrire un t à la fin ? Je te propose deux petites astuces pour te rappeler d’écrire les consonnes muettes à la fin des mots. Première astuce : transforme le mot au féminin. Par exemple, le féminin de vert est verte. Tu entends le son t. Tu peux donc déduire qu’il existe un t muet à l’adjectif masculin vert. Voici d’autres exemples : grand → grande : la lettre finale est d ; inclus → incluse : la lettre finale est s ; joli → jolie : il n’y a pas de lettre muette. Deuxième astuce : prends un mot de la même famille. Reprenons l’exemple du « chat ». « Chat » et « chaton » sont de la même famille. Dans le mot « chaton », il y a un t au milieu. Tu peux donc conclure qu’il y a un t muet à la fin du mot « chat ». Nous avions déjà abordé cette question à propos de nos travaux de description du français en relevant le rôle de la lettre « e » comme agissant sur la prononciation d’une consonne. Petit, consonne muette Petite : consonne activée. Si la consonne ne se prononce pas, cela favorise la vocalisation (au sens de voyelle). Dans grand et grande, se pose le probléme de la nasalisation/diphtongaison mais dans ce cas faut-il garder la diphtongue au féminin alors que bonne par rapport au masculin bon, n’est pas nasalisée?. Les liaisons conduisent à prononcer la consonne finale du fait qu’elles connectent celle-ci avec la voyelle du mot suivant. Mais, il ne faudrait pas oublier le cas de lettres non pas finales mais initiales, car on est là face à une dialectique consonnes en début de mot et voyelles en fin de mot, ce que ne signale pas cette Académie du Français authentique. Il y a un principe d’équilibre que nous sommes probablement le premier à avoir formulé . D’où l’importance du traitement de la lettre « e », cette lettre est pivotale, en ce qu’elle peut être accentuée en fin de mot, comme dans le cas d’un participe passé comme « chanté » et elle devient « muette » (Shewa) en début de mot pour évacuer le son « vocalique avec notamment, mais pas systématiquement, l’usage de l’apostrophe signe d’élision) comme J’t'aime au lieu de Je t’aime, ce qui génére un son consonantique « jt ». Dans cet exemple, Je t’aime, on note un début consonantique mais il importe de produire un son vocalique à la fin, donc de faire entendre le « e » comme cela se pratique en allemand oral : kleine (petite) comporte une combinaison « kl » consonantique et une finale « vocalique » si l’on prononce le e final. eine kleine alors qu’en français oral, on prononcera le t » mais pas le « e » de p’tit ». Si l »on ne prononce pas le e final, cela donne deux sons consonantiques en début et en fi de mot, ce qui va à l’encontre de notre principe d’équilibre (consonne au début, voyelle à la fin). C’est pourquoi nous recommandons désormais de bien prononcer le e final, faute de quoi nous laissons le champ libre à la tonalité consonantique! Pour l’adjectif « clair », qui commence par une consonne, il importe de bien faire entendre le e de claire, ce qui n’est pas ou plus respecté actuellement. Dans le cas de « je mange », il faut prononcer j’mange avec un e muet pour le pronom personnel de la première personne du singulier mais avec un e (sonore) pour terminer, ce qu’on peut marquer par un « eu ». Il y a d’ailleurs une faible différence de sonorité entre j’mangeu et j’ai mangé. C’est le contexte qui nous renseignera. Idem pour je pense, à prononcer j’penseu avec le doublet consonantique « jp » et le final « eu ». Cette forme « eu » se retrouve en français dans heureux, valeureux, mystérieux, voeu, lieu, deux etc On retrouve en allemand la forme « eu » dans heute, Freude, Leute, Deutschland, avec une autre prononciation proche du « o ». Mais, selon nous, le rôle de l’accent était au départ de faire pendant à l’apostrophe – les deux signes se ressemblent- et non de produire le son « é » qui va de soi après un auxiliaire « j’ai mangé », l »accent est ici inutile mais bien le « e » à l’allemande. En fait l’allemand prononce systématiquement le e final, produisant une tonalité vocalique: Danke (merci) commence par une consonne « d » et se termine par un « eu » (selon notre code) Idem pour Bitte, s’il vous plait. Le féminin en final garantit la vocalisation : eine schöne Dame (une jolie femme) alors qu’en français on ne prononce pas le « e » de Dame ni le S au pluriel de « Mesdames », ce qui consonantise à tort la finale! Autrement dit, le e du français peut être un shewa en début de mot et un « eu » en fin de mot. Or si l’allemand assure mieux que le français en position finale, il est très inférieur en position initiale, ce qui tient à ses affixes. Face au « je » français, on a un « ich », face à un « ne » un nicht, face à un « te », un « dich » et ainsi de suite (mich, sich). Rappelons que pour nous sont à qualifier de préfixes les articles (le), les négations (ne), les possessifs (me, te, se), les démonstratifs (ce) les relatifs (que) comme dans « qu’est ce que tu me dis » qui doit se prononcer qu’est c’q'tu m’ dis, avec à la fin un son voyelle/ En français, on a un écrit s’alignant sur l’oral: l’apostrophe est en principe inutile et de toute façon, dans bien des cas, tout se passe comme s’il y avait apostrophe alors que celle-ci est facultative. De le même façon, l’accent conforte le e final et neutralise la consonne qui le suit mais dans bien des cas, sa présence est facultative: clef (mais aussi pied sans accent). En réalité, c’est le e final qu’il faut renforcer en français car il tend, bien à tort, à devenir « silencieux »! Le e de « silence » doit s’entendre autant que « Ruhe » en allemand sans qu’il soit besoin d’un signe auxiliaire puisque le e final doit toujours se faire entendre. D’où notre régle, la prononciation d’une lettre ne dépend pas de sa qualité intrinséque mais de son positionnement, en tête ou en queue. Archive vu sur le web Accents et signes auxiliaires – cours de français En orthographe, les accents et les signes auxiliaires aident à distinguer les phonèmes. Ils apportent un complément d’information utile pour présenter correctement un texte. Ils permettent de préciser les sons (intonations) à appliquer dans la prononciation. Ils comprennent :A- les accents (aigu, grave et circonflexe)- Accent aigu : Il se positionne uniquement sur le e. du bétail, des céréales, une élite, un démon, l’été, une bévue, un pré, du blé, une année, le lycée, la bonté, le café, un éléphant, agréable, chétif, céder, décéder, créé… - Accent grave : Il peut se trouver sur les voyelles (e, a, u). la chèvre, la mère, un procès, le progrès, le succès, le père, la fièvre, l’excès, il pèse, il achète, complète, à, là, voilà, après, auprès, près, très, où… - Accent circonflexe : Il peut se trouver sur les voyelles (e, a, o, i, u). la fenêtre, la bête, la forêt, l’hôpital, les hôtels, l’âne, la fête, une boîte, la grâce, une île, il s’arrête, nous fûmes, blême, même, extrême, mûr, sûr, dû, drôle.. B- l’apostrophe : L’apostrophe sert à marquer l’élision, c’est-à-dire la suppression de la voyelle finale de certains mots devant un mot commençant par une voyelle ou par un h muet. On ne dit pas : Le ours mais l’ours, le hôtel mais l’hôtel le+été > l’été - le+homme > l’homme - la+orange > l’orange – si+il > s’il – que+elle > qu’elle - te+appelle > t’appelle - se+attend > s’attend – ne+a > n’a – jusque+au > jusqu’au - de+un > d’un – de+autre > d’autre – se+y > s’y… C- le tréma : le tréma est un signe orthographique constitué de deux points juxtaposés que l’on place sur les voyelles (a, e, i, o, u). l’ouïe, une coïncidence, un aïeul, la faïence, Noël, aiguë, canoë, le maïs, coïncider, haïr, inouï, naïf , laïque, capharnaüm, maelström… D- la cédille La cédille est un signe graphique que l’on place sous la lettre c pour le prononcer[s]. Elle est placée devant a, o et u (sinon le c se prononce [k]). la façade, un remplaçant, il plaçait, nous lançâmes … un glaçon, nous plaçons, le maçon, une rançon, la leçon… un reçu, déçu, vous reçûtes, il aperçut… E- le trait d’union Le trait d’union est un signe de ponctuation utilisé pour relier deux ou plusieurs mots. - Un cerf-volant - le sous-sol – dix-huit. – vingt-six. – l’arc-en-ciel – un rendez-vous , le rez-de-chaussée… - Elle-même, celle-ci, ci-dessus, ci-contre, ci-après, ci-joint, cette femme-ci, ce matin-là, là-bas… Aime-t-il le chocolat ? Peux-tu faire démarrer cette machine ? Prend-il assez d’élan pour sauter ? Ton permis, prends-le. Cette tarte, manges-en. » JHB 18 03 26

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