lundi 11 mai 2026

cques halbronn Linguistique de l'hébreu La question des affixes . Dialectique langue/grammaire.

cques halbronn Linguistique de l'hébreu La question des affixes . Dialectique langue/grammaire. Nous avons largement traité du r^oles des affixes en français et dans les langues environantes en englobant sous ce terme un grand nombre de formes comme la négation, les possessifs et les démonstratifs. Quid de l'hébreu et de son évolution? On note un principe d'économie avec le vav conversif en tant que préfixe permettant de se servir d'un m^eme radical pour le passé et le futur. Les pronoms personnels y jouent un r^ole clef puisqu'ils servent tant à marquer le passé que le futur, selon qu'ils se placent en position suffixale ou préfixale. Ils sont fonction du masculin et du féminin à la deuxiéme personne du singulier mais pas seulement. En hébreu, on ne s'adresse pas à un homme comme à une femme, à la différence du corpus que nous pratiquons. Certains changements sont intervenus au cours des ^ages: le vav conversif préfixal est tombé en désuétude mais bien représenté dans la Bible hébra¨ique et cela devrait avoir intéressé la critique biblique. Prenons le cas du Chapitre V du Livre de la Genése dont nous avons pu montrer toute l'importance en ce qu'il a du initialement en ^etre le tout début, les précédents chapitres ayant été ajoutés, interpolés. Genése V א זֶה סֵפֶר, תּוֹלְדֹת אָדָם: בְּיוֹם, בְּרֹא אֱלֹהִים אָדָם, בִּדְמוּת אֱלֹהִים, עָשָׂה אֹתוֹ. 1 Ceci est l'histoire des générations de l'humanité. Lorsque Dieu créa l'être humain, il le fit à sa propre ressemblance. ב זָכָר וּנְקֵבָה, בְּרָאָם; וַיְבָרֶךְ אֹתָם, וַיִּקְרָא אֶת-שְׁמָם אָדָם, בְּיוֹם, הִבָּרְאָם. 2 Il les créa mâle et femelle, les bénit et les appela l'homme, le jour de leur création. ג וַיְחִי אָדָם, שְׁלֹשִׁים וּמְאַת שָׁנָה, וַיּוֹלֶד בִּדְמוּתוֹ, כְּצַלְמוֹ; וַיִּקְרָא אֶת-שְׁמוֹ, שֵׁת. 3 Adam, ayant vécu cent trente ans, produisit (Vayevaled) un être à son image et selon sa forme, et lui donna (Vayikra) pour nom Seth. Or, si les deux premiers versets ne recourent point au Vav conversif, en revanche, la suite du dit chapitre use des formes futures pour marquer le passé Vayehi débute le troisiéme verset et on trouve Vaievaled, Vayikra. le futur est donc ici transmuté en passé tout au long de ce chapitre V . Si l'on examine le célébre chapitre III du Livre de l'Exode (Buisson Ardent), Dieu, au verset 9, par exemple,ne se sert plus d'un tel procédé Dieu dit qu'il a vu selon recourir au vav conversif ni au futur pour indiquer le passé! Un cas remarquable est celui des (sur)noms propres commençant par Yod (jérémie, Ezekiel, Elie, Isa¨ie, Israel etc). Selon nous, le vav conversif y est sous entendu et donc le futur est en fait un passé, ce qui est propre à la pratique du surnom, rétrospective plut^ot que prospective, m^eme si dans Mathieu I, on déclare que le nom de Yeoshua (Jesus) fut donné dès la naissance. En ce qui concerne le tétragramme, lequel commence par un Yod, et que l'on retrouve dans les noms de prophétes (Isa¨ie, Jérémie, Elie), on notera que le tétragramme devait comporter initialement un Vav conversif changant le futur en passé. Selon notre étude il comporterait Vav, Iod, Hé, Vav, ce qui correspond à une valeur guématrique de 27 (6+10+5+6), proche du cycle de Saturne (en années) et de la Lune,(en jours) ט וְעַתָּה, הִנֵּה צַעֲקַת בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל בָּאָה אֵלָי; וְגַם-רָאִיתִי, אֶת-הַלַּחַץ, אֲשֶׁר מִצְרַיִם, לֹחֲצִים אֹתָם. 9 Oui, la plainte des enfants d'Israël est venue jusqu'à moi; oui, j'ai vu (Raiti) la tyrannie dont les Égyptiens les accablent voir Isaie 45 Jérémie XXXI etc On a du mal à comprendre pourquoi la deuxiéme personne du masculin singulier se termine par une voyelle (ATA) alors que la deuxiéme personne du féminin singulier se termine par une consonne (AT) alors que cela devrait ^etre l'inverse, comme dans le cas des adjectifs et des participes (gadol (M), gdola (F) et on ne comprend pas non plus pourquoi le prétérit de la première personne du singulier a un suffixe en "ti" alors que le pronom personnel est "Ani", la forme "ti" étant celle de la deuxiéme personne du singulier! On devrait donc dire Hashavni et non Hashavti. Le psaume 22 comporte la forme Azavtani "ב אֵלִי אֵלִי, לָמָה עֲזַבְתָּנִי; רָחוֹק מִישׁוּעָתִי, דִּבְרֵי שַׁאֲגָתִי. 2 Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?" On voit que le pronom personnel de la première personne du singulier est bien utilisé. Notons aussi l'usage du shewa pour connecter le radical et le suffixe, point commun avec le français: par exemple lente-ment mais en ce qui concerne le shewa dans le cadre des préfixes, l'hébreu n'est absolument pas dans le coup: aucune commune mesure avec le français avec son je, son ne, son que, son me, son le etc ce qui permet au shewa de prospérer en français dans sa combinatoire consonantique préfixale faisant pendant à sa combinatoire vocalique suffixale. Sur le web Le šᵉwaʾ šᵉwaʾ audible et šᵉwaʾ muet En plus des voyelles, l'hébreu connaît encore un signe de vocalisation appelé šᵉwaʾ. Il en existe deux types : le šᵉwaʾ audible et le šᵉwaʾmuet.Le šᵉwaʾ audible est une voyelle. Le šᵉwaʾ muet (ou quiescent) indique que la consonne n'a pas de voyelle. Il est équivalent au "e" muet que nous connaissons bien en français (écrire qu'on prononce "écrir" et clairement qu'on prononce "clairment". Le šᵉwaʾ audible se transcrit " ᵉ " alors que le šᵉwaʾ muet ne se transcrit pas." La question que se pose à la linguistique du XXIe siècle est la suivante, est-ce la grammaire qui doit s'articuler sur la langue ou la langue sur la grammaire. Révolution copernicienne. Pour notre part, nous sommes en faveur d'une représentation matricielle, fondée sur un certain nombre de principes à partir desquels les mots auraient été façonnés. Des langues sur mesure. En effet, l'idée selon laquelle, les langues se seraient conformées spontanément à une certaine géométrie sous jacente voire subconsciente ne nous parait guère vraisemblable. Bien au contraire, la formation du lexique aurait suivi un plan, tel que celui que nous avons eu l'occasion de décrire avec une dialectique des consonnes initiales et des voyelles finales. La langue française a su préserver une telle matrice alors que les autres langues ne l'ont préservée que partiellement comme dans le cas de l'hébreu dont on a signalé plus haut qu'il y avait eu une déperdition au niveau préfixal, ce qui aura constitue un obstacle épistémologique majeur pour la pensée linguistique du siècle dernier. JHB 11 05 26

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