vendredi 8 mai 2026
jacques halbronn Linguistique de l'hébreu La question des affixes .
jacques halbronn Linguistique de l'hébreu La question des affixes .
Nous avons largement traité du r^oles des affixes en français et dans les langues environantes en englobant sous ce terme un grand nombre de formes comme la négation, les possessifs et les démonstratifs. Quid de l'hébreu et de son évolution? On note un principe d'économie avec le vav conversif en tant que préfixe permettant de se servir d'un m^eme radical pour le passé et le futur. Les pronoms personnels y jouent un r^ole clef puisqu'ils servent tant à marquer le passé que le futur, selon qu'ils se placent en position suffixale ou préfixale. Ils sont fonction du masculin et du féminin à la deuxiéme personne du singulier mais pas seulement. En hébreu, on ne s'adresse pas à un homme comme à une femme, à la différence du corpus que nous pratiquons. Certains changements sont intervenus au cours des ^ages: le vav conversif préfixal est tombé en désuétude mais bien représenté dans la Bible hébra¨ique et cela devrait avoir intéressé la critique biblique. Prenons le cas du Chapitre V du Livre de la Genése dont nous avons pu montrer toute l'importance en ce qu'il a du initialement en ^etre le tout début, les précédents chapitres ayant été ajoutés, interpolés.
Genése V
א זֶה סֵפֶר, תּוֹלְדֹת אָדָם: בְּיוֹם, בְּרֹא אֱלֹהִים אָדָם, בִּדְמוּת אֱלֹהִים, עָשָׂה אֹתוֹ. 1 Ceci est l'histoire des générations de l'humanité. Lorsque Dieu créa l'être humain, il le fit à sa propre ressemblance.
ב זָכָר וּנְקֵבָה, בְּרָאָם; וַיְבָרֶךְ אֹתָם, וַיִּקְרָא אֶת-שְׁמָם אָדָם, בְּיוֹם, הִבָּרְאָם. 2 Il les créa mâle et femelle, les bénit et les appela l'homme, le jour de leur création.
ג וַיְחִי אָדָם, שְׁלֹשִׁים וּמְאַת שָׁנָה, וַיּוֹלֶד בִּדְמוּתוֹ, כְּצַלְמוֹ; וַיִּקְרָא אֶת-שְׁמוֹ, שֵׁת. 3 Adam, ayant vécu cent trente ans, produisit (Vayevaled) un être à son image et selon sa forme, et lui donna (Vayikra) pour nom Seth.
Or, si les deux premiers versets ne recourent point au Vav conversif, en revanche, la suite du dit chapitre use des formes futures pour marquer le passé Vayehi débute le troisiéme verset et on trouve Vaievaled, Vayikra. le futur est donc ici transmuté en passé tout au long de ce chapitre V . Si l'on examine le célébre chapitre III du Livre de l'Exode (Buisson Ardent), Dieu, au verset 9, par exemple,ne se sert plus d'un tel procédé Dieu dit qu'il a vu selon recourir au vav conversif ni au futur pour indiquer le passé!
Un cas remarquable est celui des (sur)noms propres commençant par Yod (jérémie, Ezekiel, Elie, Isa¨ie, Israel etc). Selon nous, le vav conversif y est sous entendu et donc le futur est en fait un passé, ce qui est propre à la pratique du surnom, rétrospective plut^ot que prospective, m^eme si dans Mathieu I, on déclare que le nom de Yeoshua (Jesus) fut donné dès la naissance. En ce qui concerne le tétragramme, lequel commence par un Yod, et que l'on retrouve dans les noms de prophétes (Isa¨ie, Jérémie, Elie), on notera que le tétragramme devait comporter initialement un Vav conversif changant le futur en passé. Selon notre étude il comporterait Vav, Iod, Hé, Vav, ce qui correspond à une valeur guématrique de 27 (6+10+5+6), proche du cycle de Saturne (en années) et de la Lune,(en jours)
ט וְעַתָּה, הִנֵּה צַעֲקַת בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל בָּאָה אֵלָי; וְגַם-רָאִיתִי, אֶת-הַלַּחַץ, אֲשֶׁר מִצְרַיִם, לֹחֲצִים אֹתָם. 9 Oui, la plainte des enfants d'Israël est venue jusqu'à moi; oui, j'ai vu (Raiti) la tyrannie dont les Égyptiens les accablent
voir Isaie 45 Jérémie XXXI etc
On a du mal à comprendre pourquoi la deuxiéme personne du masculin singulier se termine par une voyelle (ATA) alors que la deuxiéme personne du féminin singulier se termine par une consonne (AT) alors que cela devrait ^etre l'inverse, comme dans le cas des adjectifs et des participes (gadol (M), gdola (F) et on ne comprend pas non plus pourquoi le prétérit de la première personne du singulier a un suffixe en "ti" alors que le pronom personnel est "Ani", la forme "ti" étant celle de la deuxiéme personne du singulier! On devrait donc dire Hashavni et non Hashavti. Notons aussi l'usage du shewa pour connecter le radical et le suffixe, point commun avec le français: par exemple lente-ment.
JHB 08 05 26
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