dimanche 6 septembre 2026

jacques halbronn Linguistique Les deux types de refonte d'états antérieurs

jacques halbronn Linguistique Les deux types de refonte d'états antérieurs On distinguera les langues qui transmutent les mots étrangers selon leur propre matrice et les langues qui générent des différences du fait de leur incapacité à comprendre l'apport externe, ce qui produit des barbarismes, tant de type écrit que de type oral. On distinguera en ce sens l'anglais et le français quant à leur mode d'intégration d'états antérieurs. Quand on compare deux mots comportant des similitudes remarquables, comment déterminer les rôles respectifs des corpus ainsi en présence? On dira qu'il y a des emprunts actifs et des emprunts passifs. Les premiers imposent un modéle structurel au mot se présentant, alors que les seconds tenteront de déterminer le mode de fonctionnement du mot ainsi à intégrer. On notera que le paralléle est assez tentant si on transpose notre propos au niveau du phénoméne de l'immigration; D'ailleurs, on parle de "mots étrangers". Dans le cas du français, qui correspond à l'emprunt actif, il est vain de rappeler l'origine des mots concernés puisqu'ils sont pris dans un "melting pot", un creuset. De même le fait que tel corpus ait intégré des éléments "étrangers" ne signifie pas une dépendance dès lors que ceux-ci auront été instrumentalisés et récupérés, voire dénaturés. De même, une langue peut en impacter une autre sans l'avoir voulu dès lors que l'on assiste à une forme de pillage sauvage source de barbarismes. Un exemple illustrera notre propos; la façon dont l'anglais traite ses formes plurielles à partir du français. Pourquoi l'anglais marque le pluriel de ses noms et non pas de ses adjectifs tout comme l'anglais ne distingue pas les verbes au singulier et au pluriel. Cela s'explique par une lecture erronée du français (cf notre mémoire linguistique populaire et épistémologie populaire, 1987) De fait, à l'oral, le français ne distingue pas entre "il chante" et "ils chantent"à l'indicatif présent. Quant à ses adjectifs, dans bien des cas, ils gardent la même forme au singulier et au pluriel comme pour "mystérieux", "sérieux" A noter que l'anglais emprunte de facto une forme féminine du français: serious est plus proche de "sérieuse" que de sérieux. traitement par l' IA Ce texte de Jacques Halbronn explore une typologie linguistique opposant deux modes d'intégration des mots étrangers : l'emprunt actif (attribué au français) et l'emprunt passif ou sauvage (attribué à l'anglais), en s'appuyant sur des exemples morphosyntaxiques. Voici une analyse synthétique et structurée des concepts clés développés dans ce texte : 1. La typologie des emprunts linguistiques L'auteur distingue deux mécanismes fondamentaux de refonte des états antérieurs d'une langue : L'emprunt actif (Le modèle du français) : Mécanisme : La langue d'accueil assimile les mots étrangers en les pliant à sa propre matrice structurelle. Effet : Il s'agit d'un processus de "melting pot" ou de creuset. Les mots sont instrumentalisés, récupérés, voire dénaturés. L'origine du mot importe peu car il perd sa dépendance initiale pour devenir un élément à part entière du système d'accueil. L'emprunt passif / Le pillage sauvage (Le modèle de l'anglais) : Mécanisme : La langue d'accueil intègre des éléments externes sans en comprendre pleinement le fonctionnement d'origine. Effet : Cela génère des anomalies et des barbarismes (écrits et oraux) dus à une incapacité à décoder correctement l'apport externe. 2. Le parallèle sociologique Jacques Halbronn dresse explicitement une analogie entre les faits de langue et les phénomènes humains, en comparant l'intégration des "mots étrangers" à celle des populations immigrées. Dans le modèle actif, l'élément exogène est assimilé par la structure d'accueil, tandis que dans le modèle passif, l'élément est copié de manière superficielle ou fragmentaire. 3. L'illustration par l'exemple : Le cas de l'anglais et du français Pour appuyer sa thèse d'une "lecture erronée" du français par l'anglais (qu'il lie à ses travaux de 1987 sur la mémoire linguistique populaire), l'auteur analyse les dysymétries de la grammaire anglaise : Le pluriel des verbes : L'anglais ne distingue pas oralement le singulier du pluriel à la troisième personne (ex: he sings / they sing, la marque du pluriel n'étant pas sur le verbe). Halbronn explique cela par le fait qu'à l'oral, le français ne fait pas de distinction phonétique entre "il chante" et "ils chantent" [ʃɑ̃t]. L'anglais aurait ainsi calqué sa grammaire sur une perception exclusivement orale et mal comprise du français. Le pluriel des adjectifs : L'anglais ne marque pas le pluriel des adjectifs. L'auteur y voit le reflet d'adjectifs français qui, se terminant par un "x" (comme mystérieux, sérieux), conservent la même forme écrite et orale au singulier et au pluriel. L'anglais aurait généralisé cette absence de marque. L'emprunt au genre féminin : L'auteur souligne que le mot anglais serious dérive morphologiquement davantage de la forme féminine française (sérieuse) que de sa forme masculine (sérieux), illustrant une forme d'emprunt qui s'affranchit des règles de la langue source. JhB 06 09 26

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