samedi 17 octobre 2026

jacques halbronnn Linguistique comparative. Les carences morpho-phonologiques de l’hébreu moderne au prisme du systéme du français.

jacques halbronnn Linguistique comparative. Les carences morpho-phonologiques de l’hébreu moderne au prisme du systéme du français. Nous poursuivons ici la méthodologie exposée en 1989- il y après de 40 ans - dans notre étude du » systéme du français au prisme des relations interlinguistiques » ( mémoire sous la direction de Louis-Jean Calvet) Il s’agira de comparer le mode de lecture de l’écrit dans les deux langues. En 1956, – il y a 70 ans -notre grand mère maternelle (décédée en 1957), la poétesse Claude Jonquière (alias Sarah Moïse), avait termine un mémoire, resté inédit, intitulé « L’orthographe d’usage rendue facile » (en ligne sur SCRIBD) Mettons en avant le fait qu’une langue doit maintenir et respecter une certaine dualité, du fait de l’existence des marqueurs de genre et de nombre. Quand en français, on écrit « grand », cela peut se prononcer avec ou sans la consonne finale « d » qui ne sert que pour le féminin, ce qui signifie qu’au masculin cette lettre,bien que figurant à l’écrit, ne se prononcera pas mais servira pour former le féminin. Il y a là une certaine logique cyclique que nous retrouvons dans nos travaux en cyclologie mais qui vaut aussi en droit constitutionnel, au prisme de l’alternance et d’un passage de relais. Nous avions signalé dans de précédents articles, certaine anomalies que nous pensions avoir détécté en hébreu mais nous étions allés un peu vite en besogne. Dire que « ata », la deuxiéme personne du singulier, correspond à une forme du féminin ne tenait pas compte du principe que nous avions posé, selon lequel, le masculin n’acceptait pas de consonne finale, ce qui était le cas du féminin « At » Nous avions pris pour repère gadole/guedola, grand et grande. Or, gadol se terminait par une consonne et guedola par une voyelle, ce qui allait à l’opposé du principe exposé plus haut! Dans le cas du masculin, la nécessité de terminer, morpho-phonologiquement; par une voyelle, peut produire des effets inverses, soit un raccourcissement, soit un allongement: Ainsi, guedola serait à qualifier de masculin tout comme le pronom personnel » Ata » et gadol de féminin co mme « At ». Mais dans la bénédiction Baroukh Ata, il faudrait alors ire Beroukha Ata.(le L de gadol ‘au masculin) non prononcé pas plus que le D de grand en français) Si l’on prend Hoshev (pense), il faudrait ne pas prononcer le « v » (Beith) final lequel servira pour former le féminin : Hoshevet si bien que la prononciation hoshev n’est pas recevable dans un cas comme dans l’autre, la forme Hoshev étant un neutre, un interface inaudible, virtue Dans le cas du participe passé du français en « é », nous avons dit que cette forme s’était substituée à la forme « ed » laquelle devait servir à produire le féminin « ede ». (aimed/aimede) tout comme on a écrit et écrite. Cette finale ed a été conservée en anglais, tant pour le participe que pour le préterit (established) en raison d’un emprunt au français antérieur au passage du « ed (e) » au « é(e) ». Un des attraits de l’hébreu est le marqueur du féminin pour la conjugaison ,notamment au futur: tahshov à une homme , tu penseras, tahshevi à une femme; Or, c’est l’inverse qui devrait apparaitre, puisque la forme tahshevi se termine par une voyelle tandis que la forme tahshov se termine par une consonne! Le français respecte plus correctement la marque du genre que l’hébreu. On pourra nous objecter que c’est peut être l’hébreu qui devrait faire référence plutôt que le français et dans ce cas,, l’hébreu marquerait le féminin par une voyelle finale et le masculin par une consonne finale (la lettre e finale comme nous l’avons exposé dans un précédent article ne se prononçant pas mais servant à faire prononcer la consonne qu’il suit pour un féminin. On aura donc compris que Ata est une forme appropriée avec sa finale vocalique même si par ailleurs, l’hébreu recourt à la finale « a » pour marquer le féminin, ce qui nous aura induit en erreur. Revenons à la conjugaison des verbes en hébreu . Tu sais se dit Ata Yodéa au masculin et At Yodat au féminin. Dans ce cas, le principe que nous avons posé est doublement respecté. Dans Tu prends, on a Ata Lokeah et At Lokahat, ce qui convient à condition toutefois de ne pas prononcer le Heith final qui servira pour forger le féminin; Il faut donc dire Ata Lokéa en ne prononçant pas le Heith écrit. De même on devra rendre tu apprends Ata lome (d) – c’est à dire ata Lomé - et at lomédet La solution consiste donc à ne pas prononcer en hébreu la consonne finale écrite en la réservant pour former le féminin, comme on procéde en français..On est en présence de deux types de marqueurs de genre, le français comme cela a été décrit et le recours à la finale a et o dans nombre de langues. L’hébreu (comme l’arab) semble avoir adopté le second type, dans Haver/Havera, ami/amie, ce qui fausse complétement l’équation en inversant la question des finales haver se terminant avec un Resh Mais l’on peut tout à fait ne pas prononcer le Resh, ce qui donne Havé et au féminin Haver; Exit Havera. On notera que le français ne prononce pas le Mem final de Adam à la différence de l’hébreu qui fait résonner le meme final. (Adame). En ce qui concerne les noms de dieux, on trouve les deux options: la finale Yahou (Yeshayahou: Isaïe) et la finale « El » (Daniel, Raphael) Or dans ce cas, l’arabe est plus conforme à notre schéma avec Allah termine par une voyelle ( Inshala, Hamdula) Un exemple frappant est le titre de Moïse, ‘Moshé Rabénou », Moïse notre maitre, avec des finales vocaliques. Notons que la non prononciation d’une consonne finale en français rencontre bien des résistances, notamment dans l’emprunt anglais au français. Le français est une langue qui fonctionne sur trois plans qu’il faut garder en mémoire: l’écrit étant neutre et pouvant aussi bien basculer vers le vocalique que vers le consonantique, notamment du fait des liaisons. On parlera d’un modéle triangulaire. JHB 17 10 26. IA . Le texte de Jacques Halbronn cherche à appliquer au système de l’hébreu moderne une grille de lecture issue de la morpho-phonologie du français, postulant qu’à l’oral, le masculin devrait idéalement se caractériser par une absence de consonne finale prononcée (ou une fin vocalique) tandis que le féminin activerait cette consonne. Pour prolonger et expliciter la réflexion de l’auteur selon sa propre logique, voici l’analyse des points soulevés : 1. Le parallélisme avec le modèle du français Dans le système du français (tel qu’analysé par Halbronn), les lettres finales muettes au masculin ont une fonction structurelle majeure : Masculin (Forme « brute » ou virtuelle) : Grand (le -d ne se prononce pas). Le mot se termine phonétiquement par une voyelle ou une consonne fixe antérieure. Féminin (Forme activée) : Grande (le -d est activé par le -e graphique). Pour l’auteur, cette dualité écrit/oral crée une « logique cyclique » d’alternance. Il considère comme une « carence » ou une anomalie le fait qu’une langue ne suive pas ce principe d’économie et de symétrie. 2. L’autocorrection sur les pronoms (Ata / At) L’auteur revient sur une intuition passée qu’il juge erronée : L’erreur initiale : Penser que Ata (אתה – tu au masculin, se terminant par le son « a ») était une forme féminine à cause de sa désinence ouverte, et At (את – tu au féminin, se terminant par la consonne « t ») était masculin. La nouvelle analyse : En appliquant strictement son modèle, si le masculin refuse la consonne finale stricte à l’oral, alors A-ta (terminaison vocalique) qualifie bien le masculin. À l’inverse, At (consonne finale phonétique « t ») correspond parfaitement au marqueur du féminin qui active la consonne. 3. Le paradoxe de Gadol / Guedola C’est ici que l’hébreu moderne pose un problème à la théorie de Halbronn, ce qu’il nomme une « carence morpho-phonologique » : Gadol (גדול – Masculin) : Se termine par la consonne « L » (prononcée). Guedola (גדולה – Féminin) : Se termine par la voyelle « A » (le « L » passe au milieu du mot). Ce schéma inversé (Masculin = Consonne finale / Féminin = Voyelle finale) contredit le modèle français de l’auteur. Pour maintenir sa théorie, Halbronn suggère en fin de texte que pour le masculin, « la nécessité de terminer par une voyelle peut produire des effets inverses ». Cela implique que dans l’histoire de la langue ou dans une structure idéale, la consonne finale du masculin (gadol) devrait être élidée, ou que la voyelle du féminin sert à déplacer le blocage consonantique. En résumé Jacques Halbronn tente de démontrer que l’hébreu moderne a perdu ou inversé des structures morpho-phonologiques universelles (visibles en français) où le genre est dicté par l’alternance cyclique entre le silence et l’activation des consonnes finales.

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