lundi 2 novembre 2026
jacques halbronn Remarques sur son Essai de description du système du français (1989) troisième et dernière session
jacques halbronn Remarques sur son Essai de description du système du français (1989) troisième et dernière session
P. 211 sur le "décoticage maladroir d'une langue par l'emprunteur (..) Le paradoxe de l'erreur tient au fait qu'il y a production d'un "fait nouveau, " aberrant mais que celui-ci est "dérivé" d'un autre fait, le probléme étant que s'il y a déformation comment pourrait-on assurer qu'il y a relation avec le fait de départ ou pis comment reconstituer le dit fait si celui-ci n'est plus attesté qu'à travers le fait aberrant? (..) Toujours est-il que le privilége d'une mauvaise imitation, c'est de pouvoir se présenter pour l'original dans la mesure où elle est suffisante pour prétendre ne pas dépendre de lui voire pour justifier les similitudes par une antériorité.
p; 214 Le non respect de toutes les ramifications du monéme est inévitable car nous devrions autrement envisager d'imposer la totalité de l'environnement en question. (..)Une telle importation (..) est tout à fait susceptible , à plus ou moins brève échéance, de perturber le systéme de la langue d'accueil"
p. 215 La série des verbes en -ate (..) Notre hypothèse est la suivante: le substantif a été connu avant le verbe et le verbe anglais a été dérivé du substantif français (..) un processus de segmentation qui ne tenait pas compte de la spécificité de cette famille de substantifs
p 216 La série des verbes en ish : vernish, establish, polish etc Ces verbes correspondent au français vernir, établir (..) Ces verbes se caractérisent par un participe présent en "issant"
p. 217Une autre anomalie apparait ,en quelque sorte, en sens inverse (..) Que dire de la série anglaise human, real, difficult? Si on la confronte à humain, réel et difficile, l'on sera tenté dans un premier temps soit de faire référence au latin, soit à une adaptation propre à l'anglais (..) En fait on trouve en français : human-ité, réal-ité, difficul-té.
p218 Les suffixes en -RY (..) Le suffixe ORY correspond au suffixe français OIRE,le suffixe ARY à AIRE. (...) le français transforme OIRE en ORY: gloire/glorifier, La forme ORY n'est donc pas une invention anglaise
p. 276 Le "e" à la française;
JHB La lettre "e" ne peut être assimilée à une voyelle en français, c'est une marque diacritique qui détermine la prononciation d'autres lettres. Telle est la vraie fonction du "shewa", du " e muet" Les langues latines ne respectent pas cette fonction du "e", ce qui pose le probléme majeur du mode d'emploi de l'alphabet latin, dispositif largement répandu et adopté même par des langues non latines comme le turc, le polonais. Seul le français semble avoir su respecter jusqu'à nos jours la bonne régle du jeu. Là encore, les décalages sont liés à une mauvaise appréhension de la logique interne, de la symétrie d'un tel systéme, d'où le "o" et le "a" pour marquer le genre, par méconnaissance, notamment, dans les langues latines, de la dialectique consonnes/ voyelles au coeur de cet alphabet, dialectique bien connue pour les langues sémitiques lesquelles n'écrivent pas les voyelles, ce qui ne signifie pas qu'elles aient eu une bonne pratique de la dite dialectique laquelle veut que le masculin se termine par une voyelle et le féminin par une consonne, en rappelant que le "e" n'est pas une voyelle. C'est ainsi qu'en français l'on opposera "lui" et "elle", elle se terminant par une consonne dès lors que l'on fait abstraction du "e".
JHB En fait, le shewa fait pendant au ségol qui correspond au "é". Le shewa et le e servent à évacuer les voyelles placées en tête - l'apostrophe confirme ce processus - alors que le segol et le é servent à évacuer les consonnes placées an queue, d'où le rôle de l'accent.
p; 304 La diphtongaison.
JHB Le français est une langue qui respecte la fonction de la diphtongue quand une voyelle est suivie de la consonne "n" ou "m" (envoyer, empécher), en position préfixale ( négation: possible/impossible) ou suffixale : parlement, vraiment etc. L'hébreu moderne, bien que disposant, comme marqueur de nombre, des finales en "im" pour le masculin pluriel et en "oth" pour le féminin pluriel ne diphtongue pas ou plus la prononciation diphtonguée du pluriel en "im" que l'on trouve dans le chapitre Ier, au premier verset, du Livre de la Genése. Elohim, Shamayim mais aussi Adam qu'il faudrait rendre comme le français "im", "in" "en/an etc. Il y a là un flagrant délit d'un mode d'emploi défectueux de l'écrit à l'oral, que l'on n'hésitera pas à qualifier d'erreur de décodage non pas de telle ou telle langue mais bien de la technique./technologie du systéme alphabétique.
.p; 306 La langue et son mode d'emploi "Quel rapport les locuteurs d'une langue entretiennent ils avec elle? Question absurde en apparence dans la meure où l'on a tendance à considérer une langue comme la chose des locuteurs ( tendance DEMOS) qui y recourent. N'est-il pas absurde, au demaurant, que de laisser entendre qu'une langue pourrait être mal employée? Or, pour nous, la question se pose bel et bien. Une langue nous apparait comme un "jeu" qui se joue selon certaines régles" La dégradation du systéme:
p. 308 Les obstacle à l' application du systéme.
JHB nous avons montré que le bon usage du "e" ne concernait pas seulement les finales mais aussi le début des phrases, comme la prononciation des préfixes tels que le pronom personnel ou l'article. La loi que nous établissons actuellement est la suivante: les consonnes doivent l'emporter sur les voyelles en début de séquence (principe féminin) et les voyelles s'imposer par rapport aux consonnes en fin de séquence(principe masculin). En ce sens, les finales consonantiques sont féminines et les finales vocaliques sont masculines. En hébreu moderne, le pronom personnel "at" (toi) s'applique à une femme et 'ata" à un homme, ce qui est conforme à notre mode d'emploi lié au jeu des consonnes et des voyelles en tant que marqueurs. Mais l'on tombe sur des cas inverses - qui sont autant de contre-sens- avec qatan (petit) non diphtongué et avec une finale consonantique.) En ce qui concerne le nom de Dieu, avec le tétragramme" (Yod hé vav hé), la finale "yahou" est utilisée à juste titre (Isaïe, Yeshayahou, Elie, Aliahou; Jérémie, Yerémiahou) On notera que la lettre "Vav" peut se présenter aussi bien comme consonne que comme voyelle en hébreu tout comme en français le V peut être lu comme un U comme REPVBLIQVE. Le tétragramme est en fait un trigramme se terminant par un Vav -voyelle, d'où le YAHOU que l'on retrouve dans Natanyahou, le premier ministe israélien sortant. La forme "qetana" n'a pas de raison d'être car l'on a le couple qatan avec diphtongue pour le masculin et qatan sans diphtongue pour le féminin tout comme en français le couple bon/bonne.. L'ajout du "a" pour marquer le féminin est syncrétique et use d'un autre mode de marqueur que l'hébreu aura adopté par erreur d'autant que la finale voyelle est réservé au masculin et non au féminin lequel se sert des consonnes; L'influence du français sur les langues latines est liée à sa centralité: le français impacte l'italien au niveau oral d'où l'absence du marqueur de nombre (lettre S) et l'espagnol au niveau écrit (d'où le mantien systématique du marqueur de nombre en espagnol comme en anglais)
Bibliographie Jacques halbronn " créativité de l'erreur" in collectif Eloges de la souffrance, de l'erreur et du péché par Anne Rose, Jacques halbronn, Alain Kieser Ed Lierre et coudrier) 1990
JHB 01 11 26
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Ces extraits de l'Essai de description du système du français (1989) de Jacques Halbronn résument sa vision
Principaux points soulevés par l'auteur :
Le paradoxe de l'emprunt déformé (p. 211) : Une mauvaise imitation ou une déformation d'un mot étranger finit par produire un fait linguistique "autonome", au point de pouvoir se faire passer pour l'original ou d'inverser la chronologie perçue entre les deux langues.
La mauvaise segmentation (p. 214-216) : En important des formes sans saisir l'intégralité de leur réseau morphologique (les ramifications du monème), l'emprunteur coupe le mot au mauvais endroit. C'est le cas qu'il applique :
Aux verbes en -ate (dérivés à tort d'un substantif).
Aux verbes en -ish (vernish, establish, polish) reliés aux formes françaises en -issant (vernir, établir, polir).
L'illusion de la dérivation inverse (p. 217) : Des mots anglais comme human, real ou difficult ne proviennent pas directement de humain, réel, difficile, mais ont été induits ou découpés à partir de formes dérivées françaises comportant un suffixe (human-ité, réal-ité, difficul-té).
La perturbation systémique (p. 214) : Ces intrusions mal digérées finissent, à terme, par désorganiser ou contaminer la structure interne de la langue d'accueil.
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L'extrait proposé est un passage de réflexions de Jacques Halbronn, issu de son ouvrage Essai de description du système du français (1989), daté ici du 1er novembre 2026.
L'auteur y développe une vision structuraliste, souvent iconoclaste et personnelle du langage, qui repose sur plusieurs thèses fortes :
La critique des emprunts et de la mauvaise imitation : Halbronn analyse le passage d'un élément d'une langue à une autre (par exemple l'anglais empruntant au français ou inversement, comme les verbes en -ate ou en -ish, ou des adjectifs comme human, real, difficult ramenés aux suffixes en -ité du français). Il insiste sur le fait qu'une imitation déformée finit par se faire passer pour l'original ou par inverser la chronologie.
Le statut du « e » en français : Pour lui, le « e » (et le schwa) n'est pas une voyelle à proprement parler, mais une marque diacritique qui règle la prononciation des autres lettres. Il oppose cette rigueur supposée du français à la manière dont les autres langues latines ou l'alphabet latin ont, selon lui, « mal » appliqué cette logique.
La dialectique consonne / voyelle et la question du genre : Il formule l'idée que les finales consonantiques seraient de nature « féminine » et les finales vocaliques de nature « masculine », s'appuyant sur des comparaisons audacieuses avec d'autres systèmes (comme l'hébreu biblique et moderne : at / ata, les théophores en -yahou, le tétragramme, ou la lecture du \(V\) comme \(U\) dans REPVBLIQVE).
La langue comme un « jeu » régi par des règles (contre l'idée démocratique de l'usage) : Halbronn s'oppose à l'idée linguistique courante selon laquelle « la langue appartient à ceux qui la parlent » (le point de vue du demos). Il considère au contraire qu'une langue obéit à une architecture logique, à une symétrie interne et à un « mode d'emploi » dont les locuteurs peuvent s'écarter, générant ainsi des « contre-sens » ou une « dégradation du système ».
La « créativité de l'erreur » : L'erreur de décodage ou de manipulation du système alphabétique n'est pas seulement un raté ; elle produit des faits nouveaux aberrants qui finissent par structurer l'histoire des langue JHB 02 11 26
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