vendredi 6 août 2021
jeudi 5 août 2021
Jacques Halbronn : Gaffarel et Spinoza pionniers de la critique biblique
Gaffarel et Spinoza pionniers de la critique biblique.
par Jacques Halbronn
Est ce une coincidence si la traduction latine des Curiositez Inouyes (1629) de Gaffarel (qui décédera en 1681) paraît en 1678 à Hambourg et à Amsterdam
Curiositates Inauditae de Figuris Persarum talismanicis. Horoscopo Patriarchum et Characteribus Coelestibus Hambourg et Amsterdam (BNF) au lendemain de la parution de l’édition posthume des œuvres de Spinoza (mort en cette même année 1677) dont le Tractatus Theologico Politicus, considéré comme une œuvre pionnière de la critique biblique ?
On comparera des extraits des tables des matières des deux ouvrages en prenant pour base la traduction française du Tractatus (Bib. Arsenal) parue sous le titre « La Clef du Sanctuaire » en 1678 à Leyde (Hollande- habituée à publier en français on pense à Nostradamus dont les quatrains paraissent chez le même éditeur que pour Gaffarel en latin :.Les Vrayes Centuries et Prophéties de maistre Michel Nostradamus, Amsterdam, Jean Jansson [...], 1668, soit dix ans plus tôt.
Spinoza Clef du Sanctuaire table des chapitres
I de la prophétie II Des prophétes IIIde la vocation des Hébreux & si le don de prophétie ne se trouvait que parmi eux IV De la loy divine Les raisons pourquoy les ceremonies ont été instituées & de la foy des histoires à scavoir en quel sens & à qui elles sont nécessaires
VI des miracles VII de l’interprétation des Escritures
VIII Que les cinq premiers livres de la Genése n’ont pas esté escrits par Moyses ni ceux de Josué, des Juges, de Rois de Samuel par ceux dont ils portent le nom
X examen du Vieux Testament
XII Du véritable original de la loy divine
XX Que dans une République libre il doit estre permis d’avoir telle opinion que l’on veurt et mesme de la dire
Gaffarel Curiositez Inouyes 1631
Partie ch I Qu’on a faussement imposé plusieurs choses auc Hébreux & au reste des Orientaux qui ne furent jamais
Sommaire :
1 Arguments contre les Orientaux , sur quoy fondez
2 Juifs faussement accusez par Apion, Plutarque, Strabon, etc d’avoir adoré des asnes, des ceps de vigne & des nuées
3 Naissance de ces resveries. D’où tirée
4 Faux, que les Syriens adoraient les poissons. Xénophon, Cicéron etc réfutez
5 Dagon mais en forme de Triton Fable descouverte
6 Samaritains nullement idolastres non plus que Aaron & Jéroboam pour avoir dressé des veaux d’or
7 Chérubins non en forme de jeunes hommes contre tous les Autheurs grecs & Latin et la plupart des Hébreux
8 Arguments pour l’innocence des Samaritains
9 Raisons des Hébreux & de Caietan touchant la figure des chérubins nulles
10 Faux, que les Hébreux brulassent leurs enfants à l’idole de Moloch & d’où est venue la coutume de sauter par dessus les feux de la Saint Jean
seconde partie
Ch III
qu’à tort, on a blasmé les Persans & les curiositez de leur magie, sculpture & astrologie
1 Mauvaise coutume de blasmer les Anciens
Raisons qu’on apporte contre les Persans& leur magie examinées & trouvées nulles. Erreurs ensuite du Pseudo Bérose etc touchant Zoroastre
5 Erreurs (…) touchant Séraphins . Contes grotesques de Philon
sur ce sujet
7 Choses merveilleuses & admirables qui ont prédit les malheurs qu’on a vu naistre
Ch IV Qu’à faute d’entendre Aristote on a condamné la puissance des figures & conclu beaucoup de choses & contre ce Philosophe & contre toute bonne philosophie.
1 Erreur que l’ignorance des langues a causé dans les lettres
2 non pas
3 !faux qu’il faille dire
4 faux, mal entendue
5 Sotte interprétation
6 Erreur que l’on commet es mots
7 Faux qu’on tire d’Aristote que le feu soit humide, contre Du Villon
9 Fausse interprétation
Ch VI
1 Vanité intolérable de quelques demy savants
7 Faux que le veau d’or & le serpent d’airain fussent des talismans
Ch VII Que les objections qu’on fait contre les figures talismaniques n’ostent rien de leur puissance
sur les objections
6 quatriesme objection réfutée
7 cinquiesme objection nulle
8 Faux que l’opération des talismans vienne des secrétes vertus de la pierre
9 Faux que la vertu des astres ne descende aussi bien sur le scorpion vivant que sur son image
15 Objections contre les Figures par cy devant incognues & leur response.
Troisiesme Partie
Ch VIII Qu il est faux que l’Astrologie des Anciens ait donné commencement à l’Idolatrie. Sommaire
3 mescompte de Pline à ce sujet
4 astrologie comment bonne ou mauvaise
8 Raisons qui prouvent l’innocence de cette curieuse antiquité
Quatriesme Partie Des estoilles et de tout ce qui est en l’air
8 contre les rabbins
L’on perçoit aisément des convergences de ton entre les deux auteurs. On signalera que Gaffarel recourt fréquemment à l’hébreu dans son texte et que Spinoza est Juif. On y trouve en fait un mélange de critique et d’apologétique car pour désarmer certains arguments il convenait d’en faire la critique
JHB
05 08 21.
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mardi 3 août 2021
dimanche 1 août 2021
jacques halbronn La question du colonisé et autres thèmes compliqués
La question du colonisé, entre deux chaises
par Jacques Halbronn
La Colonisation qu'elle soit subie ou désirée, à l'instar de l'emprunt génére des situations hybrides difficiles à gérer sociologiquement, politiquement, psychologiquement., linguistiquement. Nous aborderons le probléme dans la Bible comme au prisme de l'histoire contemporaine. Rien de nouveau sous le Soleil et il est bon de traiter de sujets récurrents et non de partir de particularités propres à une époque donnée, comme les guerres mondiales ou les pandémies.
La colonisation est donc un facteur de confusion et l'on pense à l'image de la chauve souris dans les fables de La Fontaine. Je suis oiseau, voyez mes ailes etc.
Nous avons accordé beaucoup de temps dans nos recherches à l'emprunt linguistique et notamment à l'empreinte du français sur l'anglais. Mais plus récemment nous avons voulu traiter de la situation dans l'Histoire de la « Palestine », depuis le temps de Salomon jusqu'à celui de Jésus et notamment autour du mot « Israel » qui figure dans le « credo » juif avec le 'Ecoute (shema) Israel » Rappelons cette formule des Evangiles : Je suis venu pour les brebis perdues de la maison d'Israel, ce qui renvoie expressément, dans les Livres des Prophétes aux population du Royaume du Nord appelé Royaume d'Israel.
Selon nous, ces populations auront été colonisées par les fondateurs de la Maison de Juda siége de la royauté de David et Salomon.Et à la mort de Salomon, les dites populations demandèrent un changement du « contrat » de vassalisation. Mais ce que l'on appelle la Bible est essentiellement marqué par Israel, tant pour l'Ancien que pour le Nouveau Testament et c'est ce que les « Juifs » d'aujourd'hui ne comprennent pas, ce qui est source de bien des malentendus.
Le cas de l'Algérie illustre bien une telle problématique d'une colonisation qui crée une configuration particulière, réductible ni à l'étranger ni au colonisateur tout comme la langue anglaise n'est ni du français ni une langue « étrangère » stricto sensu. De même l'Algérien avant l'indépendance et même après, à plus d'un titre, et par delà les critères purement juridiques, linguistiques et géographique, ne serait ni vraiment français ni vraiment étranger. Dans l'Epitre aux Hébreux, dans le Nouveau Testament, qui reprend un passage du Livre de Jérémie (ch. XXXI) autour de la question de l'Alliance ancienne et nouvelle, l'on perçoit bien cette situation « invivable » de citoyens de seconde zone qui entretient du ressentiment de par un mélange de proximité et de différence. On est dans le « presque », dans le pas tout à fait, pas pleinement. Jésus, on l'a vu, s'était attaché au sort des descendants du Royaume d'Israel, détruit au VIIIe siècle et s'étant en partie repliés vers le Royaume du Sud.
Abordons un autre point d'ordre théologique à propos de la « divinité « de Jésus. De quel type de dieu reléve Jésus ? Selon nous, il est le fils des créateurs de notre Terre et de notre Ciel (cf Genése I) et non du Dieu premier de l'Univers. Il se situe donc en troisiéme position, ce qui correspond au statur de Jupitérien,selon notre anthropocosmologie. Le Jupitérien est celui qui a vocation à générer du nouveau et donc à produire de l'ancien. Cette dialectique ancien -nouveau qui se retrouve avec l'Ancien et le Nouveau Testaments, l' Ancienne et la Nouvelle Alliances, est au cœur de la démarche « jupitérienne ».
Abordons, pour terminer, un dernier point qui concerne la dialectique de l'individuel et du collectif : c'est le probléme de la poule et de l'oeuf . Est ce le collectif qui impacte l'individuel ou bien l'inverse ? Actuellement, la question se pose avec une intensité particulière dans le rapport Israel/synagogue d'une part et Diaspora et judéité de l'autre. Nous pensons que la première exprérience est individuelle (Connais-toi toi même), à tous les niveaux et qu'elle ne revêt une dimension collective que dans un second temps. Mais par un biais cognitif, le stade individuel apparaît comme telescopé par le stade collectif et par voie de conséquence, cela conduit à un certain désaroi, flottement existentiel qui se manifeste autour de la théorie du genre laquelle tend à minimiser le stade premier de la découverte de ses propres potentialités.
JHB
01 08 21
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