dimanche 17 mai 2026
Jacques halbronn Linguistique L'imitation du français par d'autres langues en raison de ses innovations. La révolution de l'alphabet
jacques halbronn Linguistique L'imitation du français par d'autres langues en raison de ses innovations. La révolution de l'alphabet
En quoi ont donc consisté les nouveautés apportées par la langue française? On pense évidemment au premier chef à la diphtongaison qui impacte l'oralité mais qui laisse son empreinte sur l'écrit avec la présence de la lettre "n" à la suite d'une voyelle, ce qui en modifie la sonorité; Notons aussi le traitement des voyelles quand elles sont connectées entre elles comme pour "au", "ai", "eu". Toutes ces mesures changent considérablement la portée de l'alphabet latin basique et cela vaut aussi pour les combinatoires de consonnes, pratiquées à l'oral, en français et qui à l'écrit sont éventuellement signifiées par une apostrophe Quant à l'accent sur le "e". il indique l'évacuation d'une consonne mais le plus souvent, il n'est pas nécessaire comme pour "pied". Autant dire que les régles posées par l'alphabet traditionnel sont largement rendues obsolétes par cette "révolution française"
Comment donc, les autres langues soumises à l'alphabet traditionnel ont-elles vécu cette "révolution"? Ce n'est pas à l'écrit que cette révolution est la plus manifeste car c'est avant tout l'oral qui est généralement affecté, comme dans le cas de la diphtongaison nasale dont le français aura fait un usage considérable, notamment en ce qui concerne les affixes. On pense d'une part à la forme négative du préfixe "in" ou "im", qui use effectivement de la diphtongaison: impossible, invraisemblable etc (passé en allemand avec le "un" (unmöglich). Un tel marqueur dispense d'utiliser des formules lourdes de négation, Pour ce qui concerne les suffixes, nous avons notamment la forme "ment" qui constitue une famille d'adverbes. L'anglais a remplacé le "ment" par un "ly" mais l'a conservé pour Parliament, Government, elément etc sans respecter l'emploi de la diphtongaison, ce qui génére ce que nous appelons un "barbarisme oral".
. Quant aux langues latines, elles ont à l'écrit ajouté un "e" (prononcé "é") et ont fait l'impasse sur la diphtongaison sous jacent:
chiaramente (italien) et claramente (espagnol). Quant à l'allemand, il utilise le mot français "en guise"
de qui devient "Weise". On retrouve d'ailleurs en anglais "otherwise" pour rendre le français autrement.
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→ voir Weise au sens de « façon, manière ».
Suffixe
-weise \ˌvaɪ̯zə\
Suffixe servant à créer, à partir de noms ou de verbes (adjectifs → voir -erweise), des adverbes exprimant la manière indiquée par le mot le précédant : en, par, à titre de.
Le passage de "guise" à wise ou Weise s'explique par la prononciation du u . Rappelons que le w en anglais se nomme "double u" On trouve des cas semblables en anglais pour war à la place de guerre. Walter pour Gauthier, William pour Guillaume. On est donc là en face d'un calque.
En espagnol, on notera la fortune du français "bien" '(à l'origine un préfixe comme dans bienvenue.Bienvenido (espagnol)
Benvenuto (italien) et en italien bene. Or la forme "bien" est devenue très courante dans la conversation espagnole orale mais sans réalisation de la diphtongaison d'origine véhiculée à l'écrit en espagnol, d'où un barbarisme oral.je vais bien Estoy bien
sur le web
'En réponse à « ¿Cómo estás? », vous pouvez dire « Estoy bien, gracias » (Je vais bien, merci). On a là un exemple d'un mimétisme remarquable qui caractérise les diverses langues aux frontières de l'hexagone, L'italien quant à lui dira "va bene", benissimo.
L'anglais a adopté la prononciation du "au" et du ".ai" à la française, y compris pour des mots non empruntés au français : on trouve pay (de payer) mais aussi say, day, lay sans parler du "ou" que l'on retrouve prononcé à la française à commencer par le pronom personnel "you" ou "could', "would. On sait aussi que l'anglais diphtongue le "can't", le "don't..pour des mots gérmaniques. On est donc ici dans le morphologique.
On se demandera, en conclusion, si l'on n'est pas en présence d'un processus de fabrication sur mesure de la langue/ La myriade de diphtongues du français n'est pas le fait du hasard, d'une évolution sauvage mais reléve, selon nous, d'un dessein intelligent. Les participes présents font notamment un usage systématique de la diphtongaison, au sens où nous l'entendons ici;(finales, ant, ce qui là encore n'est pas respecté par l'emprunteur. Quant à l'allemand, on se demandera si les formes "mein dein, sein" ne sont pas prises du français mon, ton, son tout comme le nein et si l'italien "niente" 'n'est pas dérivé du français "rien".
Passons au second volet, celui de la mise en place de préfixes comme pendant aux suffixes. Les préfixes ont vocation de générer un bloc "consonantique" alors que les suffixes auront pour tache de produire, d'amplifier une sonorité "vocalique", ce qui fera intervenir le "shewa" (terme emprunté à la grammaire hébraique) et qui correspond au "e muet". Le français aura donc créé des préfixes, et nous en avons compté près d'une dizaine comme le pronom, l'article,la préposition qui ont vocation à se placer devant et non derrière : le, je, re, de, se, me, que, ne, te, ce soit des possessifs, des démonstratifs, des négatifs, des réflexifs etc. En fait, il s'agit de consonnes devant se coller au nom qu'elles précédent, du fait de l'occultation du "e" Mais comme pour les diphtongues, un tel dispositif ne saurait etre le fruit du hasard et cela exige toute une organisation/ planification en amont dont les autres langues ne disposent pas et qu'il leur faut inventer pour se conformer à leur modéle, le français. Un cas intéressant est celui de l'article défini en anglais. On peut penser que le "le" français a donné naissance au "the" anglais - à moins que cela ne soit le "ce" -ce qui correspondrait mieux au "th" - et en tout état de cause, le son "e" en tant que marque préfixale est semblable dans les deux langues. On retrouve le "th", en anglais dans le démonstratif "this" correspondant au français "ceci". Mais l'anglais n'est pas en mesure d'occulter le "e" , de dire th'glass pour l'verre, donc de recourir au shewa pour connecter deux consonnes entre elles. Cela dit, le pronom personnel "I" en anglais suit le modéle français du "je" réduit à un "j", sachant que le i et le j ne font qu'un. Ce I anglais (prononcé "« aïe ») serait donc dérivé du français tout comme le "the".(cf supra). Il convient de préciser que l'agencement que nous avons décrit visant à renforcer les consonnes au niveau préfixal et les voyelles au niveau suffixal fait partie intégrante du plan architectural évoqué et correspond à une certaine esthétique qui n'est pas nécessairement appréhendée par l'emprunteur/imitateur.
JHB 17 05 26
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