jeudi 28 mai 2026
jacques halbronn Tétralogie I Linguistique. Francologi
jacques halbronn Tétralogie I Linguistique. Francologie.
La thèse que nous soutenons vise à montrer que la langue française est l'héritière d'un processus de reformatage de langues terrestres primitives ayant abouti à une certaine cristallisation alphabétique qu'il s'agissait de dépasser en lui superposant une tradition orale articulée sur une dialectique consonnes-voyelles, sous-tendue notamment par un double usage de la lettre "e", laquelle permettrait de constituer tantôt des ensembles dominés par les consonnes en position d'ouverture, tantôt des ensembles dominés par les voyelles, en position de fermeture. Nous avons donc affaire à des marqueurs consonantiques ayant pour pendant des marqueurs "vocaliques";
I Le e et les consonnes. l'apostrophe
Le français oral tend à relier les consonnes entre elles en faisant disparaitre les voyelles. L'on connait le rôle des apostrophes à l'écrit mais le processus s'impose à l'oral sans le support de l'écrit. La phrase "je veux que tu te taises" doit se prononcer en français oral: "j'veux qu'tut 't-aises". Pour ce faire, la langue doit disposer d'un fort usage de formes comportant à l'écrit la lettre"e" comme le,(article défini singulier masculin) te, que, ne, se etc faisant usage du shewa (e muet en hébreu)
II le et les voyelles. l'accent
Le français oral peut jouer un rôle inverse en neutralisant les consonnes. Cela conduit, notamment, à ne pas "oraliser" la lettre "r" de l'infinitif comme manger, parler, ce qui n'est pas respecter en italien ou en espagnol. Le participe passé qui se terminait autrefois en "ed" (comme en témoigne l'emprunt anglais) est remplacé par un é, accomplissant une fonction de fermeture. Le marqueur de pluriel en "s" n'est pas prononcé en français à la différence l'anglais ou de l'espagnol, même s'il subsiste à l'écrit. Notons l'article défini au pluriel "les" où le s ne s'entend pas.(idem pour des)mais s'écrit.
III Les lettres non oralisées : le N et le L
On ajoutera l'usage de la diphtongaison consistant à ne pas prononcer la lettre "n" quand elle suit une voyelle, ce qui renforcera le pôle vocalique. On trouve cette forme à la première et à la troisiéme personne du pluriel en français: nous mangeons, ils feront (futur formé à partir de l'auxiliaire avoir, ils ont) ou encore "bien", "rien". En ce qui concerne l'usage vocalique pour marquer le pluriel, on a cheval et chevaux, le L laissant la place au U.
Nous avons hésité à propos de l'avant et de l'après; Etait ce le français qui avait été déformé ou bien était-ce le français qui avait reformaté un état antérieur. Nous avons finalement opté pour l'intervention tardive du français, tout comme nous l'avons fait pour les trois autres corpus de notre tétralogie, l'approche comparative faisant pencher la balance dans un sens plutôt que dans un autre.
Le cas de l'anglais est intéressant du fait de ses emprunts au français comme la marque du "ed" pour marquer le participe passé et le prétérit, l'anglais prononçant cette finale ed qui a disparu en français et qui en outre n'était pas censée se prononcer. L'anglais a à sa façon reformaté le français en produisant par imitation des barbarismes, tant au niveau écrit qu'oral.
JHB 28 05 26
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