lundi 1 juin 2026
jacques halbronn Linguistique Les fausses pistes de l'emprunt anglais au français. Les barbarismes de dérivation, de substitution
jacques halbronn Linguistique Les fausses pistes de l'emprunt anglais au français. Les barbarismes de dérivation, de substitution
En 1987 nous avions soumis à Louis Jean Calvet, auteur de Linguistique et Colobnialisme un mémoire intitulé Linguistique populaire; Epistémologie de l'erreur (cf plateforme SCRIBD) Il est important de dévoiler les sources des erreurs. Celui qui s'est donné pour but d'imiter une langue qui n'est pas la sienne risque fort de générer des barbarismes, tant d'ordre écrit que d'ordre oral, en se perdant dans les méandres d'une langue plus complexe qu'il ne l'avait supposé. Dans le cas du français, langue qui aura reformaté des langues primitives mais qui aura également été déformée à un stade ultérieure, nous avons affaire à un processus triangulaire que nous avons déjà appliqué dans différents domaines comme pour l'astrologie et pour le prophétisme. Nous donnerons ici plusieurs exemples de fausses pistes suivies par l'emprunt anglais.
Joy anglais pour joie français. Joy a été tiré de l'adjectif joyeux, tout comme employ pour le français emploi à partir du verbe français employer.
Indicate anglais pour indique(r) français a été tiré du substantif indication. Indicate est un barbarisme comme toute une série de verbes faibles anglais qui utilisent la finale "ed" pour marquer le participe passé mais aussi le pretérit Select vient du français sélection, reflect de réflexion, express d'expression, react de réaction, press de pression, predict de prédiction,
Establish vient du participe présent français établissant, avec le ing se substituant au ant comme punish,blemish, vernish etc
Nation anglais ne respectant pas à l'oral la diphtongue "on" a été tiré de l'adjectif français "national" qui n'applique pas celle-ci du fait de la liaison notamment.
Possible anglais respecte l'écrit mais ne correspond pas à l'oral car il a été tiré de possibilité, d'où la prononciation "possibel
War anglais (prononcer war) à partir du français guerre, ne sait pas que le u français après un g ne se prononce par comme un w. Idem pour William et Guillaume. Par ailleurs, la consonne initiale est évacuée en anglais.
Quiet anglais à partir du français (in)quiet, ne sait pas que le u français après un q ne se prononce pas. Cela donne en anglais kwayet. Idem pour quality, quantity. Cela vaut aussi pour l'anglais when dérivé du français quand. Il convient aussi d'examiner la prononciation anglaise des voyelles "a", "u" en la rapprochant des formes françaises en "ai" et "eu". Tout se passe comme si le a avait été capté par le locuteur anglais sous sa forme française "ai"(parfait) et le u sous sa forme française "eu" (peur). Quant à la lettre i, qui constitue à elle seule le pronom personnel singulier de l'anglais (nice), l'on est tenté de la rapprocher du français 'aille" qui allie le i et le a.
Encore importe-t-il de se demander si l'anglais ne refléte pas un état antérieur de la langue française. C'est ainsi que la finale "ed" du participe a bel et bien existé en ancien français et devait comporter une forme féminine en "ede" On devait avoir aimed et aimed. De même journée a dû être précédé de "journéde",ce qui se retrouve en espagnol avec "jornada". Le hic, c'est que la finale française en "ed" était muette pour le masculin ( d'où l'usage de l'accent en remplacement, l'écrit s'alignant sur l'oral) mais non pour le féminin. Or l'anglais s'est largement aligné sur le français au féminin d'autant que l'adverbe français utilise l'adjectif au féminin: active, activement, actively, la finale ly de l'anglais est un substitut au suffixe "ment" du français.
Par ailleurs, le fait que l'anglais ne diphtongue que très rarement tiendrait, selon nous, à son recours général aux formes longues du français lesquelles ne diphtonguent pas, du moins en principe comme pour l'article indéfini: un et une, ce qui donné en anglais a et an (devant une voyelle) Selon nous, on a bien élément, qui doit se diphtonguer mais élémentaire où le suffixe fait sauter la diphtongue et c'est cette seconde forme qui aura impacté l'emprunt anglais. Autrement dit, autrefois, on ne diphtonguait pas en français l'adjectif élémentaire., à la différence d'Elément. Idem pour moment (diphtongué) et momentané.(non diphtongué) Inversement, la français oral diphtongue par erreur "grande" sur le modéle de 'grand" . On aura compris que la réforme du français exige la prise en compte de l'emprunt anglais au français même si l'anglais suit fréquemment de fausses pistes., c'est selon.
JHB 01 06 26
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