vendredi 26 décembre 2025
jacques halbronn Linguistique française Traitement oral des préfixes et des suffixes. Les liaisons.
jacques halbronn Linguistique française Traitement oral des préfixes et des suffixes. Les liaisons.
Il apparait qu’il convient de distinguer la prononciation de ces deux catégories additionnelles. La régle n’est pas la même dans les deux cas, ce que nous n’avions pas mis en évidence jusqu’à présent. Par préfixes et suffixes, nous entendrons notamment les marqueurs de genre et de nombre. Nous relierons les préfixes aux consonnes et les suffixes aux voyelles, ce qui signifie qu’en français,la sonorité des consonnes prévaudra sur celle des voyelles quant aux préfixes et que celle des voyelles prévaudra sur celle des consonnes quant aux suffixeS. L »usage de l’apostrophe concerne avant tout les préfixes et celui de l’accent (sur le e) concerne avant tout les suffixes.
C’est ainsi que l’infinitif en « er » sera rendu à l’oral comme un « é » (manger) et que le participe utilisera à l’écrit le « é » (mangé) alors que les prefixes auront recours à l’apostrophe, je te le dit, sera prononcé « j’t'l »dis, par exemple. On comprend ainsi que le français ne prononcera pas les consonnes finales notamment pour ce qui est des marqueurs de pluriel. Le « ts » d’ enfants( Marseillaise) ne s’entendra pas et le n » de ‘enfants « sera diphtongué.
En ce qui concerne l’usage anglais, dans le cas fréquent d’emprunts au français, cette régle ne sera guère respectée, notamment avec la prononciation du s final comme marqueur de nombre, à la diffèrence du français; Le mot « nation » en anglais perdra sa diphtongue « on », ce qui fera entendre le « n ». Si l’on prend le mot « point » emprunté au français, la diphtongue « in » ne sera pas maintenue et le « t » final , en tant que consonne, sera bei et bien prononcé. Inversement, dans le traitement des préfixes en anglais, l’article défini « the » gardera son « e » alors qu’à l’oral du français, on aura affaire à un shewa avec « le ». On illustrera notre propos autour de quelques exemples.
C’est ainsi que la prononciation de l’écrit français « possible » est en anglais phonétiquement « possibel ». Or, « possibel », à l’oral, fait ressortir un son consonantique « bel » alors qu’en français oral, « possible » se termine sur un son de type voyelle assez difficile à réaliser pour le non initié. Idem pour « noble », « able ». La forme « gentle » donne en anglais oral « gentel », avec une terminaison de type consonne. Le français oral réalise une terminaison » voyelle » avec prendre, entendre, comprendre, centre/ Dans ce dernier cas, l’anglais change centre en center, qui génére une fin -consonne à l’oral. Le français « tendre » devient « tender » en anglais, tant à l’écrit qu’à l’oral L’infinitif des verbes en « er » est rendu sur le mode voyelle avec occultation de la consonne finale « r », d’où le recours à l’accent au participe, à la place du « d » final initial qu’a conservé l’anglais: changé en français moderne et changed en anglais avec une fois de plus une finale -consonne. On a donc montré que l’anglais ne respêctait pas la réglé français des finales -voyelles pas plus d’ailleurs que des préfixes -consonnes/ Tout se passe comme si le français consonantisé ses préfixes à l’oral et vocalisé ses suffixes à l’oral. Si l’on associe les consonnes au masculin et les voyelles au féminin, l’on observe que le masculin correspond à l’avant du mot et le féminin à l’arrière du mot tout comme le passé correspond à l’avant du verbe (avec le préfixe dérivé de la conjugaison de l’auxiliaire avoir) et le futur à l’arrière du verbe(ce qui vient après). Les liaisons conduisent à utiliser la dernière consonne comme le début du mot suivant,ce qui justifie alors sa prononciation préfixale. Je veux un jouet = je veu zun jouet
On est là dans le domaine de l’anthropolinguistique.
JHB 26 12 25
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