mardi 24 février 2026
jacques halbronn Linguistique. Retour sur ses écrits des années 80, à l'intention de Louis- Jean Calvet (Paris V
jacques halbronn Linguistique. Retour sur ses écrits des années 80, à l'intention de Louis- Jean Calvet (Paris V)
Entre 1985 et 1989, nous avons soumis à Louis Jean Calvet, auteur à l'époque de Linguistique et Colonialisme, une série de mémoires, le premier s'intitulant Erreurs populaires et représentations linguistiques , le derniet ' Langue et Culture.Essai de description critique du systéme du français à la lumère des relations interlinguistiques. Il s'agissait au départ d'élaborer une "théorie générale de l'emprunt à la lumière des erreurs d'analyse du locuteur populaire", d'où la notion d'empruntéme. Pour nous, il importe d'envisager une pathologie des langues et le recours à l'emprunt en est à la fois la cause et la conséquence. Notre champ d'étude est celui de la francologie, soit tout ce qui touche au français, sous un angle ou sous un autre, y compris pour le franglais. On distinguera langues latines et latinisées.En 1981, nous avions consacré un mémoire de DEA (Université Lille III) qui posait le probléme des traductions du français vers l'anglais,du fait de la proximité atteinte entre les deux langues— — La fortune d'un manuel d'astrologie: Les Jugements Astronomiques sur les Nativités d'Auger Ferrier. p Ed Retz Mais dès 1977; nous avions abordé la question du passage entre roman et français moderne (cf Ed Retz) La question qui se pose est celle de la façon dont la langue emprunteuse accomode le mot étranger, orthographiquement, sémantiquement et phonologiquement. Dispose -t-elle d'un modéle qui lui est propre ou bien est-elle à la merci d'un processus d'imitation, toujours hypthéqué? Nous notions la tentation de l'anglophone à présenter l'emprunt au français comme un emprunt au latin Au niveau méthodologique, nous proposions un processsus de reconstitution d'états antérieurs, selon une approche archéologique/ Abordons à présent le dernier mémoire soumis à L. J. Calvet, en 1989. Nous dirons que notre approche correspond à l'idée d'intelligent design à savoir que les langues sont des constructions, des architecures, à la base et qu'il importe d'en restituer l'agencement premier. On pourrait parler d'un reformatage de matériaux antérieurs ou extérieurs., faisant appel à une quéte de symétrie parfois occultée et qu'il revient au linguiste de retrouver sur un plan matriciel, d'exhumer un projet global D'où la distinction que nous faisions entre le présystémique et le post systémique (p:119), c'est à dire la détérioration, la corruption au point d'être tenté de nier la cohérence initiale/ Dialectique entre la matière et la forme, la forme pouvant se dégrader en matière/ On retrouve l'opposition théologique entre créationisme et évolutionisme: Il apparait que la question de l'emprunt nous aura conduit vers le statut de l'étranger, ce que nous développerons ultérieurement en 1995 ( Le Milieu astrologique : ses structures et ses membres (mémoire de DESS en ethnométhodologie), Université Paris-VIII Saint-Denis, 1995. dir Yves Lecerf) En 1989; nous en arrivions à nous interroger sur la "langue idéale" (p; 176), ce qui correspondrait à une croissance interne (auto) plutôt qu'externe, (allo), ce qui renvoie à l'emprunt et à ses aléas/ L'emprunteur a rarement conscience du champ recouvert par le terme récupéré, ce qui le conduit à une vision simpliste des langues/Nous parlons de linguistique critique (p 193)/ En 1987, nous avions produit un mémoire intitulé Linguistique de l'erreur et Epistémologie populaire./ Il peut être intéressant de déceler les causes d'une "erreur" si l'on admet que l'emprunteur ambitionne de décrire correctement, normativement, la langue empruntée mais sans y parvenir (cf p.213), ce qui conduit à la production de barbarismes.
Avec le recul, nous constatons que nous n'avions pas accordé assez d'importance à la dialectiuqe de l'écrit et de l'oral, au regard de la question de l'erreur. Il est vrai que lorsqu'on se limite à l'écrit, on ne se donne pas les moyens de signaler les erreurs dans le décryptage des codes de prononciations. C'est ainsi que l'anglais reproduit souvent très exactement le mot français écrit sans parvenir à capter ce que cela advient à l'oral! Or, pour nous, la langue parlée obéit à des régles extrémement précises, ce que nous n'avions pas compris, il y a 40 a,s (p.249)cf nos travaux sur les diphtongues, la dialectique des consonnes et des voyelles, l'usage du shewa etc Il est clair que le signifiant correspond à l'écrit et le signifié à l'oral lequel va préciser et déterminer la virtualité, la polysémie du signifiant. Nous parlions de révolution copernicienne (p/ 266) à propos de l'alphabet ;" permettant à l'homme de ciseler sa langue" Nous parlions d'une morsphologie à la française (p. 271) plutôt que d'une morphologie du français, pour souligner la dimension matricielle du français en tant que modéle susceptible de reformater d'autres langues. Nous insistions en 1989 sur le rôle essentiel, diacritique, de la lettre "e" en français.(p. 279). Nous abordions déjà alors la question de la neutralisation des consonnes finales (p/ 288) et la question des "nasales" (nous préférons actuellement parler de diphtongaison) Nous mettions l'accent sur le fait que le locuteur fonctionnait en pratique sur deux registres, mais de façon schizophrénique (p. 308), celui de l'écrit et celui de l'oral, sans en prendre pleinement conscience. Ce locuteur tend à se référer à l'alphabet alors qu'à l'oral, diverses combinatoires enrichissent considérablement le spectre au point qu'il conviendrait de constituer un alphabet de l'oralité, notamment à des fins didactiques, l'apprentissage de la lecture est singulièrement appauvrissant, le locuteur ne parlant pas la même langue à l'oral et à la lecture scolaire de l'écrit..
Quant à l'emprunt, il tend à brouiller la perception des structures de la langue concernée, ce qui génére une erreur descriptive/(p. 314). Le rapport à l'écrit, en tant que garde-fou, permet une certaine liberté de l'oral,(p.323) Nous nous interrogions déjà sur la différence entre consonne et voyelle (p. 325). Plus loin, nous demandions si une réforme de l'oral était envisageable.(p;335). Nos recherches débouchaient sur une nouvelle approche de l'enseignement du français (FLE)( p;407)autour de la graphonologie. Notre mémoire s'achevait sur des "problématiques épistémologiques (pp. 437 et seq) et nous envisagions pour le prochain siècle une plus grande exigence quant à la qualité des langues, on pourrait parler d'une écologie linguistique. Une langue telle que l'anglais se verrait à terme disqualifiée en raison de son caractère hybride, la langue étant vouée à terme à être appréhendée comme un outil, une technique aussi performante que possible et ausi peu toxique que possible, le français devant devenir un nouvel espéranto sans en présenter les défauts. Il est clair que le français aura traumatisé l'anglais, selon un processus que l'on peut qualifier de colonial, au plein sens du terme.
JHB 24 02 26
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