lundi 27 avril 2026

.Jacques Halbronn Linguistique . Master Class, La liaison en français et la nécessaire vocalisation des finales. La question des affixe

.Jacques Halbronn Linguistique . Master Class, La liaison en français et la nécessaire vocalisation des finales. La question des affixes La pratique de la liaison, propre au français, est la marque d’une volonté de neutralisation des consonnes finales, soit en le rendant silencieuses comme pour l’infinitif de la première conjugaison (manger, parler etc), ce qui passe aussi par l’usage de l’accent (mangé, parlé etc) soit en recourant à l’usage de la liaison. cf le texte de Bernard Laks et Denis Le Peasant (Université Paris Ouest) sur la liaison: Extrait; 1. La liaison en français 1.1. Approches et définitions En règle générale, les mots français à consonne finale voient au cours du moyen âge cette consonne progressivement cesser d’être prononcée, sauf parfois devant voyelle. C’est le cas de : chat, repas, bout, coup, beaucoup, roux Prononciation ancienne : ʃat, ʀəpas, but, kup, bokup, ʀu(k)s Prononciation contemporaine : ʃa/, ʀ(ə)pa/, bu/, ku/, boku/, ʀu/ Toutefois, quelques persistances régionales sont observées. Seguy 1950: 22 écrit ainsi, à propos du français tel qu’il est parlé à Toulouse, que « dans le midi toutes les lettres se prononcent ». Il en veut pour preuve le fait que la consonne [k] des mots suivants se prononce encore à Toulouse au milieu du 20ème siècle en position finale : estomac, broc, escroc, joug, aspect, respect, marc, zinc Seguy 1950 parle à ce propos d’hypercorrection et l’explique par l’influence de l’usage graphique (l’orthographe) sur l’usage oral. Il est intéressant de relever, à propos de zinc, que l’usage « hypercorrect » a fini par triompher en français standard contemporain, où la consonne finale est dorénavant fixe » Toutefois, les auteurs n’inscrivent pas leur propos dans le cadre d’une théorie générale de la gestion des consonnes en début de mot avec neutralisation des voyelles, et des voyelles en fin de mot (avec neutralisation des consonnes). Il est vrai que si la pratique des liaisons est une notion bien connue et respectée, son corollaire ne l’est pas même s’il est suivi en pratique sans être formalisé si ce n’est par l’usage de l’apostrophe en position initiale, qui fait pendant à l’accent en position finale. Autrement dit, la question de la liaison n’est pas décrite correctement et sa raison d’être n’est pas assez explicitée consciemment au niveau scolaire puisque ce qui est en jeu, selon nous, c’est de ménager un équilibre entre consonnes en début de mot -son consonantique – et voyelles en fin de mot- son vocalique. Mais peut-on vraiment parler de « mots »? Il vaut mieux parler de séquences qui débordent- le cadre du mot par la prise en compte des mots qui se suivent et qui prolongent le mot radical, dans le cas des liaisons. Cependant, la symétrie entre ces deux groupes (clusters) voyelles et consonnes n’est rendu possible que par une certaine forme de préfixation, due au shewa qui fait pendant à l’accent en position finale, l’accent effaçant la consonne alors que le shewa (e muet) efface la voyelle. Le français dispose d’une dizaine de préfixes (ce qui englobe l’article défini masculin la négation, la possession, la relation etc) comportant un « e » final qui doit être neutralisée: ne, le, me, se, de, re, je, te, ce, que. Ces préfixes sont le pendant des liaisons. JHB 26 04 26

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